‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 134 sur 249 · Sur ses contrôles, on its books, lists · texte numérisé non relu

Sur ses contrôles, on its books, lists

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proposées, serait encore considéré comme bien partial pour son gendre. — Ah ! vous persistez, s'écria Napoléon avec colère, vous voulez toujours me dicter la loi ! eh bien, soit, la guerre ! mais au revoir, à Vienne...

A. Thiers.

Les négociations n'ayant bas abouti, les armées reprirent la campagne et, en 1813, Napoléon fut vaincu à Leipzig,1 après avoir lutté pendant trois jours avec 130,000 hommes contre 300,000.

Les alliés le suivirent, et la France fut envahie.

Dans cette campagne de France, le génie de Napoléon se montra admirable : il vainquit les alliés à Champaubert2 et à Montmirail: mais la lutte était trop inégale, et les ennemis entrèrent à Paris. Le Sénat prononça sa déchéance, et il abdiqua en faveur de son fils en avril 1814.

C'est à Fontainebleau où il s'était retiré que Napoléon fit ses adieux à ses troupes.

1. Leipzig, or Leipsick, is acityof about 171,000 inhabitants situated in Saxony. It is the seat of one of the most famous universities of Germany.

2. Champaubert et Montmirail are both of theni situated in the département de la Marne east of Paris.

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LES ADIEUX DE NAPOLÉON A FONTAINEBLEA Ul

Napoléon fit appeler Caulaincourt.2 Il fit quelques munificences à sa garde et aux officiers de sa maison qui lui étaient restés fidèles jusque-là. " Dans quelques " jours, leur dit-il, je serai enfin établi à l'île d'Elbe.3 " J'ai hâte d'y respirer plus d'air... J'étouffe ici!... " J'avais rêvé de grandes choses pour la France... Le " temps m'a manqué, les hommes aussi. La nation " française ne sait pas supporter les revers. Une seule * ' année de désastres lui a fait oublier quinze ans de " victoires. On m'abandonne, on me sépare de ma a femme et de mon fils ! L'histoire me vengera."

Puis il parla avec une apparente impartialité des Bourbons. " Entre les vieilles races et les peuples renou- " velés par la révolution, il y a des abîmes, dit-il. " L'avenir est chargé d'événements. Nous nous re- " verrons, mes amis !... Demain je ferai mes adieux à " mes soldats."

Ce lendemain se leva enfin. Les commissaires, respectueux jusque dans leur surveillance, avaient demandé à l'empereur d'arrêter l'heure du départ. Il avait fixé le milieu du jour.

1. Fontainebleau, which is situated about 20 miles south of Paris, is f amous for its splendid château which was built by Francis I. There is hère a school of military engineering.

2. Caulaincourt (duc de Vicence), a French gênerai and the représentative of Napoléon at the conférence of Châtillon, was born in 1772 and died in 1827.

3. L'île d'Elbe is a small island in the Mediterranean, situated east of Corsica.

Ce qui lui restait de cour, c'est à dire les généraux de sa garde, quelques officiers de sa maison et quelques familiers de son intérieur, se réunirent à dix heures dans le salon qui précédait son cabinet, avec les commissaires étrangers, petit et funèbre cortège inaperçu dans un palais jadis trop étroit pour ses pompes. Le général Bertrand,1 grand maréchal du palais, fier de sentir en lui une fidélité au-dessus de tous les exils, annonça l'empereur. Il sortit, le visage calme et composé. Il traversa la file de ses derniers amis, saluant et tendant à droite et à gauche sa main qu'il retirait mouillée de larmes. Pas un mot ne troubla le silence. 1/ impression était trop solennelle pour que des paroles tentassent de l'exprimer. Toute Péloquence de cet adieu, reconnaissance et douleur, était dans les attitudes. Celle de l'empereur était digne du lieu, du rang, de l'acte, naturelle, triste et refléchie. On voyait qu'il respectait son propre ostracisme, et qu'il repliait de ce palais2 quinze ans de gloire et de malheurs donnés à la France. C'était l'empire qui sortait. Il sortait avec la majesté d'un événement.

Il traversa à pas lents, suivi de ses surveillants et de ses amis, la longue galerie de François Ier. Il parut sur le palier du grand escalier. Il regarda un moment les troupes rangées en bataille dans la cour d'honneur et le peuple innombrable accouru des villes voisines pour assister à ce moment d'histoire et pour le redire à leurs enfants. I,es sentiments étaient divers dans cette

1. Bertrand, whose fidelity to Napoléon made him world known, was born in 1773. He accompanied his master in exilo bot h to the Island of Elba and Saint-Helena, and brought his remains back to Franco in 1840. He died in 1844.

2. Qu'il repliait de ce valait, that ho took back with him ïrom this palace.

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foule, où le règne avait plus d'accusateurs que d'amis. Mais la grandeur de la chute dans les uns, la pitié pour les revers dans les autres, la décence de la circonstance chez tous, imposaient un silence unanime. Les insultes eussent été une lâcheté, les cris de Vive l'empereur auraient paru une ironie. Les troupes elles-mêmes éprouvaient quelque chose de plus solennel et de plus religieux qu'une acclamation, l'honneur intime de leur fidélité jusqu'aux revers,1 et le coucher de leur gloire qui allait avec leur chef disparaître derrière les arbres de la forêt et derrière les vagues de la Méditerranée. Elles enviaient ceux de leurs compagnons à qui le choix ou le sort avait accordé la faveur de s'exiler dans son île avec leur empereur. Les têtes étaient baissées, les regards ternes; des larmes roulaient sur les joues hâlées par la guerre. Si les tambours avaient été voilés de crêpes de deuil, on eût dit les obsèques de l'armée à son général. Napoléon lui-même, après un premier coup d'œil martial et sévère sur ses bataillons et ses escadrons, eut un attendrissement rare dans le regard. Que de journées de guerre, de gloire et de puissance cette armée ne lui rappelait-elle pas ! Où étaient ceux qui l'avait composée pendant qu elle parcourait avec lui l'Europe, l'Afrique et l'Asie? Que restait-il de ces millions d'hommes dans ce noyau sous ses yeux? Et cependant ce reste était fidèle. Il allait s'en séparer pour toujours. L'armée c'était lui. Quand il ne la verrait plus sous ses yeux, que serait-il ? Il devait tout à l'épée, il perdait tout avec elle. Il hésita quelque temps avant de descendre. Il parut vouloir rentrer machinalement dans le palais

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