‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 136 sur 249 · Se reprit, rogainod control ovor himself · texte numérisé non relu

Se reprit, rogainod control ovor himself

DU XIXe SIECLE. 205

chaux, homme de trempe martiale, mais sensible, s'avança, au signe répété de Napoléon, entre les rangs de ses soldats et de son empereur. L'empereur l'embrassa longtemps. Les deux capitaines sanglotaient. Un sourd sanglot répondît de tous les rangs à ce spectacle. Des grenadiers s'essuyèrent les yeux du revers de leur main gauche. " Qu'on m'apporte les aigles ! " reprit l'empereur, qui voulait graver en lui et dans ce signe une mémoire de César. Des grenadiers s'avancèrent en portant devant lui les aigles des régiments. Il prit ces signes chers au soldat, les pressa contre sa poitrine, et les touchant des lèvres : " Cher aigle, dit-il " d'un accent à la fois mâle et brisé, que ce dernier " baiser retentisse dans le cœur de tous mes soldats.

M Adieu encore une fois, mes vieux compagnons, 11 adieu.' '

L armée entière fondit en pleurs, et rien ne répondit qu'un long et sourd gémissement des troupes.

Une voiture ouverte, où le général Bertrand attendait son maître et son ami, reçut l'empereur, qui s'y précipita en se couvrant les yeux de ses deux mains. Elle roula vers la première station de son exil .

Le premier empire était fini. Napoléon connaissait la puissance de l'imagination sur les hommes. Il savait le rôle que le cœur joue dans l'histoire. Il avait offert le sien et celui de ses troupes en spectacle à la France et au monde dans cette scène. Elle parut, même à ses ennemis, digne des plus grandes pages de la vie des peuples. Il avait fallu quinze ans de victoires et de revers pour la préparer, une armée et un héros pour la jouer, un monde pour la regarder, un exil pour l'attendrir. C'est la page pathétique de l'empereur. Il avait été souverain, jamais homme. En revenant à la

nature, il retrouva la grandeur. Son adieu à son armée lui rendit l'admiration, la pitié et le cœur du peuple.

A. de Lamartine.

Les souverains étrangers envoyèrent Napoléon à l'île d'Elbe et rétablirent les Bourbons sur le trône de France. Le fils de Louis XVI étant mort en prison pendant la Révolution, le trône fut offert au comte de Provence, frère de ce prince, qui régna sous le nom de Louis XVIII.

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