Quand même, even if
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tent coupés abandonnent leurs drapeaux pour chercher leur salut personnel dans la fuite. Personne ne commande, personne n'obéit. L,e major général lui-même, abandonné de l'armée, l'abandonne au hasard de sa fuite. I^a route de la Sambre allait être interceptée par Bliicher, tous le voyaient ; l'instinct du salut individuel, ce seul sens des armées qui, en perdant leur cohésion, semble avoir tout perdu, chassait tout le monde pêle-mêle vers ce fleuve.
Quelques corps de la garde impériale tentaient seuls, çà et là, une résistance courte et désespérée. Le canon des Prussiens brisait leurs derniers carrés dans la plaine ; la cavalerie de Wellington, fondant sur leurs pas des hauteurs,1 sabrait sous leurs yeux les bandes éparses. Des régiments entiers jetaient leurs armes et leurs havre-sacs ; les canonniers coupaient les traits de leurs chevaux et laissaient leurs pièces dans les ravins ; les soldats des équipages abandonnaient leurs voitures ou s'en servaient pour fuir, à travers champs, vers Charleroi. Un seul régiment de la vieille garde, le premier, commandé par le général Cambronne, un des commandants des grenadiers de la garde de l'empereur à l'île d'Elbe, couvrait encore cette fuite d'une intrépide arrière-garde contre la cavalerie anglaise. Ses feux de file tenaient à distance deux armées lassées de tenir2 après la victoire. Les Prussiens et les Anglais pressaient de trois côtés ces deux bataillons, admirant et plaignant leur inutile sacrifice. Ils suspendent le feu de leur artillerie légère et les charges de leurs escadrons sur ce bloc de héros. Ils envoient des parlemen-
1. Fondant sur leurs vas des hauteurs, rushing from the hills at their heels.