M prit ses mesures, and made arrangements
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commissaires de police arrivaient sur l'appel du préfet. Maupas leur apprit ce qu'on attendait d'eux. Ils avaient été triés avec soin à l'avance ; pas un ne refusa. Tandis que les commissaires se dispersaient dans Paris avec leurs hommes pour exécuter les arrestations prescrites, l'invasion du palais de l'Assemblée s'accomplissait.
L,e coup avait été confié au colonel Espinasse qui avec ses soldats força l'appartement du commandant militaire du palais, le lieutenant-colonel Niel ; on s'empara de son épée. — " Vous faites bien de mêla prendre, dit Niel à Espinasse ; je vous l'aurais passée au travers du corps ! "
Les autres commissaires arrêtaient à domicile, pendant ce temps, les généraux et officiers membres de l'Assemblée, Cavaignac, Changarnier, Lamoricière, Thiers, etc. : en tout, 16 représentants. Pas un de ceux chez lesquels se porta la police n'échappa.
Le préfet de police expédia à Louis-Napoléon une dépêche en ces termes : * ' Nous triomphons sur toute la ligne!"
Paris, à son réveil, vit affichés sur les murs un décret et trois proclamations. Par le décret, le président de la République déclarait l'Assemblée nationale dissoute et le suffrage universel rétabli. Il établissait l'état de siège dans Paris et dans toute la première division militaire.
Deux proclamations du président s'adressaient, l'une au peuple, l'autre à l'armée.
A côté des proclamations du président, une proclamation, du préfet de police annonçait que toute tentative de désordre serait promptement et inflexiblement réprimée.
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Les premières impressions de Paris furent confuses et complexes. Louis-Napoléon avait néanmoins obtenu un premier résultat: la masse ouvrière, en voyant dissoudre l'Assemblée qu'elle détestait et rétablir le suffrage universel ne s'irrita point.
Les ultra-conservateurs à part,1 la classe moyenne, plus attachée à la légalité et aux institutions parlementaires, comprit mieux le sens de ce qui se passait s'indigna ou railla : beaucoup crurent que l'entreprise avorterait comme à Strasbourg et à Boulogne. On cria sur les boulevards: "Vive la Constitution! Vive la République ?" et aussi : ' ( A bas Soulouque ! ' ' allusion à un chef de noirs qui s'était proclamé empereur et avait joué au Napoléon dans l'île d'Haïti.
Les journaux eussent pu modifier les dispositions populaires en commentant les proclamations; mais toutes leurs imprimeries étaient occupées militairement et aucun journal républicain ne trouva moyen de paraître.
Durant la matinée, divers groupes de représentants essayèrent de s'entendre pour résister. Des membres de la gauche se réunirent chez un des secrétaires de l'Assemblée, le docteur Yvan. Un certain nombre de membres de la droite et quelques républicains signèrent une déclaration rédigée par Odilon Barrot,2 qui prononçait la déchéance du président de la République. Un autre groupe, réuni chez M. Daru, un des vice-présidents de l'Assemblée, tenta d'entrer dans le palais législatif et fut violemment repoussé par la troupe, Plusieurs représentants furent blessés ou contusionnés.
1. Les ultra- conservateur s à part, with the exception of the most conservative people.
2. Odilon Barrot, a eelebrated lawyer, and a staunch supporter of the republican party, was born in 1791 and died in 1873.
Trente ou quarante députés de droite et de gauche parvinrent cependant à pénétrer dansje palais par une porte 4e côté : ils se hâtèrent de rédiger un décret de déchéance ; un détachement de gendarmerie mobile vint les arracher de leurs bancs et les traîner hors de la salle. Deux des représentants étaient allés chercher dans son appartement le président Dupin et ramenaient ou plutôt l'entraînaient sur le théâtre de cette triste scène. Il dit à la troupe quelques mots, faiblement accentués, sur le respect dû à la Constitution; puis il répondit à ses collègues qui lui reprochaient son manque d'énergie : — " Nous avons le droit, c'est évident; mais ces messieurs ont la force; il n'y a qu'à nous en aller ! ' '
Il s'en alla et ne reparut plus. Quelques représentants furent arrêtés sur la place de Bourgogne, tandis qu'ils essayaient de haranguer les soldats. Une dizaine d'autres furent pris chez M. Crémieux, qui demeurait dans le voisinage. Les membres de la réunion Daru se transportèrent à la mairie la plus proche, celle du Xe arrondissement. La plupart des représentants qui avaient signé le manifeste d'Odilon Barrot et beaucoup d'autres députés, dont un certain nombre de républicains, vinrent grossir ce noyau. Près de trois cents représentants se trouvèrent là rassemblés vers onze heures.
Les représentants tinrent séance dans la salle de la mairie, sous la présidence d'un des vice-présidents de l'Assemblée, M. Benoîst d'Azy. M. Berryer proposa et fit voter à l' unanimité un décret de déchéance contre le président de la République. Deux commissaires de police se présentèrent alors et sommèrent l'Assemblée de se disperser; puis entra un officier qui lut un ordre
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du général Magnan, prescrivant, d'après les instructions du ministre de la guerre, d'arrêter les représentants qui n'obéiraient pas à l'injonction de se séparer. Un autre officier annonça que ceux qui résisteraient seraient conduits "avec tous les égards possibles" à la prison de Mazas.
' ' Tous à Mazas ! " s'écrièrent les représentants.
Ils furent conduits provisoirement, entre deux haies de soldats, à la caserne du quai d'Orsay.
C'était la loi et le droit qu'on menait en prison. Il y eut, sur le passage de cet étrange cortège, des cris de : c ' Vive la Constitution ! Vive l'Assemblée ! Vive la République!" mais sans qu'on essayât de passer à l'action. Les représentants arrivèrent deux cent dixhuit au quai d'Orsay : une vingtaine de leurs collègues vinrent volontairement les y rejoindre. — "J'ai, dit l'un d'eux, M. Valette, deux titres à être arrêté aujourd'hui . je suis représentant du peuple et professeur de droit ! "* Malgré l'arrestation d'un si grand nombre de représentants, le coup d'Etat n'en avait pas fini avec l'Assemblée.2 L,a majeure partie de la gauche n'était point allée à la mairie du Xe arrondissement; elle n'avait rien attendu de la droite et> dès le premier moment, n'avait vu de chances que dans une prise d '-armes. Elle se rassembla sur divers points par groupes qui tâchèrent de se concerter. Un énergique appel au peuple fut rédigé par Victor Hugo, et, le soir, un comité de résistance fut formé; il fut décidé que, le lendemain matin, les représentants se transporteraient