‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 192 sur 249 · Professeur de droit, law professor · texte numérisé non relu

Professeur de droit, law professor

% N'en avait pas fini avec l'Assemblée, had not yet conquered the house of représentatives.

dans les quartiers les plus populeux et commenceraient les barricades.

Quelques barricades s'élevaient au faubourg Saint- Antoine ; d'autres au faubourg Poissonnière, à la Chapelle et ailleurs. La rive gauche s'agitait.

Morny mit en mouvement une trentaine de mille hommes partagés en cinq corps. Les petites bandes d'insurgés, accueillies sympathiquement, mais se grossissant peu, dans les quartiers du centre où elles s'étaient établies, ne comptaient pas plus d'une douzaine de cents hommes armés. L'opinion était de plus en plus contraire, dans toute cette région de Paris, à 1 entreprise du président, n'allait pas encore, chez le grand nombre, jusqu'à l'élan du combat. La première brigade de cavalerie,' partie de la Madeleine et de la place Vendôme, enleva, depuis le Gymnase1 jusqu'au Châteaud'Eau,2 quelques barricades défendues par une poignée d'hommes, puis s'engagea dans la rue du Temple. Un régiment de la seconde brigade pénétra dans la rue Saint-Denis, où il fut arrêté par une haute et forte barricade. Une lutte opiniâtre se prolongea dans ces quartiers. Dans la partie occidentale des boulevards, il n'y eut point de lutte; mais il y eut des scènes effroyables qui devaient laisser des traces ineffaçables dans l'histoire. A la hauteur de la rue Taitbout, un groupe qui occupait le trottoir criait: "Vive la République! A bas le dictateur!" Le colonel de lanciers Rochefort s'élança sur le trottoir suivi de ses lanciers, piquant et sabrant à droite et à gauche. Une trentaine d'hommes restèrent morts sur la place, sans compter les blessés.

1. Le Gymnase is a theater which is situated near the ar^h of Saint- Denis, on the boulevard of the same name.

2. Cliâteau-d'Eau (la place du) is now called place delà République, and is situated about half a mile east of the " Gymnase theater."

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En ce moment, tandis que les deux premières brigades étaient engagées contre les barricades du quartier Saint-Denis et des quartiers plus éloignés, la troisième brigade, celle du général Canrobert,1 était déployée sur les boulevards Bonne-Nouvelle, Poissonnière et Montmartre. En arrière, sur le boulevard des Italiens, se trouvaient la cavalerie et les gendarmes mobiles. Tout à coup, vers trois heures, des environs du Gymnase, où une barricade avait été prise une heure auparavant, partent quelques coups de feu. La tête de la colonne Canrobert fait une décharge; aussitôt la fusillade éclate tout le long de la ligne formée par l'infanterie; suivant l'expression d'un étranger, témoin oculaire, "elle descend le boulevard comme une lance de flamme ondulante.5' Les soldats tirent sur la foule qui couvre les trottoirs, sur les gens qui sont aux fenêtres, partout. u II semblait, a raconté un des blessés, que ce fût une trombe qui, venant du boulevard Poissonnière, tordait et brisait sur son passage les hommes et les arbustes des boulevards." Les canonniers suivirent l'exemple des fantassins : ils braquèrent et tirèrent leurs pièces contre le grand magasin de tapis du faubourg Poissonnière. Cela dura un quart d'heure, sans qu'il eût été aucunement riposté. Des rez-de-chaussée furent envahis par les soldats poursuivant les fuyards, et des marchands furent tués ou blessés dans leurs boutiques. D'autres habitants furent abattus, jusque dans le fond de leurs appartements, par les balles parties de la chaussée. Les trottoirs, sur divers points, furent encombrés de cadavres.

1. Général CanroberU the only maréchal de France now living, was born in 1809. He took part in the campaigns of Crimea and Italy, and also fought during the Franco-German war.

3ÔO LKS HISTORIENS FRANÇAIS

Les deux moitiés du Paris de la rive droite présentaient un aspect très différent, quoique également sinistre : à l'ouest, le massacre sans combat; à l'est, la lutte désespérée et héroïque.

La grande barricade de la rue Saint-Denis, au sommet de laquelle flottait le drapeau tricolore, défia, pendant deux heures, tous les efforts des assaillants. Quatre pièces de canon l'entamèrent, mais ne l'abattirent pas, et ne réussirent point à la faire abandonner par 150 républicains qui la gardaient. Les attaques à la baïonnette furent repoussées : le colonel et le lieutenant-colonel qui dirigeaient la colonne furent, l'un tué, l'autre blessé; le régiment qui assaillait la barricade fut refoulé jusqu'au boulevard. La barricade ne fut enfin évacuée que lorsque de nouvelles troupes arrivèrent par les rues latérales et que les républicains se virent sur le point d'être tournés.

Il y eut un autre combat très acharné au faubourg Saint-Martin. Au coin de la rue Phelippeaux et de la rue du Temple, une vingtaine de jeunes gens, armés de fusils de la garde nationale, arrêtèrent quelque temps tout un régiment qu'appuyait une batterie.1 Suivant un journal bonapartiste, ils se seraient fait tuer jusqu'au dernier.

La grande barricade de la rue Rambuteau ne fut pas moins intrépidement défendue; il y avait là des enfants de quinze ans, mêlés à des vétérans des guerres de barricades. Ils tinrent tête,2 durant trois quarts d'heure, à la canonnade et à la fusillade. La barricade croula enfin sous les boulets, et une grande partie de ses défenseurs restèrent étendus sur ses débris. Les petites

1. Qu'appuyait une batterie, whick was supportée! by a battery.

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