A bout de munitions, almost without ammunitions
DU XIXe SIÈCLE. 309
placer deux pièces qu'il est bientôt forcé de ramener avec lui. Les deux batteries de la réserve ont reçu de nouvelles munitions et réparé leurs pertes : leur brave commandant les met en ligne; deux autres pièces de la 2e division arrivent au galop, et les Anglais, qui un instant avaient cessé leur feu, rentrent aussi dans la batterie fixe. — C'est donc un total de 22 pièces qui tonnent à la fois; une portion balaye le terrain, s'abat sur les masses ennemies pressées sur le flanc de la colline et sur la première arête du plateau, tandis que l'autre soutient la lutte contre l'artillerie russe, dont tous les feux sont réunis à l'extrémité de la position d'Inkermann.
Voici le général en chef Canrobert. Il s'est assuré que l'attaque de Balaclava n'est pas sérieuse, et il amène avec lui vers Inkermann les restes de la 2e division, dont la présence devenait inutile vis-à-vis le général Iyiprandi, laissant sur ce point la ire division et un régiment de cavalerie, sous les ordres du général d' Allonville. Déjà il a vu lord Raglan et s'est concerté avec lui pour faire avancer à la hâte toutes les réserves et les tenir prêtes à étayer1 les troupes engagées.
Voulant reconnaître comment la droite des Anglais se reliait à la gauche des troupes du général Bosquet, suivi seulement du général anglais Rose, de son chef d'état-major, le général de Martimprey, et d'un seul aide de camp, le commandant de Cornély, il s'avance au milieu des hautes broussailles qui couvrent les pentes du haut du ravin du Carénage. A travers une de ces éclaircies rapides du brouillard qui enveloppait le théâtre du combat, il aperçoit une ligne russe en ba-