‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 197 sur 249 · A étayer, to support · texte numérisé non relu

A étayer, to support

taille et est frappé du danger qui peut résulter pour les alliés de ces trouées sans défense; il revenait sur ses^pas pour envoyer des troupes en cet endroit, lorsqu'il rencontre un régiment irlandais; après s'être héroïquement battu et avoir brûlé jusqu'à sa dernière cartouche, ce régiment se retirait au pas ordinaire pour aller chercher de nouvelles munitions.

— " Général Rose, dit le général Canrobert, dites donc au colonel de placer ses hommes ici; et s'ils n'ont plus de munitions pour faire feu, qu'ils élèvent leurs baïonnettes au-dessus des broussailles, afin de montrer à l'ennemi que ce passage est gardé; nous allons lui envoyer des cartouches."

Le colonel anglais inclina la tête, et, avec ce calme intrépide, qui distingue nos braves alliés, plaça ses soldats dans la position qui lui était indiquée.

Déjà le général en chef s'est rabattu sur sa droite; il presse la marche des zouaves qu'animent les commandants Dubos et Montaudon :

— " Ce n'est plus de la fusillade qu'il nous faut, leur crie-t-il, c'est de la baïonnette."

Et il arrive avec eux sur le terrain, où le général Bosquet lance sous ses yeux les bataillons impatients, gravissant lui-même un pli de terrain, qui lui cache l'aspect du plateau. Le commandant Dubos, qui tient la gauche, accourt le prévenir qu'il est enveloppé. Le général Bosquet croit ce point occupé et défendu par les Anglais; il avance toujours, et se trouve tout à coup devant une colonne russe, dont quarante pas le séparent tout au plus. Il est là, à cheval, Pépée à la main; le premier rang de la colonne fait le mouvement d'apprêter ses armes; si les fusils s'abaissent, le général et tout son état-major tombent foudroyés. ■ — Que se

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passa-t-il alors ? Quelle impuissance soudaine, inexplicable, arrêta les soldats prêts à faire feu ? ils avancent serrés les uns contre les autres, s' attendant sans doute à voir apparaître les bataillons français en face d'eux. Le général tourna simplement la tête vers les officiers de son état-major : *' Voyez donc, leur dit-il, ne croirait-on pas qu'ils nous présentent les armes ? "

Faisant toujours face à l'ennemi, il a repris la position qu'il occupait. Du moment que sa gauche est privée d'appui,1 le mouvement qu'il voulait exécuter est impossible. — Les zouaves se sont élancés et traversent en arrière les têtes de colonnes qui voulaient nous tourner; la ligne d'attaque est aussitôt rectifiée.

Le général en chef Canrobert, pendant que ses intrépides lieutenants combattent pied à pied sur le plateau envahi, avait à se préoccuper non seulement des éventualités menaçantes qui pourraient se produire, soit à Balaclava, soit à Inkermann même, mais encore de l'attaque possible de l'ennemi sur son extrême gauche; placé avec lord Raglan sous le feu de l'artillerie russe, dont les boulets ravagent le plateau autour de lui, il préside, de concert avec2 le chef de l'armée anglaise, au mouvement successif, des troupes, lorsqu'on vient lui annoncer que la gauche du corps de siège français est envahie par une forte colonne ennemie, et que la fausse attaque de Balaclava devient une attaque véritable et enveloppe les positions anglaises.

La situation était critique, chaque heure qui s'écoulait semblait l'aggraver; car les Russes dans le même moment couronnaient la crête du plateau d' Inkermann,

1. Du moment que sa gauche est privée d'appui, as his left was unsupported.

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