‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 203 sur 249 · BATAILLE DE MAGENTA · texte numérisé non relu

BATAILLE DE MAGENTA

[4 juin 1859]

Nos bataillons, animés par le bruit de la bataille qui rugit autour d'eux, courent sur le village de Magenta, dont on aperçoit poindre le clocher au milieu des arbres. Tout fait pressentir que la lutte sera terrible; et que la victoire ne pourra être achetée qu'au prix des efforts les plus énergiques. L,e général de la Motterouge marche avec le 65e, près de lui le 45e ; à sa droite le 70e. Iyes tirailleurs algériens forment la gauche de sa colonne. On approche de Magenta. De tous les côtés, se montrent des combattants qui déjà envahissent la chaussée du chemin de fer. Pour arriver à la gare, il faut passer au milieu d'un orage de mitraille qui couche à terre des rangs entiers. Mais rien n'arrête l'élan des soldats et l'énergie des officiers...

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Au plus fort du feu1 on voit le général de La Motterouge, droit sur son cheval, le visage ardent, indiquant à ses soldats la gare du chemin de fer ; il faut à tout prix s'en emparer, pour briser dans les mains de l'ennemi cette première ligne de défense, où de nombreuses pièces d'artillerie sont rangées en batterie...

Du côté de la division Espinasse, la lutte n'est pas moins terrible, la défense n'est pas moins opiniâtre. Aussitôt que le mouvement d'ensemble de tout le corps s'est dessiné2 sur Magenta, le général s'est jeté dans cette direction avec la 2e brigade, soutenue par son artillerie qui prend plusieurs positions successives et fait souvent feu de ses douze pièces. Précédant sa colonne avec cette bouillante valeur qu'aucune fatigue ne lassait, qu'aucun obstacle ne pouvait arrêter, il arrive bientôt à la hauteur du chemin de fer, menaçant le centre du village. Les zouaves combattent avec une énergie indomptable : partout les bataillons ennemis sont bouleversés par leurs terribles baïonnettes.

A la tête de ses zouaves, dont le colonel Tixier a rallié autour de lui les compagnies éparses, il s'avance résolument vers la rue qui conduit du chemin de fer à l'entrée de Magenta. Deux pièces de canon en défendent l'entrée, autour de ces deux pièces, les cadavres sont entassés. Les balles partent à la fois des murs crénelés, des fenêtres, des maisons, des greniers, des toits, des portes, des soupiraux, et ceux qui ont assisté à ce grand et terrible drame militaire se demandent comment la mort n'a pas étreint à la fois tous les combattants dans sa large main.

Cependant Espinasse avance toujours : son cheval

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