Comme un point de mire, as a target
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s'écrie d'une voix impérieuse: "Entrez, entrez par là!"
Au même moment, un coup de fusil parti de la fenêtre même contre laquelle il s'adosse, lui casse le bras et pénètre dans les reins ; — le général reste un moment immobile, résistant encore dans sa rude énergie à la mort qui vient de le frapper, puis son épée s'échappe de ses mains, et il tombe pour ne plus se relever.
En voyant étendu à leurs pieds le chef dont la bravoure les avait électrisés, les zouaves poussent un rugissement terrible, et, comme des lions furieux bondissent autour de cette fenêtre qu'ils brisent en éclats. La maison est envahie, et ceux qui l'occupaient tués ou faits prisonniers.
Des maisons voisines partait un feu également meurtrier. L,e général de Castagny rallia autour de lui tout ce qu'il put rencontrer d'hommes de sa brigade, et se porta en avant, entrant résolument au cœur du village, dont chaque maison avait été transformée en forteresse.
Pendant que ce triste drame se passait à l'une des entrées du village, le combat continuait sur les autres points.
Un officier de l' état-major du général Mac-Mahon était venu porter au général Gault qui gardait Marcallo, l'ordre de marcher sur Magenta, et ce général, laissant ce village sous le commandement du colonel Castex, marchait au canon1 avec le 71e de ligne, un bataillon du 72e et le 11e bataillon de chasseurs. Bientôt ces troupes sont séparées par le combat ; le général Gault, seul avec son escorte, rencontre le Ier et le 2e étranger,2 prêts
1. Marchait au canon, marched in the direction whence came the sound of the cannon.
2. Rencontre le 1er et le le étranger, met the lst and the 2nd foreign régiments, i. e. made up of f oreigners.
à rentrer en ligne. Le capitaine d'état- major Régnier venait de transmettre au colonel Brayer (ier régiment étranger), l'ordre d'attaquer la droite de Magenta, où l'ennemi opposait une vive résistance. Le colonel se met sous les ordres du général Gault, qui pousse1 aussitôt sur le village, dont les abords garnis de masses compactes sont attaqués à la fois par les deux divisions. La lutte prend à chaque instant des proportions croissantes. En vain le général Auger met de nombreuses pièces en batterie ; en vain les commandants Faye et Beaudoin font un feu meurtrier sur le village et sur les colonnes qui se forment dans les vergers et derrière les jardins, rien n'abat la résistance énergique de l'ennemi qui ne se laisse arracher que lambeau par lambeau cette importante position.
Les deux régiments étrangers sont arrivés presque à la hauteur des talus du chemin de fer ; le sol est labouré par les balles et la mitraille.
Sur un signe du général, le colonel Brayer s'élance à la tête de son régiment, et franchit au galop la chaussée. Tous le suivent au pas de course. Le commandant de Gramont entraîne son bataillon, et se jette au milieu du feu ; comme le 18 juin, à l'attaque de Malakoff, ce brave officier tombe frappé d'une balle. Enfin ils atteignent Magenta, et pénètrent sur une place où ils se maintiennent énergiquement.
C'est dans ce moment que le général de Castagny rejoint le général Gault. — Déjà ce général a fait placer deux pièces de canon à la sortie du village et sur la route par laquelle les Autrichiens commencent à pro. noncer leur mouvement de retraite.
Pour peindre, comme elles devraient l'être, ces atta- 1. Pousse, rushed.
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ques multiples et simultanées qui brisèrent à la fois sur tous les points la résistance de l'ennemi, et nous livrèrent Magenta, il faudrait être partout à la fois, comme partout était le combat.
Le général de Martimprey avait, pendant ce temps, continué son mouvement et s'était résolument engagé sur la route de Magenta avec deux baîaillons du 52e, cherchant à se relier au 2e corps ; il ne tardait pas à rencontrer l'ennemi en face de lui, l'attaquait vigoureusement, et était blessé d'un coup de feu. Partout la bataille était engagée ; les deux bataillons poursuivent leur route sans s'inquiéter du nombre de leurs ennemis. Le commandant Louvent, ne pouvant parvenir à enlever une ferme qui lui barre le passage et que l'ennemi défend avec acharnement, la tourne audacieusement, et? par ce hardi mouvement, force 500 Autrichiens à mettre bas les armes.
Enfin la petite troupe a rejoint la division de La Motterouge et combat avec elle.
Cette division continuait à gagner du terrain : une partie de ses bataillons est en arrière du chemin. Les uns ont traversé la voie ferrée,1 et sont avec le général Lefebvre à cheval sur la route de Milan, faisant face à l'église, pendant que d'autres, sous la conduite énergique du général de Polhes, délogent l'ennemi de l'église, et entrent par côté dans Magenta. — La gare dm chemin de fer est à nous ; les barricades qui en ferment l'entrée sont abattues.
Le général de La Motterouge franchit la chaussée
sous un feu meurtrier. Tout à coup, cheval et cavalier
roulent en bas du talus. Un cri douloureux s'échappe
de toutes les poitrines : — "le général est mort ! " Mais