Lavoie ferrée, the rail-road track
le général se relève presque aussitôt ; son cheval seul était tué.
Aussitôt que les troupes ont pu s'emparer des deux pavillons de la gare, le général de L,a Motterouge fait demander deux pièces d'artillerie; elles accourent au galop, et, sur son ordre, se mettent en batterie dans l'intérieur même d'un des pavillons, faisant feu par les fenêtres sur une maison crénelée, qui rendait l'entrée du village impossible.
De son côté, le général Auger a suivi avec son artillerie tous les mouvements du corps d'armée : il fait placer sur la chaussée du chemin de fer les deux batteries de la ire division et les trois batteries de réserve. Ces trente pièces réunies tirent à la fois sur le clocher du village et sur la droite de la ligne de bataille ; si l'ennemi refoulé dans l'intérieur de la ville voulait tenter un retour offensif, elles sont prêtes à l'écraser.
De toutes parts les colonnes autrichiennes sont débordées ; par toutes les issues apparaissent, serrées et menaçantes, nos terribles baïonnettes. Déjà sur plusieurs points, la retraite commence à se dessiner au milieu de la plus effroyable tempête que le génie de la guerre ait inventée et des mugissements de notre artillerie, dont les boulets labourent les rues, trouent les maisons, ou rebondissent sur les pierres de granit qu'ils ne peuvent entamer.
Le combat cependant continue encore dans l'intérieur de la ville ; les troupes qui se sont réfugiées dans les maisons, se défendent avec acharnement ; il faut nous emparer des maisons une à une, au prix des plus sanglants sacrifices. De part et d'autre, on sent que Magenta est la clé qui doit nous ouvrir les portes de Milan. ' ' Rien (écrivait un officier supérieur) ne pourra
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jamais donner l'idée de cette lutte effroyable, de ce tumulte plein de sang, de ces cris, de ces détonations de l'artillerie mêlées à la fusillade, de cette mêlée furieuse, implacable ; resserrés entre des rues étroites, nos hommes dans leurs efforts héroïques, désespérés, semblaient prendre les maisons corps à corps/'1
Vers sept heures et demie, la ville de Magenta est en notre pouvoir et les nombreux détachements ennemis, toujours barricadés dans les maisons, sont nos prisonniers....
L,e prix de cette victoire, c'était la capitale de la Lombardie, que les Autrichiens démoralisés allaient abandonner sans coup férir ; mais elle était chèrement achetée et payée d'un sang généreux. Nous avions 246 officiers hors de combat (52 tués, 194 blessés), et 4,198 hommes tués, blessés ou disparus.
Bazancourt.
Six semaines après la bataille de Magenta, une seconde rencontre eut lieu près du village de Solférino (24 juin 1859); là encore les alliés furent victorieux. Cette victoire mit fin à la guerre et, le 11 juillet, un traité de paix fut signé à Villafranca. Par ce traité, l'Autriche cédait la Lombardie à la France qui la donna au Piémont.
L'année suivante, le roi Victor-Emmanuel céda à la France le comté de Nice qui forme aujourd'hui le département des Alpes-Maritimes, et la Savoie qui forme les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie.
Il est bon d'ajouter que la France ne consentit à s'annexer ces territoires qu'après avoir consulté le vœu des populations qui, à une immense majorité, exprimèrent le désir de devenir françaises.
1. Semblaient prendre les maisons corps à co?^ps, seemed to fight with the houses hand to hand. This is, of course, a figurative expression.
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Une autre guerre, dans laquelle la France se trouva bientôt engagée, fut celle de Chine. Elle eut pour résultat de donner aux missionnaires européens le droit de prêcher la religion chrétienne, et elle ouvrit au commerce un certain nombre de ports. Une autre conséquence de cette campagne fut la consolidation de nos établissements en Cochinchine.