‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 207 sur 249 · GUERRE DE CHINE · texte numérisé non relu

GUERRE DE CHINE

Antérieurement à la guerre d'Italie, Napoléon III s'était déjà engagé, à côté de l'Angleterre, dans une querelle avec la Chine.

Un traité de commerce et de navigation avait été conclu entre la France et la Chine, le 24 septembre 1844. Un des articles du traité autorisait la construction d'églises et d'écoles chrétiennes et un édit de l'empereur de Chine autorisait les chrétiens indigènes à pratiquer leur culte. Un nouvel empereur, Irlien- Foung, monté au trône en 1850, témoigna des sentiments beaucoup plus hostiles aux étrangers que n'avait fait son père. Notre traité de commerce fut mal exécuté. Un missionnaire français fut mis à mort.

Un incident de peu d'importance, la saisie d'une barque de nationalité contestée renouvela, d'autre part, les démêlés entre la Chine et l'Angleterre. Les Anglais rouvrirent les hostilités. L'amiral Seymour attaqua la grande ville maritime de Canton. Les Chinois, si mal outillés qu'ils fussent pour la guerre, résistèrent opiniâtrement. L'amiral anglais finit par être obligé d'abandonner une entreprise entamée avec des forces tout à fait insuffisantes. (Novembre 1856 — janvier 1857.

Néanmoins dans le courant de l'année, la rivière de

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Canton fut bloquée par les escadres alliées : la division navale française de l' Indo-Chine, commandée par l'amiral Rigault de Genouilly, avait été renforcée et s'était jointe aux Anglais. L'attaque de Canton fut reprise, à la fin de décembre, avec des moyens d'action mieux préparés.

Après avoir emporté les positions avancées, les alliés pénétrèrent dans la ville le 5 janvier 1858. Cette immense cité tomba au pouvoir de 5,000 Anglais et de 13 ou 1400 Français. On laissa une petite garnison à Canton, et Ton dirigea les escadres vers le Peï-Ho, le fleuve sur lequel est située la capitale de l'Empire, Pékin. Le 20 mai, on s'empara des forts du Peï-Ho, écrasés par les projectiles des marines alliées. Les escadres remontèrent le fleuve jusqu'à Tien-Tsin, à trois marches de Pékin.1 I

Le gouvernement chinois céda. Ses envoyés vinrent trouver nos plénipotentiaires à Tien-Tsin ; le traité de paix fut signé le 27 juin. Les stipulations relatives aux chrétiens étaient répétées. Les Français en Chine ne devaient être régis que par les lois françaises. La Chine s'obligeait à une indemnité de guerre.

L'accommodement fut de courte durée ; en 1859, la guerre recommença pour une question d'étiquette. Des ambassadeurs français et anglais étaient chargés de porter à l'empereur de la Chine la ratification du traité de Tien-Tsin. Il avait été annoncé que les envoyés se rendraient par Tien-Tsin à Pékin. Lorsque l'amiral anglais Hope, précédant les ambassadeurs qu'il devait escorter jusqu'à Tien-Tsin, se présenta devant l'embouchure du Peï-Ho, les Chinois qui avaient réparé leurs forts, refusèrent l'entrée de la rivière. Le gouverne- 1. A trois marches de Pékin» three days of marching f rom Pékin.

ment chinois ne refusait pas de recevoir les ambassadeurs à Pékin, mais il voulait se les faire amener par un autre chemin. Les ambassadeurs, d'accord avec l'amiral Hope, repoussèrent cette exigence comme un affront et décidèrent qu'on s'ouvrirait par la force le passage du Peï-Ho. Les fortifications du Peï-Ho avaient été beaucoup améliorées depuis Tannée précédente, et l'artillerie chinoise fut mieux servie. L'attaque tentée par les canonnières anglaises fut repoussée avec perte. (25 juin 1859.)

D autre part, nous avions commencé un très important établissement en Cochinchine et nous visions à imposer un traité, avec des cessions de territoire, à l'empereur d'Annam, souverain de la Cochinchine. Il nous était donc nécessaire d'avoir une situation imposante dans la haute Asie.

Napoléon III décida d'envoyer le général de Montauban' avec un corps de 10,000 hommes. Ce général arriva à Hong-Kong, le 26 février 1860.

Les plénipotentiaires anglais et français expédièrent à Pékin un ultimatum qui ne fut point accepté. Les alliés firent voile vers le nord de la Chine et occupèrent l'île de Chusan, à l'embouchure du grand fleuve le Yang-Tse-Kiang, dans la mer Jaune (21 avril). De Chusan, les alliés se portèrent sur le continent. L'effectif du corps français dépassait à peine 8,000 hommes. Les Anglais avaient fait un grand effort ; ils avaient plus de 12,000 soldats dont 1,300 cavaliers.

L'objectif des alliés était la route de Pékin par Tien- Tsin et, par conséquent, avant tout, l'ouverture du Peï-Ho. Les Chinois avaient accumulé les moyens de résistance et un gros corps de Tartares couvrait les forts. Ces descendants des conquérants de la Chine,

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