‹ Les historiettes de M. le chanoine de FabryChapitre 114 sur 121 · LE COMTE DE GOYON · texte numérisé non relu

LE COMTE DE GOYON

Le comte de Goyon', gentilhomme angevin, né avec d'heureuses dispositions pour les sciences et les helles-lettres, employait ses loisirs à les cultiver.

Il n'était jamais sorti de son château, mais son goût s'était formé par la lecture des bons auteurs.

L'Académie des sciences de Berlin proposa un sujet à traiter, auquel elle attachait un prix de Goo livres. Le comte de Goyon se mit au travail et envoya son mémoire à Berlin. Ce mémoire est jugé le meilleur du concours et le prix lui est adjugé.

I. H s'af^il prohableiiKMil de GuilIauine-lIonri-(iliaiIcs, vicoiiilo (le (ioyoïi d'Arsac (17^0-1805), mort à Berlin où il avait élé élu inenibrc do r.Vcadéinie, auteur de nombreux ouvrages (Éloges du 'chancelier de l'Hospilal , du cardinal Georges d'Amboise, dé Louis MI, plans d'éducalion, etc.).

M. de Goyon écrit à T Académie pour la remercier et, en lui disant combien il avait été llatté d'avoir mérité ses sull'rages, il ajoute que cette honorable récompense lui suffit et que, sa fortune le mettant à même de se passer de Tencouragement que l'Académie destine aux talents, il la supplie de vouloir bien joindie les 600 livres qui lui sont adjugées au prix de l'année suivante, dans l'espérance (|ue cela contribuerait à améliorer le sort d'un homme de lettres moins favorisé que lui des biens de la fortune.

L'Académie est singuliciement touchée de ce procédé, et croit ne pouvoir mieux le recounaîlre qu'en envoyant à M. de (ioyon des lettres d'associé à sa Compagnie.

Cet académicien, après avoir fait la première campagne des Princes, se trouva sans ressources. Comptant sur la charité de ses confrères, il part pour Berlin et se présente au président de l'Académie. Il en est parfaitement accueilli, ainsi que de tous les autres merrd)res. On réclame pour lui les bontés du roi, qui lui accorde une pension de 5o louis. .

Avec cette pension et ce (ju'il relirait de quelques écrits, le comte de Goyon vécut à Berlin plusieurs années avec autant d'agrément ([ue de considération.

M DE DAMMARTIX ET M'-^ DE LISTENAU

^1. de Damniartin, gentilhomme d'Lzès, s'était retiré à Berlin après la première campagne des princes, et y gagnait sa vie à composer des romans.

M'"" la comtesse de Listenau, maîtresse dn roi', les lut, et, ayant été informée du mérite personnel de leur auteur, elle désira l'avoir poui- gouverneur de son fils.

L'ayant prié de passer chez elle, elle lui demanda s'il voudrait bien se charger de ce soin important.

c( Madame, lui répondil-il avec beaucoup de noblesse, si le roi me donne une pareille commission pour son (ils, je suis tout prêt à lui obéir. »

La dame fut d'abord un peu mortifiée, mais

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