‹ Les historiettes de M. le chanoine de FabryChapitre 5 sur 121 · ll>i(L · texte numérisé non relu

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gués (les cliapilrcs. Il s'élèvo conlro la lourdeur des charges qui pèsent sur la province et surtout contre la multiplicité des innpôts de consommation qui donnent lieu à plusieurs perceptions distinctes', engraissent une foule de préposés, et vexent de mille manières les consommateurs. Il conçoit, comme simplification, de réduire à trois perceptions, l'une ])our le Roi, l'autre pour les Etats, la troisième pour les villes, tl aperçoit clairement l'urgente nécessité de refaire les rôles des centièmes et des vingtièmes-. 11 vante l'administralion « douce et paternelle » de la province, les vieilles libertés qui la dispensent de la taille personnelle, de celle d'industrie et de la capitation, et l'égalité relative des trois ordres, car les exemptions de la noblesse et du cleigé, déclaiet-il, sont locales et très bornées. Tout son ouvrage est une apologie discrète d'un organisme dont il signale bien les quelcjucs vices, mais dont il apprécie surtout, avec raison, les vertus'.

I. Iiiipols sur los bôlos vives, sur les vins, sur la t)i('ro, sur la petite bière, l'eau-de-vie el les liqueurs.

•j.. Ke eenliènie (i " j sur le revenu foncier, vieil impôt datant de la domination esj)aonole; le vinjitième (5 " „), établi par Machault (1749).

3. « Je croyais ue pouvoir faire à la France de |)lus beau présent que de lui présenter le tableau d'une administration qui , pour ôtre parfaite, u'ainoit eu besoin (jue d'être purgée de quelques vices, contre lesquels j'osois m'élever. Mopr désir auroit été de la voir ensuito adopter par les autres provinces, ,1'étois très convaincu que par elle la

On peut jagei- par là de son alliUide aux Assemblées des notables', Nul doute qu'il n'ait désapprouvé, sans Teuipêcher, l'établissement et la forme des assemblées provinciales, qu'il ne se soit op[)osé à la subvention territoriale, au romboui'semcnt de la dette du clergé, au nom des libertés de l'Artois qu'il a toujours si ardemment défendues. A partir de leur séparation, on voudrait suivre l'abbé de Fabry dans cette époque de convulsions préliminaires qui précéda la convocation des Etats-Généraux, vit la révolte des Parlements, leur exil, la protestation des provinces contre les nouveaux tribunaux' institués par Brienne et Lamoignon, les

l'rance anroit joui de la liberté la plus ralionnolle que des sujets puissent souliaiter. » (Mémoires de mon émigration^ niss., cahier a, p. A — écrit eu 1798.)

I. I/abbé de t^abry, pendant son séjour à Bruxelles^ en 1792, réunit en « un petit corps d'ouvrages » les avis qu'il y avait donnés, pour transmettre à ses neveux un témoignage « non de ses talents, mais de son zèle pour le service de S. M. ». Nous ne savons pas ce qu'est devenu ce manuscrit, mais on peut, d'après le passage ([ui concerne l'Assemblée des Notables dans son Histoire raisonnée de In Révolution (Mss.. archives d'Ayrenx), conjecturer ce que fut son altitude.

'i. Les grands bailliages. Voir Lavisse. llist. de Franrey t. l\% pp. ^^33 et suiv. Il y a, à la Bibliothèque nationale, un Mémoire préseidé par les députés de l'Artois au eomte de lirienne (qui avait l'adminislration de la province dans son département), pour prolester contre les nouveaux impôts et la courplénière au nom de la (^onstilution del'Vrtois. Kabr> n'en était pas; mais cette protestalion répond à ses idées.

émeutes, la fciiiuMUalion Tiiiiversclle au milieu de laquelle se préj)arait la réuuion des assemblées électorales. Il ne nous a pas parlé de cette périodes de sa vie, sinon par allusions rapides. Sans doute fit-il partie de la seconde réunion des notables qui se tint à Versailles en novembre et décembre 1788, pour décider du mode de rej)résentation du Tiers aux Etats-Ciénéraux. Pendant le terrible hiver de 1788-89, si fertile en misères et aussi en actes de généreuse charité, le grand vicaire de Saint-Omer fit partie, avec le comte de Beaufort et le négociant Lorthioy, d'une commission de trois mendDres instituée pour la ré- ])artition des grains dans le district de Sainl- Omer.

Les soins (pi'il se donna pour remplir cette ditficile mission ne lui attirèrent ([ue l'injuste accusation d'accaparement, si fréquente aux moments de disettes et à laquelle, aussi injustement, le Roi Louis XV lui-même n'avait pas échappé. Peut-être faut-il voir dans l'impopularité que lui avait value cette ingrate besogne et dans le discrédit où étaient tombés les anciens notables, quelques-unes des raisons pour lesquelles l'abbé de Fabry ne posa pas sa canditature aux lUats- Généraux ; et pourtant sa situation, les services qu'il avait rendus à ses concitoyens comme député aux Étals lui créaient des litres sérieux à un choix de cette nature. Il y a une aulre expli-

cation, non moins plansible. Le mode électoral adopté avait donné la majorité aux curés dans les assemblées du clergé; ceux-ci formaient une sorte de démocratie ecclésiastique, qui joignait à un zèle religieux très vif, qu'il faut proclamer, un désir non moins ardent de réformes*. L'abbé de Fabry, noble d'origine et destiné à Tépiscopat, n'était pas des leurs; ses principes lui interdisaient de trahir sa classe, en llaltant les passions égalitaires, comme un Mirabeau, un Talleyrand, ou un Lafayette. 11 n'était pas, d'autre part, d'assez haute naissance, ou ])ourvu d'abbayes suffisantes pour représenter la noblesse. Il fut la victime de sa situation équivoque; à vrai dire, il partagea le sort de la petite noblesse, })eu représentée aux Etats, et qui, demeurant en Fiance fidèle à son Roi, à sa foi et à ses traditions, fut

I. l']n ellet, tous les députés du clergé d'Artois à l'AsscMnbléc Constituante sont des curés ; voici du reste, à titre documentaire, Ja liste de la députation. i" Clergé : Le Roulx, curé de Saint-Paul; Béhin, curé d'Ilersin-C^oupigny ; lioudant, curé de La Couture; Diot, curé de Lit^ny-sur-Canche. — 2" Xolflesse : Briois de Beau niez , premier président du (Conseil d'Artois; comte Charles de Lametli, colonel des cuirassieis; Le Sergeant d'Isherg. lieutenant des maréchaux ; comte de (^roix, major en second d'infanterie. — 3" Tiers- État : Payen, cultivateur à Borry-Becquerel ; Brassarl , avocat; Fleury, fermier à Coupelle-Vielle; de Hobespière. avocat; i^etit, cultivateur; Boucher, négociant et banquier; Dubuisson d'Inchy, agriculteur et j)ropriétaire {.Mnianacfi Hoyal. 1790)-

mal dércnduc ou atta(iuéc par les grands, lal)ourgeoisie et le peuple.

Du reste, les indiees que lui lournireut les assemblées électorales, dont il fit partie, ne permirent pas à cet esprit judicieux de s'illusionner sur l'avenir. Il devina vite ce qui attendait le clergé, et ce que deviendraient son intluence et ses biens. Dès Tété de 1789, lorsque ces derniers furent mis à la disposition d(; la nation, sa résolution fut vite prise. Dès lors il entreprit de réformer sa vie matérielle; dans l'espoir d'un avenir brillant, il avait hypothéqué celui-ci, il avait fait vingt mille livres de dettes ; ses affaires, nous dit-il lui-même, ((étaient assez dérangées»; il y mit ordre, s'habitua à un train modeste, et, en deux ans, paya la majeure partie de ce qu'il devait. L'idée ne lui vint pas un instant de lefaire sa fortune dans la France nouvelle, après l'avoir manquée dans l'ancienne France; peut-être ne le pouvait-il pas; assurément il ne le voulut pas.

Eu prenant si fièrement son parti de sa ruine, il s'attacha plus fortement que jamais à ses convictions politiques. Il se montra le constant adversaire de Decker, l'idole du pays, et dénonça avec courage l'Assemblée constituante comme (( parjure à ses mandats ». Il ne craignit pas de dire ce qu'il pensait d'une « Constitution enfantée par le philosophisme et qui ouvroit la porte à tous les désordres lorsqu'elle auroit du les pré-

venir ou les réprimer ».' [l écrivit même des libelles, dont l'un, Le Réveil de rArtois, fut imprimé, et un autre arrêté par Tévéque d'Arras, qui tempéra ce zèle fougueux dans l'intérêt même de l'Église et de l'auteur-. 11 défendit en toute occasion la « constitution politique » de sa chèie province, abolie par la réforme municipale et départementale. Surtout, lorsque la Constituante eut acbevé la constitution civile du clergé, il la combattit vigoureusement parce qu'il la jugeait impolitique, attentatoire à la discipline religieuse et aux droits imprescriptibles de la ])apauté • Il déploya toute son activité pour a soutenir le clergé dans son devoir », et lorsqu'un « méprisable curé d'Arras » vint s'asseoir, comme évêque assermenté, sur le trône épiscopal de M^' de Bruyères-Cbalabre manu militari, il refusa de le reconnaître et continua à se considérer comme le cliargé d'affaires du diocèse, en l'absence de son supérieur.

Une attitude aussi francbe, aussi rigoureusement conforme à son passé, ne [)Ouvait pas man-

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