I. Aoy, le Récit d'en} igra lion
•2. Mss. archives do la faniilie trAyreiix. — \\ illiam Paloy (i7/i3-i8o5). Uiéologioti et moraliste anglais, professeur à l'Université de (Cambridge. Cet ouvrage, classique en Angleterre, fonde la morale sur la volonté de Dieu, manifestée par l'ulililé générale. Il a été traduit par \ incent en 1817. Ses autres œuvres sont : les lïornc Patilinae (17S7) et y Évidence du chrii^lianismc (i79'4), traductions 1, évade, à Ni mes, 1809.
8. Recueil fait par des calvinistes suisses contre celle de d'Alembert,
f\. Mss. archives d'Ayrenx.
devait le conlinuc^r, sans l'aclKncr, clans lonl le cours de son émigration.
l^nis rancien habitué des salons de Paiis trouva dans les réunions dYpres ou de Biuxelles un dérivatif pour ses goùls ainial)Ies. A Ypres, il faisait partie d'un gi'oupe composé de .M. et M"" de Saint-Pierre, d'un de leuis parents, le comte de Rosel-Beaumanoii', lieutenant général et cordon rouge, de ses chers et anciens amis de Paris, M. et M""' de Soisy, de la belle comtesse de Thélus et de la savante comtesse de Chastenet- Puységur. L'abbé de Bertrandi, confrèie de Fabr\ , l'abbé de Fontenai, chanoine de Chartres, AF' Asseline, évéque de Boulogne, et son grand vicaire l'abbé de Bréan se joignaient de temps à autie à cette société. » La pureté des anciennes mœurs se relrouvoit dans toutes ces personnes », dit-il de quelques-unes d'entr'elles. Il vécut là pendant un an dans la plus calme douceur, « aussi heureux et contens que les circonslances désastreuses... le permettaient. » Le décoi* change loisqu'il arrive à Bruxelles, après avoir été pris, avec ses compagnons, à Gand , pour Louis X\ I et sa famille évadés de France. On trouvait dans la capitale du Brabant « tout le beau monde de Paris ».
(( Mais je ne puis penser qu'avec douleur qu'on yéloit plus occupé de ses plaisirs et de mille objets frivoles qu'à réfléchir sérieusement sur les malheurs qu'on éprouvoit et les causes qui les a voient produits : on
paroissoit jouir au lieu de géuiir et parce qu'où n'étoit plus au fort de la tempête, on se persuadoit qu'on n'eu seroit jamais atteint. Cette confiance était presque générale et l'on voyoit d'un mauvais oeil ceux qui, calculant froidement les possil^ilités et les vraisemblances, ne se livroient point aux flatteuses espérances dont s'engouoient les autres. La plupart avoient apporté des fonds considérables, et comptant sur leur rentrée procliaine, ne craignoient pas de les épuiser. 11 est vray que la campagne qui s'étoit ouverte sous les plus heureux auspices' et se poursuivoit avec succès favorisoit cette illusion. Mais il eut été plus sage à nous de penser que pour avoir été cliatiés par la main divine, nous n'en étions pas devenus meilleurs, qu'il étoit donc à craindre qu'elle ne s'étendit encore plus sévèrement sur nous'. »
Entre temps, l'abbé, avec a le beau monde », fit le voyage classique d'Anvers et de Malines et profita de ce séjour pour visiter quelques amis émigrés à Nivelle. On se faisait alors presque un jeu de ce qui n'allait pas tarder à devenir une terrible épreuve.
Chez le bon curé d'Ysendick, par contre, ce fut presque la solitude d'un ermitage, qu'égayait seulement parfois une table portant un pauvre llacon de bordeaux. Fabry s'y recueillit, en apprenant le flamand et le hollandais, et ne note pas sans plaisir l'estime dont les protestants
I. Il s'agit des premières défaites françaises, paniques de Mons et de Quiévrain, capitulai ions de LongNvy et de Verdun.
a. Mémoires, cahier 3. p. S.
même renlouraieiit ; la messe célébrée dans une grange le ravissait comme un retour aux simplicités évangéliques : « La pureté du cœur est ce qui plaît à Dieu, dit-il, non la magnificence des temples. » L'iiomme sociable ne perd pourtant jamais ses droits ; et c'est d'ailleurs à cette sociabilité et à l'étendue de ses relations que l'abbé de Fabrv, dépourvu de tout, a dû de subsister pendant dix ans. Il apprend la présence, dans le voisinage, du comte de Macby, ancien député d'Artois, du chevalier de Lefébure, et de l'abbé d'Hénin-Liétard : il court pour les voir, ou les invile.
La seconde élape de son voyage l'amena à Maëstricht et à Aix-la-Chapelle : il s'y rendit à pied la plupart du temps, non sans faire un court séjour à Bruxelles, où il rencontra Mvlady Stuart, et à Nivelles, pour y voir M"" de Beaufort', rclirée, après la mort de son mari, chez sa lille la comtesse de Mérode ; chemin faisant, il vendit sa tabatière et quelques menus objets, cadeaux qu'il tenait de « mains bien chères ». A Liège, il s'embarqua sur la Meuse et, le 3o octobre 1798, il débarqua à Maëstricht.
Toute la région limitrophe entre la Belgique, la Hollande et l'Allemagne était peuplée d'émi-