GRAXDESSE DE LA MAISON DE CAYLUS
Le comte de Caylus, qui s'est fuit remarquer ' par «on recueil cFantiquités égyptiennes, étrusques, grecques et romaines (7 voL in-fi") et par une foule d'autres ouvrages agréables et intéressants, était riiomme du monde le moins occupé des honneurs, dont les autres gentilshommes sont si jaloux.
Fait grand d'Espagne de la première classe, il ne fit part à personne, pas même à sa famille, d'un si grand honneur. Son diplôme resta enfermé dans une armoire avec de vieux papiers oubliés.
I. En ofrot. M'"*" do Caylus (1673-1729) et son fils (iOd^- 1765), le célèbre archéologue, ont dû leur réputation moins à l'ancienneté de leur maison qu'à leurs talents et à leurs ouvrages (Souvenirs de M""^ de Caylus, Recueil d'anfiquilés de Philippe de (iaylus).
Il laissa pou de l)ieii à sa mort. Ses travaux: littéraires et ses voyages avaient englouti la plus grande partie de sa fortune. Son neveu se serait facilement consolé d'un si maigre héritage, s'il avait soupçonné que la cv (nandessc » en faisait partie.
Trois ans après la mort de son oncle, il se trouvait à Bayonne et y rencontra des Espagnols devant lesquels son nom n'avait même pas été dit. En conversant avec eux sur la Cour d'Espagne, on vint à parler de la a Grandesse» et des maisons de France qui en étaient honorées.
A ce propos, un Espagnol raconta qu'il y avait, dans ce royaume, une maison qui paraissait en faire bien peu de cas. Depuis trois ans quelle était vacante par la mort du dernier titulaire, l'héritier n'avait fait aucune démarche pour la réclamer.
(( Quelle est donc, demanda M. de Gaylus, cette famille si dédaigneuse :>
— C'est celle du savant M. de Caylus.
— Quoi ! le comte de Caylus était grand d'Espagne et je n'en savais rien! C'est moi qui suis son héritier, son neveu, et par conséquent celui à qui la grandesse doit revenir. »
On peut juger de son étonnement et de sa joie. Les Espagnols se chargèrent volontiers de faire parvenir au ministre d'Espagne un mémoire, avec la preuve légale de la succession de Al. de
Ca^liis. Il ne tarda pas à recevoir le diplôme de grand d'Espagne.
C'est depuis celte époque qu'il porte le titre de duc de Cavlus.