‹ Les historiettes de M. le chanoine de FabryChapitre 95 sur 121 · LX\I · texte numérisé non relu

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LA METROMAXIE

aConurient se fait-il, disait un lioiiime d'esprit à Al'"" Quiiiaull ', ([uc rauleiir de la Méfromanie'^, Pi ion, soit en meiuc temps l'auteur de tant de mauvaises pièces, ou (|ue l'auteur de tant de mauvaises pièces ait pu pioduire la Mé/romanie ?

— Ce problème, dit-elle, vous paraît difficile à résoudre, je vais vous en donner la solution. Piron est et n'est pas l'auteur de la Métromanie.

— Eh! Mademoiselle, cette pièce a été trop justement célébrée, pour que le véiitable auteur eût voulu en laisser toute la gloire à l^iron.

— Vous sei'iez bien surpris, repiit-elle, si je

1. Jenniio-l'^rançoiso Qninaiill ou (JulnniOI la (-(((l'Ile (i()()()-i783), célèbre aclriro do la (lonu'dio-Fi'nnraisc. uiio dos fommes roniarquablos du dix-liuillômo siôclo. avait un salon à la modo, où firquonlail loul vo (jui ôlait alors d'aimable et d'oclairo : la soclélo du Doul <lii Ikuic

2. Comédie fine et spirituelle de Piron (lo janvier 1738), sur la passion de faire des vers el inspirée par une avonlure de répocjne.

vous disais que c'est à moi que le public eu a toute l'oblif^alioii. Voici :

c( Je u'ai pas fait un seul vers do celle pièce, il n'y a pas uue syllabe à moi. Je prélends néanmoins qu'elle est loute de moi. Piron lut à l'assemblée des comédiens, une Mélroinanie qui n'esl point celle (|ue nous connaissons. Elle était comme toutes les pièces de cet auteui-. Mes confrères la rejetèrent unanimement.

« ïl me sembla y découvrir du vrai comicjue de silualion et des caractères et je jugeai que, si cette pièce était retravaillée sous la direction d'une personne de goût, on pourrait en faire un bon ouvrage.

(( Le lendemain, j'écrivisà Piron de m'apporler sa pièce. Tout en lui en faisant la critique, je lui inspirai assez de confiance pour qu'il me permit d'en retrancher tout ce qui n'était pas à mon goût.

« J'en retranchai plus des trois quarts. Il jeta feu et tlamme lorsqu'il vit son manuscrit ainsi mutilé. Je finis par l'apaiser et il consentit à mes retouches.

(( Au bout de trois mois il m'apporta un nouveau manuscrit dont je n'eus cjue la moitié à bilTer. Enfin, après trois ou ([aalre élagagcs semblables, ce qui dura plus d'un an, celte pièce est parvenue au point où vous la voyez. Le goût qui y règne me doit toute son existence. Je ne vous ai donc

pas trompé en vous disant que le public m'en est redevable. »

C'est Voltaire que Piron a voulu peindre dans le caractère du métromane. Le rôle est assez beau pour que Voltaire ne lui en sût pas mauvais gré.

MEFAITS D'UNE PARODIE

Le comte de Yalbelle s'était amusé, avec quelques amis, à faire une charmante parodie de la scène de Corneille où Auguste délibère pour savoir s'il doit quitter l'empire. 11 représentait le duc d'A ', premier gentilhomme delà chambre du roi et ayant la direction suprême des théâtres, délibérant s'il quitterait ce sublime emploi.

Des plaisanteries fines et mordantes lidiculisaient le pauvre duc et le vouaient à la risée du public. Cette parodie fut bientôt répandue à la Cour et à la ville.

Le duc se plaignit et la police fui chargée d'en découvrir lauleur. On trouva une copie de cette pièce avec des corrections do sa main chez Marmontel-. Il eut beau dire ((u*il n'avait fait que

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