Depuis. François
H. Guillaume (îouIFier, seigneur de Bonnivet (mort en 1025), amiral en i488, courageux mais malheureux militaire.
— Moi, dit Montclicnu, je vous avoue que je suis très gourmaïul, et, comme je serais fort aise d'avoir une bonne table à vos dépens, je voudrais être votre maître d'botel.
- Eh bien ! vous aurez l'un et l'autre ce que vous demandez, leur lépondit le duc d'Angoulème. ))
Il se souvint efTectivcment de sa promesse lorsqu'il fut sur le trône.
(( Ce trait est plaisant, s'écria M. le Dauphin ; eh! bien, d'Angevilleis, il me prend la fantaisie de vous faire la même demande. Si jamais je suis roi, que vous faudra-t-il ?
— Puisque Monseigneur me permet de lui ouvrir mon cœur, je vais lui répondie. Je n'ai ni l'ambition de l^onnivet, ni la gourmandise de Monkchenu, mais j'ai le goût des beaux-arts et, puisque M. de Marigny descendiait de son trône si Monseigneur montait sur celui de France, je le supplierais de me nommer surintendant des bâtiments.
— Je vous le promets, lui répondit ^l. le Dauphin.
— Grand merci. Monseigneur, mais qu'il me soit, permis de lui faire observer que, d'ici à ce temps-là, les choses pourraieut bien changer de face. Monseigneur pourrait fort bien l'oublier, des méchants me perdraient dans son esprit ou des jaloux l'empêcheraient de remplir cette pro-
messe. 11 n'y aurait quun moyen de la rendre inébranlable.
— Quel moyen? Voyons.
— Si Monseigneur me l'ordonne je le lui dirai. Ce serait de me donner celte [)romesse par écrit.
— La proposition est bonne. Je l'agrée pour la singularité du fait. »
Il prit aussitôt une plume et écrivit : c Dans le cas où la place de surintendant des bâtiments viendrait à vaquer, j'ai promis à M. d'Angcvil- 1ers de m'employer à la lui faire avoir, autant que les circonstances me le permettiont. » M. d'Angevillers mit le billet dans son portefeuille et l'y oublia pendant bien longtemps.
M. le Dauphin meurt et Louis XV survécut dix ou douze ans à son fils. Lorsque Louis XVI monta sur le trône, M. de Marigny donna sa démission. L'abbé Terray', contrôleur général, demande de réunir la surintendance des bâtiments au ministère des finances. Le roi y consent.
Le bruit en est bientôt répandu, et M. d'Angevillers, se souvenant alors du billet de M. le Dauphin, s'empresse d'aller le montrer au loi,
I. Josoph-Mario Toi ray ( 1715-1778), créature de Ma upeou, qui le nomma conlrôleur des lînances; homme dissolu, ministre sans scrupule, un de ceux qui firenl le plus de mal à la monarchie. Louis \VI se hàla de le remplacer par Turbot.
auprès duquel il fut admis pour avoir été employé dans sou éducation.
Le roi reconnut l'écriture de son père et lui dit que sa promesse sera fidèlement exécutée. En conséquence, il fait appeler l'abbé Tcrray, lui déclare que la réunion proposée n'aura point lieu, ayant à disposer de cette place pour honorer la mémoire de son père, M. le Dauphin.
M. d'Angevillers fut nommé. Il a dignement exercé ses fonctions jusqu'à la Révolution.
Cette place était honorable et lucrative.