BUSSY-SAINT-MAR'JIN
Un jeune Anglais arriva par un soir d*été dans la petite ville de Lagny. Un ressort de sa berline s'était brisé à la descente du pont de la Marne, et il fallait au moins une nuit pour réparer cet accident. Remis de la chute qui n'avait fait que l'étourdir un peu, il retint un appartement dans la meilleure auberge de la ville, ordonna à son valet de veiller aux préparatifs du souper; et, comme la soirée n'était pas encore fort avancée, il voulut, pour mettre le temps à profit, visiter les environs de cette ancienne place de guerre^ qui n'a plus maintenant ni larges fossés à opposer à l'ennemi, ni château-fort à défendre. Le voyageur
sortît de Lagny, et gagna d'abord le petit sentier qui serpente à travers les terres de labour. Au bout du sentier, deux chemins se présentèrent à lui : le premier descendait vers les bas-fonds de Couches, où s*étagent d'innombrables plants de vigne; Tautrc route, frayée entre deux rideaux d'ormes et de noyers, monte vers Jossigny. Ayant pris ce dernier chemin, il se trouva, après une heure de marche, devant la solide église de Bussy-Saint-Martin. Comme il contemplait attentivement cette masse imposante de pierres, autour de laquelle sont venues se grouper de basses et tristes habitations pétries de boue et couvertes de paille, un nuage lourd et noir étendit ses flancs au-dessus du hameau : les derniers ravons