LE SANG DE LA BLESSURE
OUI, reprends tout ton sang, tigresse, que je sente Ma blessure chérir la main qui l'agrandit. Fais revivre, un instant, plus jeune et frémissante, La flamme qui, tous deux, nous consuma jadis.
Sais-tu que la douleur, elle-même, est lassante, Ange que nul destin ne m'a jamais prédit; Mon seuil t'est défendu. Ton ombre me tourmente. Regagne, il en est temps, tes obscurs paradis.
Oui, reprends tout ton sang. Qu'en ta chair enrichie.
Il scande allègrement la marche de la vie,
Ce flot rouge et brûlant que je rends à ton corps.
Mais si, par aventure, il corrodait tes veines. Reviens, je serai prêt à le reprendre encor, Et son feu rivera l'une à l'autre nos chaînes l