IBS LES HOMMES DE
croire, U conlenait mai son impatience : — « Que dites-vous (I des disposillons de la réunion et des reproches que IVn
« vous adiesse? demandail au milieu d'un groujie, un olfi- « cîcr de la garde nationale à M. Garnier-Pagès. — On ne u nous en adresse pas assez, répondit celui-ci, ii fallait que <i ies députés fussent déposés par l'opinion publique, ils ie « sont I » Il ne parait pas cependant qu'il se soit associé à la déclaration de M. de Lamarline qu il assisterait au banquet, dût-il y aller seul.
Il resta avec M. Odilon Barrot« Pendant que les mem* bres du parti radical, auquel il prétend appartenir, se réu* nissaient dans les bureaux de la Réfornii' pour préparer la République et pendant que la traction modérée de Topposition se réunissait dans les bureaux du National pour pré* parer le gouvernement provisoire, M. Garnier-Pagès recevait des mains de M. Odilon Barrot le portefeuille des Finances et il était envoyé |iar lui h i'IIôlel-de-Ville avec MM. de Mallevillc el Gustave de Beauinoat pour proclamer la régence. Le peuple avait devancé ces messieurs qui arrivèrent pour assister à la proclamation de la République. M. Garnier-Pag»''S, qui ne pcul nier ce fait, essaye d'en esquiver les conséquences en disnnl qu*il avait été cljargé par M. Odilon Barrot de reconnaître exactement la situation, et il se garde bien de reproduire le bulletin qu'il envoyait h son patron et qui est de -nature cependant à édtOer la postérité sur les sentiraenls que nourrissait alors M. Gariiier-Pngés : u Les fous que vous savez viennent de proclamer
la République. Ëmpéchez la duchesse d'Orléans de se « montrer. Le moment n'est pas propice, n
MM. de Mallevtlle et de Bcaumont retournèrent loyalcji»eiiL auprès de IVi. Odilon Barrot, mais M. Garnier-Pagés rcîita au voyage, et ii profita de Tenthousiasme du peuple pour se faire proclamer maire de Paris* On avait biea failli nommer quelques instants auparavant M. de Laroche-
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H. CARr<l£R-PAG£S
Jacquelelo, membre da gouvernement provi«oire(i}^M* Garnier-Pagës vouliit associer à sa nouvelle fortune M. de Mal "
leviile et il lui offrit d'èlre son adjoint, mais celui-ci refusa dignement (2).
Avec la même générosité, M. Garnier-Pagè» offrit à M. Odilon Barrot une place dans le gouvernement provisoire. MM. Garnot et Marie s'associèrent h cette singulière (Iciiuurche. On se demande ce qui serait advenu si M. Odi-
(1) Madame Daniel Stern , dans son Histoire de la révolution de i8i8 raconte que M. de Larochejacqiielein, U forco de haranguer le peuple elde flatter les rancum s popnbires par la violence de ses diatribes contre la dyuastie d'Orléans, allait peut-être se faire nommi^r membre du gouvernement provisoire , lorsque M. Dussart tira le peuple de son erreur en lui nommant le député légitimiste.
(2) Dans son récit embarrassé, malgré toutes ses précautions cl toutes ses dissimulations, M. Garnier-Pagës laisse cependant percer la vérité. « M. Garnier-Pagès dit k M. de Malleville : — Eh
♦ bien! vous le voyez, le peuple veut la Uépubliquel 11 faut pré- « venir Barrot de ce qui se passe. Du reste, je vais lui écrire. — « Et en ellet il Uacc rapidement sur le papier ces deux lignes : Le « peuple est inailre de l'Hôtel-de-Ville. La présence de la duchesse « d'Orléans n*est plus possible. Elle y courrait les plus grands u périls. — Cet avis était vrai et lo) al. M. Garnier-Pagès le devait ■ à U. 0. Barrot. Jusque-là ih avaient marché ensemble; mm le « moment prévu dès Torigine de la campagne des banquets était « arrivé. 1^ radicani, n*ayaiit jamais rien abandonné de lears
• principes, élaient toujouîs libres de les proclamer. U* Gamier- « Pagès voyait enfin devant lui le bot de toutes les pensées* do « tons les vœux de son ftme; il crut pouvoir Patteindre; il s'y « élança. — Citoyens, dlt-il d'une voix qui fil taire le tumulte» «I le peuple est 80u?erain. Il est le maître de ses destinées. Il sortira «i victorieux de la latte* la Uépubliqne est le réve de tpt^ie ma ff vie. J^aurais accepté tm gouvernement de conciliation ; mais « puisque la République est possible* il faut procéder régulière- « ment : il fait organiser le pouvoir» i» Et c'est ainsi que
' H. Gamier- Pagès échangea ses fonctions de ministre des Finances de la Régence contre celle de maire de Paris de la République I
Ion Barrot eût accepté» et de qael œil le people eût vu ie sans-géne avec lequel on disposait de sa souveraineté (1).
Mais M. Oïlilon Ban'ot eut la prudence et le bon f^oùt de refuser, en confiant toutefois à M. Garnier-Pagès sa pensée secrète, qui était a d'empêcher que ia Révolution ne devienne, «do politique, révolution sociale. » M. Garnier*Pagès se conforma religieusement à ce mot d*ordre«
Tous les contemjiorains s'accordent à dire qu'il fut un des membres du gouvernement provisoire qui combattirent le plus vivement la proclamation immédiate de la République. Dans le Conseil, aMI fallait en croire les récentes allégations de M. Garnier-Pagës, il aurait insisté plus vi-* veuieni que personne, au contraire, pour cette proclamation immédiate : « Sa résolution à cet égard est tellement « forte, aurait-il déclaré, que si la République n'est pas
(1) Voici comnit ru s*" exprime M. Garnier-Pagès dans la lettre n qu'il adressa à celle occasion à M. 0. Barrot : « Les «''v^^nenients « ont dépassé vos (ou nos) prévisions. Une nonvelle i { voluiion est « sortie de la lutte. Plusieurs de nos honorables collègues et moi « nous avons cru devoir accepter du peuple la pénible mission de V former un gouvernement provisoire. » C'était donner une inicrprétaiion un peu élastique au mandai populaire : mais M. Garnier-Pagès se Liissaii entraîner par les usages parlementaires. Il pensait que le peuple l'avait chargé de former loi gouvernement provisoire, comme 1<* v<n eût pu le charger la veille de former un ministère. — Voici comment M. Carnoi, dans son Mémorial de 1848, rappoi Le sa propre démarche auprès de M. Barrot : v Pénétré « d*esiime pour le chef de la gauche, j'insistai vivement auprès a de lui pour le rattacher à la cause qui venait de triompher. Il a parut touché de ma dtjrnarche; niais sa réponse fut celle ci : Ce u qui se fait dépasse tous mes vœux, toutes mes prévisions. Je ne « puis pas vous suivre : je ne serais pour vous qu'un obstacle. « Laissez-moi rentrer da ns Tobscurité, du moins pour quelque « temps. Mais si la France a besoin d'un soldat, vous me trou" « vent toujours prêt à combattre à vos câtét, » La conduite postérieure de H. Barrot montre comment il l'entendait : on sait quelle ardeur il mit k combatire la Réfolation. Et c'est lui que rott eût voulu aopeler à la tèle de cette révolutioal
M. GARNI£R-PAGë3 191
il Àrnmédiatemeni proclamée par le gouoernement prevùmre, » a il se retirera. »
M. Garnier-Pagès, nous l'avons dit, s*est appliqué îi travestir com plaisamment Tbistoire pour faire un piédestal républicain à ses nouvelles ambitions. Mais si.l-on veutsa* voir quel fat son rôle véritable an gouvernement provi* soire, il faut se reporter à un document contemporain dont M. Garnier-Pagès pourrait moins que personne suspecter la parfaite sincérité ; il faut se reporter à sa propre déposition dans l'enquête Quentin-Baucbart , faite en juillet iShBf sous rimpression même des événements, et alors que, ses ambitions étant conformes à son aiiilude, il n'avait aucun intérêt à en altérer en rien le caractère. Or voici comment s'exprime M. Garnier-Pagès dans ce documéàl^ authentique :
u Le gouvernement provisoire s'est trouvé etitôéré p'a^f <i le peuple qui venait de se battre et qui demandait sâtis- « faction pour ses intérêts matérieis.ll la demandait en ar- <( mes et traduisait tout par ces mots : la Révolution s*est « faite par le peuple, il faut qu'elle soit faite pour le peuple « et dirigée dans son intérêt exclusif. Dès ce moment le (( gouvmiement provisoire dut lutter contre cette tendance^ (( et lutter sans forces, sans armes, avec sa seule iailueuce « morale.
« Outre cette immense difficulté, se trouvaient dans le « sein dn gouvernement provisoire des éléments diveps : « l*llémenl socialiste, représenté par Louis Blanc et Albert, H et l'élrraent républicain plus avancé que nous,représf Dîé (( par Lcdru-Roilin et Flocon; en iorte que^ depuis le « 24 février jusgu^au 24 /um, nous avons été en lutte per» « pétuelle, ))
Oui, depuis le prf^n^ier jour la lutte s'engagea entre le parti de la Révolution et le parti de la réaction (1), et Tin-
(1) (c Dans le sein du gouvernement provisoire la conspifatioo
192 LKS fiOMM£S DE 18^8
surreciion de juin fut le dénouement flanglanide celte hitte.*
M. Goucl( liaiix, non moins sincèro que M. Garnier-Pagès, dltyioyaloneDt dans Fenquéte Quentia Bauchart, qu'il avait prévu i'effusion du sang et Tavait toujours regardée comme inévitable. Il valait mieux, seloh lui, qu'elle arrivât promplement : ((Si on s'étaiLbaUu en mars ou en avril, on n'eût eu (( qu'une escarmouche. » Que devioniient, en présence de ces aveux, les éloges que se décernent complaisamment les membres du gouvernement provisoire d'avoir pncifié iet esprits.et résolu toutes les difficultés imminentes de la situa* lion? Tout au plus fauclrail-il leur savoir gré d'avoir ajouiaé. lu luilei m quel gré? Quand cet ajournement n'a fait que la rendre plus cruelle, qtie rendre ses conséquences plus terribles pour tous lés intérêts* et plus épouvantables pour le peuple, joué et Irompô pendant quatre mois par des promesses illusoires! Les massacres de juin! voila donc la conséquence et le fruit de quatre mois de misère mis généreusement au service de la République]
De tous ceux qui ont plus ou moins trempé dans la res-* ponsabilité de ces événements, M. Garnier-Pagès avec M. Marie sont les deux hommes dont le rôle fut le pius odieux. Tandis que les autres ixircnt eolrainés par les circonstances et dopes de leurs illusions ou de leur imprévoyance, M. Garnier-Pagès, — - nous ferons plus loin la part de M. I\lai ic, — M. Gai nicr-Pagè?, qui, dès le premier installé averti par M. Odilon fiarrot, eut conscience de la
« nvaîl commencé dès le 27 fiîvrier. Dans celle dieUiUire qui ne ¥ lui ni dccrclée par le peuple, ni concpiise par ceux qui s'y glis- « sèrenl, les membres les plus contestés donnèrenl le branle. Les w conservateurs médilèrent les premiers sur les moyens de se déa barrasser de lnus collègues d'opinion plus avancée. Le but de « ces conspirateurs du parti de l'ordre était de former une Hépu- « blique conservatrice h riniayc du gouvernement de Louis-Phi- « lippe. » (VI. Castille, Hisloire de la seconde République frantaise,)
U. GÂlUNIi:;R -PAGES
lotie et s'y engagea résolùmeat» poursuivit avec une pré^ méditation implacable et avecuo acharnement féroce la:
défaite de celle Révolulion et de ce peuple qu'il flatle aujourdMiui.
Le 15 mai, il viut exalter toutes les craintes exagérées et toutes les dispositions réactionnaires de la majorité en annonçant les mesures vigoureuses et énergiques prises par
le gouvernement, et il provoqua ses acclamations chaleureuses en inaugurant l'opposition de la RépulAique fenney honnête €t modérée h \^ République démocratique, opposi^. , lion heureusement inventée h l'abri de laquelle la réaction plaça depuis toutes ses manœuvres. Il faut citer, d'après le Moniteur, ce petit morceau que Al. Garnier-Pagès s'est bien gardé comme de juste de reproduire dans son Histoire de la ré&olution de 1848 et qu'il eût dû cependant placer en téte de son ouvra comme épigraphe pour illustrer le
rôle qu'il a joué dans ces cvriienients :
« Le citoyen G armer-Pages. — Les clubs qui ont conspiré « sont fermés {marques d'cmentiments). Nous respecterons
' c( le droit de réunion, car c'est an droit de réunion (( qu'est due la glorieuse révolution du 2h février; mais «les clubs qui se réunissent en armes, qui se réu- (( nissent menaçants, qui menacent sans cesse d'envabir <( l'Assemblée nationale , ceux-là nous les dissl^ierons. a {Très-'bien) l Nous les poursuivrons. {Applaudisse-' ({ ments,) Nous sommes décidés à donner de l'énergie ;m « pouvoir [Très-bien\] ou nous donnerons notre démis- (( h\Qn\Plusieur^ roi.2;;Yuus ne la donnerez pas.)Nous avons « agi avec énergie, nous continuerons d*agir avec la même
• « énergie ; oui, nous voulons tous une République ferme, u honnèle gL modéi ée. {Bravo ! bravo !) C'est la Hépubli- « que que la France veut, elle n'en veut pas d'autre. (Toule « l'Assemblée se lève en poussant un cri unanime de Vive c< la Jtépubligue! Tous les membres se tournent ensuite
104 LBS HOMMES DE 1B/|8
« vers les tribunes qui sont remplies de gardes nationaux, « et crient : Vive la garde nationale! Ceux-ci leur répon- « dent avec beaucoup d'énergie : Vive 1* Assemblée natio-
(i 7ialeî) »
Le lendemain 16 mai, M. Gnrnier-Pagès complète ce bulletin belliqueux, en annonçant la dissolution des Montagnarde, l'arrestation defiarbèB» Blanqui, Albert et plusieurs autres qui vont être immédiatement transportés à Vfncen-
nes, el le v^)\)iA dfMinilif l'année : a Notre bravo et glo- <( rieuse armée, qui tiiut déjà appelée ti l^ai is par le vœu, (( le vœu unanime du peuple et de i'Asseaiblée nationale, « {TrèS'bienX) cette brave armée, avec laquelle nous avons a tous fraternisé, car elle est du même sang que nous, elle ({ est composée de nos frères ; notre brave armée a été ap- « peiée ici ; on a donné à tous les régiments qui entourent (( Paris Tordre de se rendre à Paris. {Très-bien î trè^ « bienl) »
Le 23 juin fût le grand jour de M. Garnier-Pagès ; il
déploya, ce jour-là, en pai oies toute cette exaltation féroce de la résistance, avec laquelle se grisent en face du danger les gens faibles et peureux qui veulent paraître énergiques et courageux. « // faut en finir^ » s'écrîait-il aux bravos do r Assemblée affolée comme lui par le double aveu^^leraent de la peur et de la réaction, <( il faut on (inii avoc les agi- « lateursl Des mesures vigoureuses ont été prises; mais f( il faut se hâter et des mesures plus vigoureuses encore « vont être prises. » Plusieurs membres : « Lesquelles? (( lesquellcô ! Dites-les ! M, Gamier-Pagès : (( Cea mcsu- <( m, c*cst le canon. Demain, poursuivil-il avec jactance, (( nous irons avec force mettre un iermekctiià insurrection . « que l'on ne peut comprendre, qui prend tous les dra* « peaux, qui n'en avoue aucun, qui est un parti payé, un <i pai li soudoyé elqui renferme dos principes d'anarchie de « tout genre. Demain, nous somtnes surs de termiuet ces
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M. GABHIBR-PAGftS
« fatales journées... Nous venons vous dire que nous allons ii marcher là où i*on fait les barricades» pmir les détruire « fum-'mêfnest à rimtfmt. » C'est ^tesque autant que
c'est atroce!
M. Garnier-Pagès glissa dans ce sangl Ces paroles el ces bravades ne suffisaient pas : il fallait des actes et l'Assemblée écarta ce déclamateur sanguinaire pour remettre la dictature aux mains du général Gavaignac qui, lui, exécuta sans phrases T horrible besogne !
M. Garnier-Pagès ne pardonna pas au général Gavaignac. Après lui avoir fait pendant longtemps une opposition sourde, il éclata lorsqu'il jugea le moment favorable, et ce > furent ses accusations appuyées par MM. Barthéleiny-Saint- Hilaire, Duclerc et Pagnerre qui valurciil au général Gavaignac la fameuse apothéose parlementaire du 25 novembre. Ces attaques, dictées par une basse rancune mise au service d'une intrigue misérable, étaient surtout déplacées dans la bouche de M. Garnier-Pagès : l'homnie qui pendant quatre mois avait attisé le feu de la guerre civile voulait en rejotei , sur le général Gavaignac seul, toute la responsabilité I Mais du reste, il se gardait bien d'appuyer la demande d'amnistie, proposée avec tant d'à-propos et de générosité par M. Ledru Rollin,corame la véritable nioraHté el la meilleure conclusion de ce déball M.Garnier-Pagès enviait le rôle de M. Gavaignac ; ce n'était pas Pborreur du sang versé qui dictait ses récriminations, c'était le regret du pouvoir perdu, c'était le regret de n'avoir pas recueilli le iruil de ses provocations.
Malgré le service important qu'il avait rendu k la candidature du prince Napoléon par ses attaques contre le générai Gavaignac et malgré l'avènement au pouvoir de son ancien patron M. Barrot, M. Garnier-Pagès ne put pas trouver, sous la présidence, l'emploi de ses services. Par son altitude constante à l'Assemblée constituantei — il ne vola jamais une
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seule fuisavcc la gauche,*— il mérita d'obtenir iepairoanage (lu comité de la rue de Poitiers pour les éleelioas à TAssemblée législalivei mais, malgré cet appui, il ne fut pas élu.
Nous venons de tracer le caractère de T homme : voyons ntaintenaot ce que fut son adminiâlratioa des finances de la République,
La ii.onarchie de Juillet avait laissé les finances dans un élat relativeiiiciit alarniant, rendu dilTicilc surtout par la crise du 2k février. Il fallait prendre des mesures immé* diates pour rétablir le crédit. En se plaçant au poiotde vue des intérêts conservateurs, la première chose à faire et la plus décisive était de donner confiance dans Tavenir de la République ; mais l'indécision du goîivernemenl pruvisoire, et ce caractère provisoire même qu'il donnait avec affectation à toutes SOS mesures n'étaient pas faits pour calmer les Inquiétudes. On pouvait encore rétablir l'ordre dans les rinanc':is en prenant quelques lucsurcs révolutionnaires que comportait et qu'appelait la situation : le changement de Fassielte des impôts, la réduction du budget par la diminution dés emplois inutilest par la simplification des rouages cenlraUsatéurs, par la réduction ou ce qui eut été mieux encore par la transformation de l'armée, par la suppression du budget des Cultes. Mais le gouvernement provisoire n'avait garde d'entrer dans cette voie radicale, il repoussa également avec une fermeté qui lui fait honneur ' les moyens violents qui lui furent proposés par de grands financiers, qui étaient et qui restèrent les api)ui.s ies plus a dents de la conservation et de Tordre : l'emprunt forcé sur les riches et la banqueroute (i).
(1) Un incident» dans la séance de l'Assemblée consiUuanle du
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M. GÂaKiER-piGfts 1:97 Le gou?eriiement provisoire n*avaU done rien de ce
qu'il failaU puur parei- aux nécessilés réelles de lasilualion : Tinexpérience des lioaniies qui le composaient el Texagéraiion qui leur élail habiiuelle allaient au coairaire .les grossir icnaginairemeiU au ((ei& de loole mesure»
Le portefeuille des FÎDances fut d'abord conGé h II. Goudcliaux, financier estimé, mais sans connaissances adiniiiistra- UveS) caractère honnèle,mais espril étroit, imbu de tous les préjugés réactionnaires, et républicain de circonstance. M. Goudchaux, déjii fort ému de la lourde responsabilité qui pesait sur lui, fut complètement lerroriséparragitation révolulionnaire qui était un des embarras de la situation, niais qui pouvait aussi en devenir Tauxiliaire utile, qui était dans tous les cas un de ses éléments nécessaires. Il ne voulait d'abord consentir b aucun prix à entrer dans un î;ouvernement dont feraient partie MiM. Louis Blanc, Ledru- Rollin et Flocon ; ce fut lui qui fit l'opposition la plus épou*
il avril 1849, amena M. Goiidchaux à déclarer (ormellenieni a la tribune que M» Fould élail venu lui proposer de suspendre les payements des renies échues le ^-2 miirs et le 22 septembre, ca qui eûl équivalu a la liatH^ueroule. .M. l oiild uia le fail cl dit qu*il avait seulement blâmé ranlicipalimi du payemeiil. Mais l'aflirmalion de M. Goudchaux fut conilrmcf par MM. Ledi ii-llollin, Arnïand Marrasl, Créniieux et Heiliuiofil. M. Lcdru-Hollin. révéla en outre que M. Dclamarre, le banquier propriclaire de la Patrie^ l'iait venu lui proposer de falie souscrire un empiuni forcé de 30 millions par les plus riches capilalisles de Paris qu'il se chargeait de désigner. « Il faudrait, lui aurait dit M. Delamarre, faire « appeler ici, au ministère de rinlérieur, ces capitalistes, leur « faire souscrire un engagement et ne les laisser sortir qu'après « l'engagement souserit. » Ces propositions furent repoussées avec indignation par les membres du gouvernement provisoire. Cl Ton peut rappeler à ce propos une lelire de M. L«ouis Blanc publiée le mars (lar tous les journaoxi dans laquelle il proteste vivement contre l'idée que quelques personnes Ini ont prêtée d'obliger la maison Rostchild 11 mettre, h la disposition de la RApnbruiut , les capitaux dont elle aura besoin.
vaniée à la préiention populaire d'arborer le drapeau rouge; il avait horreur du sodaHame et regardait la créaiioo de In commission do Luxemlyourg comme l'abomination de la
désolation : il ne voulait consentir à la rédaction d'aucun impôt, s'opposa de toutes ses forces à rabolition de Timpôl du timbre sur les journaux et de Timpôt sur le sel, et se retira le 6 mars, outré de l'abolition de ces impôts^ arrachée au gouvernement provisoire par les exigences impérieuses de la situation. Touti^s les soUiciialioiis lurenl iinpiiissantes à détermioer M. Goudchaux h retirer sa démission, dont la nouvelle pouvait produire la plus fâcheuse impression. M. Goudchaux toutefois, avant de déposer son portefeuille, cherche à rassurer les créanciers de l'État, en arrêtant que le semestre des rentes échu le 22 mars serait payé le 6. Ce payement anticipé produisit au contraire un très-mauvais effét.
M. Garnier-Pag^s, dont la profonde incapacité n'avait
d'égale que son extrême suffisance, accepta sans iiésiter l'héritage difficile de iVI, Goudchaux. Le premier acte de hU Garnier-Pagès fut d'exercer une retenue sur les déposants des caisses d'épargnes, qui étaient plus intéressants cependant que les rentiers de l'Etat, vis-à-vis desquels on venait de se montrer si libéral. Cent iVaiics en espèce fut le maximum du remboursement accordé à tous les déposants : pour ceux qui demanderaient un remboursement supérieur, le gouvernement offrait dérisoirement des bons du Trésor qui subi.-saient une perle considérable, ou de la rente 5 p. 100 au pair, quand celle rente était coté k ia Bourse 77 et allait tomber h 55 francs. Ainsi on faisait tomber tout le poids de la crise sur les travailleurs qui se trouvaient depuis le SU février et pour longtemps encore s ii;s ressources et sans travail, et on favorisait les rentiers ilu 1 Élat auxquels leur position permetiait de supporter fuciieuieut une gène d'argent momentanée !
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