‹ Les hommes de 1848Chapitre 2 sur 46 · LES H0M&1£S D · texte numérisé non relu

LES H0M&1£S D

« quel rôle a pris M. Granier, l'ancien rédacteur en chef (t de VEpoquet Le président est obligé de le blâmer sévèa remeiU pour sa coQduile dans la salle des témolDs. L'aie vocal géoéral lui reproche des contradictions mons- <f Irneuses dans sa déposition. Le magistrat, en résumant « les débats, est plus dur encore : Le sieur Granier {de Casa sagnac) demande^ à être entendu par le juge d'instruction^ « U affirme qu'il na pas prêté ses pistolets : Jh HSHT... a Et deux autres affirmations sont deux autres mensonges. « Ce même homme, ainsi traité en Cour d assises, avait été « condamné la veille à payer une dette qu'il niait, et son « adversaire lui avait adressé publiquemoiu le reproche « d'être un infâme impudent!, » . Tel est l'individu qui jouis* u sait de la confiance et des faveurs illimitées de MM. les « minisires, le grand défenseur de leur politique, le seul a écrivain de quelque talent employé dans ce journal établi a pour recevoir les confidences ministérieilea et vanter les tt hautes vertus du 29 octobre I M. Granier est entré siavant a dans ces confidences qu'on peut le désigner comme ayant a offert de vendre un projet de loi 1,200,000 francs, saas « que le parquet éclaircissc l'affaire. £n vain on précise le « fait, les témoins» les circonstances* H. Granier est pro- « tégé contre la morale publique et contre la lot; car^îl « importe avant tout qu'il ne soit pas tenté d ajouter aux « scandales en révélant ce qu'il sait(l). »

(1) Après la chute de son ancien pairou, M. Granier de Gassagnac voulut offrir ses services à la République. La note suivante du journal le Monde nous apprend comment ses avances fur«it

accueillies :

« Nous recevons de Plaisance (Gers) une lettre signé d'un n0m « respecté, qui nous apprend une incroyable nouvelle, et pourtant « une nouvelle certaine» Au milieu d'une réunion préparatoire de a deux mille élecieurs, oii Ton devait entendre la profession de « foi de plusieurs candidats, on a vu, en avril 1848, &ix semaines « après l'expulsion de M. Guisol! apparaître à la tribune, pour solli*

ODfLON BàhROT

C'est 801IS ces auspices que s'ouvrit la session dé 1848. La discussion de Tadresse fut remarquablement vive; ce

fut une vérilable mise en accusation du gouvernement. M. Odilon Bcrrot ouvril le feu en interpellant le {ninisière, sur uûe aifaire de concussion nouvellement révélée^-celle de

a cher les suffrages des républicains du Gers, qui?... M. Adolphe « Granier de Cassagnacî Pas li'est besoin de dire que, liué, sifflé, « bafoué, conspué, le roi des drôles^ avec sa prolessipn de lui ren- « trée, a Lié jelé h la porte.»

L'heure de M. Granier de Gassagnac n^étail pas encore venue. Il ropnraU un an après, en avril 4849 par une lettre adressée au Mémorial bordelais dans laquelle il attise en ces termes sauvages les liai nos et les terreurs de la réaction : « 11 lnut, écrit-il, non a pas réIuU r le socialisme, mais \e supprimer* La sucicié est en tt présence du socialisme couiuie en présence d*uu ennemi capital « et implacable ; il faut que la société Fanéafitissc ou qu'elle soit it anéantie. Dans ces tenues toute discussion se réduit à une lutte « et toute raison k une arme. Que lail-on vis-à-vis d'un ennemi ir- (t réconciliable qui se dresse devant vous et qui vous apporte la V. ruine et la mort? Fait-on de la controverse.? iSon; on fait de la « guerre» Ainsi la société doit se défendre contre le socialisme, m non par des raisonnements mais par la /orce. Elle doit non pas « discuter ou réfuter ses doctrines, mais les supprimer. Gela me « pamll plus clair que le jour. » M., de Gassagnac « jure Dieu» que celle extermination des socialistes ne se fera pas attendre m tant que ceux qui pensent comme lui auront la ressource d'un « fosil ou d'une fourche. »

Dans la séance de l'assemblée conslîtuanie du il avril 1849, M. Léon Faucher ministre de l'intérieur, interpellé sur TinterventioD illégale de la police dans les réunions électorales, crut devoir, animant une tactique habitiieUe à tous les gourer nemenis, dénoncer des propos înoeadiaîres qui auiaîent été tenus dans ces réunions» II. Ledru-RoUin lui répliqua : m J'ai posé une question de droit, ■ vous y répondez par des faits puisés je ne sais où et je ne sais « dans qud sentina Je vous parle du droit électoral, de ce qu'il « a de plus viyaee et de plus saicré, et vous me répondez par des « rapports qui peuvent contenir les paroles de je ne sais quels m agents provocateurs. Vous dites qu'on a parlé d'anéantir les « hommes qui seraient les ennemis du principe démocratique, vous

8 * UB BOMIIBS DE 1848

M. Petit, ex-receveur des finances à Gorbeil, qui avait publié un mémoire» pour apprendre comment il avait dii achetor 8O9O6O f raocftaoedémissioii de référendaire à la Gôar des Comptes, M. Odilon Barrot foudroie M. Guixot parées paroles : « Il y a longtemps que je savais que nous ne nous « comprenions plus en polilique ; mais je croyais que nous « pouvions encore nous enteifdre sur les choses d'honneur « et de BMkralité. s M. Gulsot ne peut que balbutier des excuses, en se rejetant sur les usages, sur les précédents, en faisant honneur de Tindienalion de ses adversaires aux progrès de la moralité publique 1 £t il présente un projet de toi pour préiaiir le retour de semblables actes à l'avenir, M. Dttiaure mivre une issue, en proposant de déclarer que les actes étaient coupables, mais que leurs auteurs ne l'étaient pas. Mais M. (îuizot resta sous le coup d'un sar* casroe lancé par M. Lherbelte, contre les « Tartuffes de « proiMté politique, s et de cette apostrophe écrasante de

« dites qu'oQ a parlé de les repousser par la force... Ce langage, « loui blâmable qu'il serait, n'est dans tous les cas qa^aoe rcpré> « saille. Vous avez po lire tous dans les jouraaux, la profession « de foi d'im prétendu €aididat« h qui je ne veux pas liaire Thon- « neur de prononcer son nom ici \ la tribune... Xkpprdkaiion à « gauche. — Chuchottements* » C'est Chranier de Castagnae!) « Eh bien, cet homme qui, pendant qn'il a tenu une pleine, n'a m iamsis cessé, vous le savez bien, d*élre un agent provocateur ; c cet homme qoî , au 24 février, comme tant d'autres, au lieu de « défendre ses maîtres, s'est caché, voici, aujourd'hui qu'il croît « que c*en est fait de la République, voici le langage qu'il tient : ■ Et M. Ledru-RoUin cite les paroles reproduites plus haut

M. GrsDÎer de Cassagnac fut appelé peu de temps après ^ la rédaction en chef dn CanstitutiohneL II se fit l'apologiste du Gonp d'Etat, et il est devenu un des appnift les plus ardents du second empire qui Ta fait chevalier, puis ofticier de la Légion d'honneur. EnÛn il fut nommé députa nu corps législatif après 1851. Sa fortune sous IL Houlier en 1868 est beaucoup plus élevée qu'elle le fut jamais en 1847 sous M. Guiiot

ODILON BABROT 9

fâ. 0. Barrol : « Que la majorité vole pour Vous, et qJSB le « pays prononce ensuite sur nous loua ! 1) - * -

M. Billaull, dans un discours qui est un véritable réquisiloire» développe uu amendement ainsi conçu : u Nous a nous associons au vœu de votre majorité, en demandant « avant to»t, au gouvernement, de travailler sans relAche à « développer la moralité des populations, et de ne plus « s'exposer à V affaiblir par de funestes exemple;^ )) .

M. Léon Faucher ailaque la question des finances; le gouYeraement, malgré sa promesse formelle, venait d'émettre un nouvel emprunt : et La situation financière, dit « M. Léon Faucher, préoccupe tous les esprits ; elle est peul- (lêlre plus grave que notre situation politique. En tout cas, a elle est signalée par les mêmes caractères : c'est le même «relâchement dans l'administration, le même désordre « dans les faits ». M. A. Fould exprime les mêmes craintes avec une égale énergie : « Nous avons engagé nos finances, « et aujourd'hui nous nous trouvons en face d'une silualion a grave, compromise uniquement par notre faute. » Vainement le ministre des finances, M. Dumont , essaye-t-il de justifier le gouveniemenl. M. Thiers monte à la Iribuno tt pour éclairer le pays sur les dangi^rs qu'on cherche à lui a cacher. » Il expose, avec sa lucidité ordinaire, l'état réel de lasiloalîon : — Un budget ordinaire de 1,600 millions, un budget exti aordiiiairG de 1 uiiliions, une dette floUanle de 750 miliiofiS dont Taugmenlation avait été de 300 miiiions pour les cinq dernières années. L'impôt de chaque année ne couvrait pas les dépenses ordinaires. Que faisait-^n pour combler le déficit ? On absorbait d^avance les réserves de rnmonissi mont, cl on était poussé à porfcr la dette flottante à une proportion dont l'imprudence était démesurée.

Voici ce qu'on avait pris, dans les huit dernières années,

à l'aïuortissemenl et à l'emprunt : •

649,719,637 fr. 62 G.

10 LES HOUUSS D& 1848

Sur les fonds destinés au rachat

da 5 0/0. . . 632,5:^1,486 fr. 66 c« du 4 1/2. . . 4,817,215 13 du 4 0/0. . . 12,380,935 23

Et de plus on avait emprunté,

En 18U, .... 150,000,000 fr.

En 18U, .... 200,000,000 \ 600,000,000 fr. »

ËÛ.1847 250,000,000

n avait donc été dévoré unèsommede 1,249,719,637 fr.

La dette inscrite en 1830 était de 218 millions; en IB/jS, elle était de 240 miUions^ La dette ilottante avait été portée de 270 roiliiODs à 960 millions. La royauté de Juillet avait dépensé, en moyenne, 122 raillions au delà des ressources ordinaires qui elles-niêines n'avaient fait ques'accroili eil).

«Sinouscootiiiuooslongtempsencore, concluait M. Tliiers, a (on peut le redouter à entendre ce que disait le rappor- « teur du budget et la réponse du ministre) si nous con- « tinuons encore longtemps sans changer de conduite, « soyez-en convaincus, vos finances marchent vers une « catastrophe. » L'effet de ce discours Tut immense. Voici comment le National en résumait Timpression : « Quel (f li( ritage laisserez-vous au pays? quel est le dernier terme, a prochain peut-être, de voire sy.slcme? 11 faut dire le « mot, c'est la banqueroute. Avec la durée de ce qui est, a il n'y a pas d'autre issue : la banqueroute par la paix, (I la banqueroute comme résultat presque inévitable de « celle politique d'ordre. »

• (1) Ces chiffres étaient énorines pour répoque. On nV qu'il les eomparer lux chiffres publiés récemment des budgets du second empire {la Marée montante, par Achille Uercier,le Bilan de l'empire pac Horn, les Déficits, par AnainTar'^é), pour se conTaincre que nous avons fait des progrès depuis cette époque. Aujourd'hui ou ne s'émouvrait plus pour si peu.

Une campagne non moins vive est dirigée contre la polilique extérieure du Cabinet qui, en Italie et en Suisse, a sacrifié complètement la cause de la liberté et de la Révolutiou. M. de Lamartine se fait I*ap6tre ardent de la nationalité italienne : il appelle avec enthousiasme le jour de la résurrection de l'Italie, et saisissant corps à corps le ministère: u Pouru quoi abandonnez-vous Tllalie? Pourquoi étes-voas rejetés « forcément dans des alliances antipathiques à voitB na* « ture coiislilulionnelle et libérale dans le monde, comme (( à votre situation géographique à côlé de la Suisse et de .« TKalie? Pourquoi ? C'est que votre poliiiquei permetlezii moi de vous le dire, elle n'est plus à vous, c'est que (r votre politique est engagée à Madrid parles mariages es- « pagnols, c'est que votre politique, vous avez été obligés ce de ia brûler derrière vous avec toutes vos alliances na- « turelles et toutes les sympathies des peuplée, le jour où « vous avez fait cette concession à un intérêt que M. Thlers « appelait si justement un autre intércH que Tintérêl nau tional, à un intérêt que je ne veux pas caractériser. De « ce jour, toute votre politique à été une politique cpntre a nature, toutes vos alliances ont été condamnées à être « des contre^sens. Vous avei été obligés de porter partout « la faiblesse à vos amis et à vos principes, secours et force c( è vos adversaires et à vos ennemis. Voilà la vérité : et tt vous n'êtes pas le premier gouvernement auquel cela est m arrivé. Pensez-y bien 1 n M. Odilon Barrot vient s'assocîci- aux paroles généreuses el ardentes de M. Lamartine: (c En résumé, messieurs, dil-il en terminant, et puisque (( chaque opiuioo a sa responsabilité, et je ne récuse psis « la mienne, je ne crains pas de prendre sous ma responir sabililé entière les deux propositions suivantes : Sur la f( K'conslitulion de Tindépendance italienne, de la pairie a italienne, liberté d'action pour mon pays, selon ses in- « téréts, selon ses sympathies. Sur la question :d'intei^ven«

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« t!on armée de l'Autriche contre les institutions libres des (I autres £tals, nécemté^ obligation^ devoir d'honneur pour HL la France de $\ opposer ^ au besoin mime, par les armes. « Ce sont là deux propositions que je tiendrais à maintenir, « prenant la responsabilité de ces propositions, et je ne « crains pas que mon pays me désavoue. )> A une séance saivantet à propos de ia question du Sunderluindi M. Odi* loo Barrot réitère an gonyernement l'avertissement qui Ini avait été précédemment donné par M. de Lamartine : « Eh bienicrovez moi, dans un intérêt de conservation u arrète2| arrêtez le gouvernement sur cette pente fatale 1 « C'est une étrange destinée que la sienne : issu d'une ré* H volulion populaire, issu du sentiment de liberté, d'indé- (( pendance nationale, de cette grande vérité que les peu* tt pies sont maîtres de leur sort, voilà deux fois dans sa « carrière qu'il se trouve tristement et fatalement amené à (t intervenir contre des peuples faisant valoir leurs droits ; <c et cela, parce qu'ils ont eu le malheur d'avoir un carac- (( tëre libéral ! »

M* Thiers veut aussi prendre sa part de ce débat, et il dépasse encore ses collègnes dans l'expression de ses sympathies pour a celte noble contrée qui, en ce moment, se « débat sous la main de maîtres impitoyables. )) « Î/Italie, « malheureusement, Titalie doute de nos sentiments pour « elle ; lorsqu'elle a besoin d'espérance, ce n'est plus vers « nous qu'elle tourne ses regards. C'est un malheur pour « elle, c'est un malheur pour nous! Il importe qu'elle ne « doute pas de nos sentiments; il importe qu'elle sache que M ses souffrances, que ses espéruices rencontrent ici d'ar- « dentés sympathies. Je voudrais que ma voix ait une force « qu'elle n'a pas pour dire aux JLaliens: la France vous « aime; elle vous aime comme une contrée longtemps as- « sociée à ses destinées l II faut que l'Italie sache qne la « France lui souhaite d'être indépendante, libre et heu-

tt reuse... Certainement nous ne devons pas porter la li* a berlé violemment, ni perfidement nulle part : mais nous « ne devons pas souffrir qu'on vienne l'étouffer avec des a baïonnettes pnriûut où elle se sera développée, coniine a riierbe pousse au printemps. Là je le répèle, elle est a sacrée* et la France ne doit point souffrir qu^on y touche. »

La contradiction des antécédents de M. Tbiers^ leur caractère conlre-révolotionnnire enlevaient bien un peu dé sa force h ce discours, et M. Guizo». put lui adresser vîctorieusemeut celte réponse cruelle : a qu'entre eux il n'y a avait de différence que la différence des situations et « qu'à sa place M. Thiers eût agi et parlé comme il paN « LiiL et agissait lui-même. » Mais celte déclaration que M. Thiers fil avec une certaine émotion né laissa pas que de produire une très-vive impresi^ion.: <c Je ne suis pan ra« « dical : messieurs les radicaux le savent bien, et il suffit « de lire leurs journaux pour s'en convaincre. Mais en- « tendez bien mon sentiment : Je suis du parti de laRévo- « lution, tant en France qu'en Europe. Je souhaite que le « gouvernement de la révolution reste dans les mains des « hommes modérés. Je ferai ce que je pourrai pour qu'il « continue à y être. Mais qnmd ce gouvernement passera « dans les mains des hommes moins modérés que moi et « mes amis, dans les mains d'hommes ardents, fùt«ce les u radicaux, je n'abandonnerai pas ma cause pour cela. Je « serai toujours du parti de la Révolution. »

C'est sur la question des banquets que se livre la grande bataille. M. Duvergier de Hauranne, qui prend le premier la parole, résume tous les griefs contre le ministère, « Pour et moi, ce qui me confond, dit-il, c'est qu'après de tels « exemples, après de tels scandales, vous vous étonniez « que chaque jour les classes qui gouvernent deviennent «l>lus suspectes aux classes qui sont gouvernées; ce qui a me «oofood, c'est qu'il vdtts paraisse singulier qu'entre

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« les unes et les autres un abîme se creuse, et que sous nos «pieds mêmes des. idées funestes, anarchiquesy anti-soft ciales fassent quelquefois explosion. Vous diies, je le sais, a que ce sont nos journaux» nos discours, nos banquets, qui « font cela. Eh bien! nous disons, nous, que ce sont les « doctrines que vous professez, la politique que vous pra- (( tiquez, les exemples que vous donnez, » Puis abordant le fond ménte du débat et la prétention nouvelle émise par le ministère d'interdire les banquets : « Â-t-on, oui ou non, « dans un pays libre, le droit de faire appel au pays con- « tre les majorités parlementaires? A-t-on, oui ou non, <i le droit de se réunir pour exprimer son opinion sur les « alTaires communes? Voici, messieurs, le vrai point du « débat... Puisque vous voulez interdire les banquets, osez « donc proposer une loi qui élende, qui complète la loi « des associations. Osez faire en 1843 ce qu'où n'a pas fait « en 1834» au milieu des émeutes et en présence d'une 0 vaste conspiration ! Osez démentir ainsi toutes vos pa* (( rôles, toutes vos promesses, et prouvez nne fois de plus <( au pays que nous sommes à Tintérieur comme à Texlé* ((rièur, en pleine contre-révolution. » Au discours de MM. Du%ergier de Hauranne, Marie, Grémieux, de Malleville, M. Duchàtel répond par ce défi : « Je n'Iiésite pas à « dire que l'on se iroaipesi Ton croit que le gouvernement, « accomplissant son devoir, cédera devant desmanifestations « quelles qu'elles soient; non, H ne cédera pas.» — « Vous « avez des mots malheureux, s'écrie M. Grémieux,» vous vous « servez des propres expressions de Charles X. » M. Odilon Barrot réplique à M. Duchâtei : « Il y a quelque chose de « pénible, je dirai même d'humiliant pour moi, d'èlre ap> (( pelé à défendre aujourd'hui, en 18/|8, dix-sept ans après « la révolution de Juillet, contre le gouvernement issu de de celle révolution, le même droit que j'ai exercé sous la « Restauration, à la veille de la révolution de Juillet, dans

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a les circonstances politiques les plus graves, lors({ue nou « reievioiis le défi jeté par la Coaronae, et que nous lui a signifions que la nation française ne se laisserait point c( arrêter par des coups d'État dans la carrière de liberté c( dans laquelle elle était entrée. Gommeotl dix-sept ans a après, ce gouTernemeot issu du mouvement mêuie que « nous avons alors imprimé à Topinion, et qui lui doit sa « naissance, son origine, se retourne contre la liberté dont « il est né!... Voilà ii quoi vous faites descendre ce droit tt politique, voilà à quel point il dégénère et s'abaisse en « vos mains : le droit de se réunir est une faculté de police; « le droit de délibérer en commun, le droit de discuter en « commun, droit nécessaire à la liberté, ce droit ne peut (( plus s'exercer que sous le bon plaisir de la police. Merci veilleux pays que celui où nous vivons I après cinquante a ans de luttes pour la lîi)erté, les citoyens ne peuvent se (î réunir pour se concerter sur l'accoraplissement d'un de- « voir que sous le bon plaisir de la police! J'avais donc « raison de dire, en montant à cette tribune que j'ai éprouvé (t non-seulement un sentiment pénible, mais un sentiment « d'humiliation pour Tavortement de nos longues luttes et '« la triste inutilité de nos efforis en faveur de la liberté. « Oui l vous, ministres de la révolution populaire de Juillet! « vous dont le pouvoir a été sanctionné par le sang des (I martyrs de la liberté, vous contestez un droit que les « ministres de la Roslaiiralion, au moment où elle allait être « brisée, ont reconnu et respecté! Voilà ce qui est un fuit, « un fuit indélébile. Ge qui a été respecté par M, de Polignac (t est violé par vous ! i>

M. Ledru-Rollin traite la question de droit dans une arguraenluiion très-serrée et il relève avec fermeté, en terminant, le df'fi de M* Duchâtel : o Répétons-donc tous au « ministère : i'renez-y garde 1 Oui, le droit est pour nous, et « vous ne pouvez le violer sans attirer sur votre tête la plus

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