‹ Les hommes de 1848Chapitre 23 sur 46 · ARMAND MAKHAST · texte numérisé non relu

ARMAND MAKHAST

aucune des mesures que nécessitait lu crise , à plus forte raison aucune de ces grandes inîliatîves qui conviennent

aux révolutions el qui dirigeai les peuples dans la voie du progrès politique et social. Toutes leurs préoccupations, nous l'avons vu» étaient de réagir conlre la révolution d'où ils étaient issus^ et ils préparaient ainsi activement toutes les catastrophes douloureuses qui allaient suivre. Ils ne comprenaient j)as davai.iage la libcrié que le socialisme, et se méfiaient autant de l'une que de l'aulrc. Ils n'avaient que * le désir de se maintenir au pouvoir et d'y rester seuls, à l'exclusion des collègues qui leur faisaient ombrage , sans avoir d'ailleurs aucune de ces grandes pensées qui peuvent juslilior les grandes ambitions, ni même celte capacité vulgaire qui permet du moins à l'ambition de trouver sa satisfaction.

Nous avons vu comment M, ■ de Lamartine, M. Garnîer-

Pages, M. Marie, M, Marras!, Carnof, s'élaiei;t engagés dès le premier jour dans la voie d'une réaction aveugle, et par quelle faiblesse M. Lcdru Rollin et M. Louis Blanc lui-même en étaient arrivés à prêter les mains h une résistance dirigée contre leurs personnes plus encore que contre leurs idées. Il y avait encore au gouvernement provisoire deux hommes, auquel leur âge et leur réputation donnaient une grande autorité^ et qui eussent pu exercer une influence considérable pour sauver la Révolution entraînée ainsi à sa perle. Mais ces deux vieillards, Dupont (de l'Eure) et François Arago, étaient eux-mêmes plus effrayés que personne du décliaînemeul révolutionnaire qu'ils avalent passé toute leur vie à provoquer, et ils apportaient à lui résister un entêtement sénile plus funeste encore que le mauvais vouloir calculé des aulres.

« M. Dupont (de l'Eure), » dit M. Louis Blanc {Pages d'Hktoire du ia révolution de Févi^ier), a un de ces bomnics « qu'on respecte et qu*Dn aime, alliés ou adversaires,

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« avait conlre la Révolulion et coiure,son propre cœur sa (( vieillesse manifeslemeiit effrayée. » — « L'action dissol-

« viHite de M. Arago, » écril d'autre part M. Charles Uobiii dans SU irès-rcmarquuble Histoire^ « sa faibiosse cl « son opiiii&lre résisUiiice de vieillard à toutes les mesures « qui s'écarlaloiit d*un libéralisme suranné, prouvent que c( les révolutions faites par des idées nouvelles doivent être u dirigées par des hommos jeunes, par des iiUclli^cnces ' « encore douées de celle séve fécoudiinte, de cetîe énergie, u de cette activité audacieuse , sans lesquelles do grandes (I choses ne peuvent s'accomplir. »

La résistance de M. Arago ne fut pas simplement passive, el nul plus que lui ne contribua à slimuler la liiuidité de ses amis et à provoquer une explosion violente el san- • glante. 11 supportait avec impatience l'impuissance du gouvernement provisoire et appelait de tous ses vœux des circonstances qui eussent justifié une répre^'sion énergique. 11 faut lire sa déposition à la coui mission d'enquête, dans dans laquelle il exhale tous ses ressentiments : u J'aimerais « mieux les plus mauvais théâtres^ dit-il, que les clubs. (( Nous les avons chassés des édifices appartenant à l'âtat, « mcds nom étions forcés de respecter le droit de réunion. (( Sons !c c^ouviM ii*'i:K'iil provisoire !a |)os!iioîî était diflin ciie. Ou nous dit : Pourquoi ne mordiez vous pas? Nous « pourrions répondre : Parce que nous n'avions pas de <( dents.» Et il dit à propos de la discussion qui s'engagea au sein du gouvernement provisoire sur le drapeau ronge: «Quand la querelle devint plus vive, je disais : Ap- « pelez vos tidhérents, je ferai baitre le rappel, et nous a déciderons la question à coups de fusil. » Voilà dans (|uelles dispositions était H. Arago.

tiC 25 juin, AI. A ra;^^) essaya de parlrnienlcr avec l'insurreclion sur la place du Paniliéon. — « On nous a déjà » laui promis, disaient les ouvriers, et on nous a si mat

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H. ARMAND HARRAST 359

« tenu parole que nous ne nous payons plus de mois; il « nous faut des actes. » M. Arago, à bout d'argumcnls, finit par dire qu'il n'a pas à répondre à des hommes qui sont sur les barricades, — «Nous en élevions ensemble, lui . t( i épO(i(lil-on. Vous ue vous souvenez donc plus du cloître « Saiol-iMerry ? » M. Arago s'écrie alors qu'il ne veui {ins parlementer avec des gens qui l'insuUent, et il fait avancer des canons, cette ulHma ratio des républicains comme des rois. Il dirigea lui-même la railraiiie contre les barricades; ce fut le premier emploi qui fui i lit du canon dans ces funesles journées. Ce trait peint i'iiomnie.

Mais avec de tels hommes à sa tête, faut-il s'étonner du misérable avortement de la République de 18487 «Legou- <{ verneuient n'avait qu'à savoir^ vouloir et oser, » écrivait \q Représentant du Peuple. « L i France élail sauvée... Le « gouvernement n'a pas su^ n'a pas voulu^ n'a pas osé. Il a a gaspillé près de deux mois de dictature révolutionnaire, (c d*un pouvoir sans exemple, sans précédents, sans frein, « sans limite pour le bien qu'il pouvait faire. Ni le travail, « ni le capilal, ni la propriété ne sont satisfaits. Tout lan- (( guit, tout .'arrête, tout meurt* » — « Jamais position no <( fut plus facile que la vôtre, disait de son côté Raspail . dans VAmi du peuple, « Concours sympathique partout. « Résistance nulle part. Ne vous targuez pas des embarras « de la situation ; ils n'ont existé que parce que vous leur n avez donné lieu de naître. La patrie ne vous en tiendra Ci aucun compte, nous désirons qu'elle ne vous en demande u pas raison. »

Le gouvernement provisoire reiiiil h r.Asseinblé'^ constituante la situation grosse de tous les orages qu'il eût pu dissiper et qu'il avait laissé s'amasser par son imprévoyance et ses fautes grossières : l'enthousiasme dç la première heure dissipé, le [)eupl8 décourugé, sans travail et sans pain, tous les intérêts inquiets, tous les services désorga-

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DMés, le lerrain préparé cofinme à plaisir pour la réac* lion (1).

(1) Dans les premières séances de l'Assemblée, tons les membres . du gottvememeni provisoire déiilèrent snccessivemenU la tribune pour y prononcer leur apologie. A propos du Compte rendu général de la situation, présenié par M. de Lamartine, M. de Girardin présentait dans Ja Presse les observations suivantes qui n'étaient que trop justes :

m Dans ce récit, pas un fait qui ne soit dénaturé, pas une af- « lirmation qui ne soit contredite par l'évidence. Gela a-t-il cm- « pècbé qu'il ne fût applaudi ? Non. Pourquoi ? C'est que la vérité a de convention esi celle que nous piéléron&

a Exemple, les citations qui suivent :

9 II fallait élever et enrichir les uns sans ahaisser et sans dé^ « Orader les autres»

« C'est pourquoi on a miné tout le monde, le pauvre qui Ira- ■ vailluii ei le riche qui faisait travailler; c'osl pourquoi on a si « bien fait que l'actif national a subi on quarante jours une dé- « prédation de plus de vingt-milliards, un dcmi*miliiard par jour!

«f Nous avons fondé la République.

H C'est pourquoi elle est déjà moins Solide aujourd'liui qukslle « ne Tétait le 25 février, Ën doutes-vous ? interrogeis an hasard a cent ouvriers,

« Nous atfOAf miversalisé le droit de citoyen en universalisant

« Vcleclion.

M L'invention n'était pas neuve, et la dirficuhé ne glt pas Ik ; « où gU la dilliculté c'est de iaire sortir du suffrage universel une <f assemblée ei un gouvernement qui sachent trouver et appliquer « les lois durables de la démocratie au sein d'une vieille société.

« // ny a plus âc faction posnble dans une République ihî'y N a pJm de division entre les citoyens armés et les citoi/ens dê^ « sarmés; tout le monde a son droite tout k monde a son arme, « {Bravos, applmidissenjents.)

« Pourquoi tout le monde a-l-il son arme, puisque louL le « monde a son droit, puisqu'il n'v a plus de f;»< lion possihU'? Pouru quoi s'armer quand il n'y a rien a craindre? Pourquoi gaspiller « le lemjiS du travailleur et l'argenl du conlribun!»1o? Olil iocon* « séquence du gouvernemeui qui li^'nl ce langage î Oh ! inconsé» M quence de rAssend)léc qui Tapplaudil! Ohl suprême empire M de In phrase ! Oh ! défaite humiliaulc del'idéel Pauvre l»on sensl

« La présentation même d'un plan de youverncment on d^un

> U. JULES FAVBE 2ài

. ' CHAPITRE VIll M. JULE.S FAVRE

L'Assemblée se réunit le 4 mal. Son premier acte fui d'acclamer la République dans un élan d'enthousiasme unanime. Sur riuviialion du général Gourtais, les représentants du peuple, précédés du gouvernemenl provisoire^ se rendirent sur le péristyle du Palais*NHliona1, et là, k la face du soleil et de Tliéroïque populalioa parisienne, ils proclamèreut leur allacliement inviolable à la Répu* blique.

Chez un grand nombre do membres de l'Assemblée cet enthousiasme n'était rien moins que sincère (1). Mais personne alors n'eût osé prendre l'initialive ci une proleslaliun,

« projff de ronstilulion eût été de notre part une proloiirj(\lion ic' a uicraire du pouvoir ou wi empiclcmcnt sur voire souveraineté,

« C'est après que vous avpz loni désor^Mnisé, brisé tous les rcs- « sorls, aggravé toutes les Lli;<rp:es, alVaibii toutes If^s ressources, « louché a loin, rci^lementé même la forme des gilets que devront « porter les représentants du peuple, etc., etc., que vous vient cet « étrange et tardiC scrupule? scrupule qui serait risible si les cir- « constances élaienL moins graves I

« Amnistiez notre diclalnre invnhmtairel

(( Non, mille fois non, l'Assemblée nationale ne doit pas ram- « nislier.

« Ces deux termes s'excluent.

« On c'étoit un dépôt, et alors vous deviez le garder lidèlemenL ; n OU c'était une dictature, et il fallait l'élever a la hauteur du « mol.

« Vous ne l'avez, pas fait. Vous avez déconsidéré la dictature; « vous n'avez pas respecté le dépôt. »

{!) M. Robin fuit cette line remarque : « C'est que les mouar- V chieub aiiMpiels on faisait crier \'ioe la République! u'auiaient « jaioais lait crier Vive le roi! aux républicains, w

LES HOMMES DE i8A8

ui même manifester une froide altitude. Tou:; ces hommes s'iDcHnaient devant la souveraineté redoutable du peuple avec un respeci plus grand que celui des cpurlisans devant les plus puissants potentats (1). Mais au fond de leurs cœurs

(1) M« CauclioU-Lemairo, un ancien journaliste <|aî avait assisté dans sa vie à bien des palinodies, Toutait que Ton exigeai le dépôt aux Archives de toutes les professions dé foi publiées ii roccasicin des élmioiis à TAssemblée constituante. €(4a eût formé une coir lection curieuse et utile. La plupart des candidats de la réaction ne durent leur élection qu*k des déclarations qui eussent dû leur rester an front comme des stigmates de honte pendant tout le cours de leur carrière politique, liais on- est singulièrerocntoublieux ou singulièrement complaisant dans notre pays pour ces apostasies. H. Deujoj, qui allait devenir un des plus ardents réactionnaires ei qui fui uu des cinq souteneurs de U. Léon Faucher, (lequel fai« sait alors aussi une profession de foi sociaUsIe, — nous l'avons ciiée) — M. Denjoyaedamaitla République « qui depuis longtemps

V lui était apparue aux ej^réroilés de l*horixon. » Les partis n'existent plus, disait- il : « il n'y a pins que deux partis : Ceux

V qui veulent vivre en ira 'aillant et ceux qui veulent vivre du fruit « des labeurs des autres. Hommes de travail de toute condition, « seuls honnêtes gens que je reconnaisse, mye^ iou\ouTs nu poste, « les premiers pariout, a la garde nationale, au ciuby à l'élection... m Je veux le travail, la rétribution^ la retraite assurée à tous par « l'Etat^ et devenant un dogme que suive immédiaiemeni r:ippli> « ration... 9 M. de Ségur-d'Aguesseau, le sénateur réaciionnaire, . qui ressuscitait, il y a quelque temps, l'épi thèie méprisaolc de vile multitude, sN3criail avec un enthousiasme déliranl : « Ce n*est « pas un roi, ce n*est pas une dynasiie seulement qui ont é'.é eni- « portés par \ù prodigieuse révolution do Février; c'est la royauté tt même qui a péri!].^ (orme monarchique a lini sou temps; u t'Il'.î est désormais convaincue d'impuissance pour salistaire aux « uccessilës sociales de la démocratie Iriomphantc., . Plus de Bo" « iinpnrtisme, plus de léiiiîimisme, plus do rép;once. Vive la liépii- « blique!... ConqXez sur ma lulélité aux intérêts de la nation « et sur mon inaltérable df'roui'inenl à la Réjuihlique. M»»» j)assé

« \oiis répond de mon avenir, » M. Troplong pretlamail pareiiU ment la chute irrémissible de la monarchie, bons ses diverses munifestalions : la myauié de la iradilion, la royauté de l'éU clion el la royauté de la gloire : — « L'Einpiic, égaré par rambition, perdu,

M. iOLBS PAVRB

cottvail une raocuQe qui ii'atteQdail que l'oocasioa de se salisfaiic

Le choix du |)résident fut déjà un indice de ces disposU

lions et une première muiiifeslation de id coalition qui aiiail se foriiicr enlre les représenta nls des anciens partis les plus bosliies à la République, ci les-républîcaiûs modé-

4t non pour avoir subi la défaite des armées, mais pour avoir usurpé «I les droUs des eUoy&u» • M. BiliauU : « Mon avenir sera net (f comme mou passé. Si j'entre à l'Assemblée nationale, ce sera « pour y travailler résolûment, efiioacement, h la fondation régu- « lière et définitive en France du gouvernement républicain. » ftl, Baroche se vantait d'avoir devancé la Justice du peuple en mettant en accusation u un ministère odienx et coupable « et il disait : « Je suis républicain par raison, par sentiment, par con- « viclion. Ce nVst pas comme un pis-aller ou comme un provisoire « que j'accepte la République, mais comme la seule forme de goum veraement qui puisso désormais assurer la grandeur et la pros« « périté de la France. » U. Uouher proclamait que la Révolution était k la fois politique et sociale. H demandait la liberté de réunion pleine et entière: il jugeait les clubs indispensables; il voulait le travail organisé, l*imp6t progressif, UnU enfin pour et par le peuple, H. Fialin de Persigoj disait qu'il avait cru jusqu'alors qu'une transition napoléonienne était nécessaire pour pré* parer la France « a la forme républicaine, but naturel de tous les « perfectionnements politiques. » « Mais après les grands événe- « ments qui viennent de s^accomplir, je déclare que la république n pourra compter sur mon dévouemenl le plus absolu. Ce n'est « pas une rèvoSuiion politique qui liait, c'<'si une révolution so- « ciale qui commence. » Ët il Jurait d'employer toutes ses forces a l'afTrancbissement de la seule servitude qui pèse encore sur le peuple : la servitude de la misère, c M. Piéiri se déclaiait « franchement, radicalement démocrate et républicaiu, par rai- ^ son, par sentiment et parinstiucU » M. Lucien Murât : x Banui « par les ennemis de la France, je vous apporte des l!)tals-Unis Il vingt-deux ans d'expérience républicaine. Si vous me confiez « vos iniérôis, je saurai les défendre; si vous me chargez de « vos droiis, je saurai les faire valoir. La cause du pe uple me M spr:i suTtM», vi si j'^ ne puis vaincre, je saurai mourir. •» -—Dans cette grande mascarade, le plaisant se joint au grave et le ridicule

LES UOUUES DE 18/18

rés de la colerie du National^ auxquels les républicaios ra* dicaux et socialistes faisaient ombrage. On nomma M. Bu-

cliez,ex carbonaro, converti à un néo-caUiolicistne mystique et réaclionnaire, que nous avons vu l'agent dévoué de toutes les intrigues policières et électorales de M. Marrast.M. Bûches était arrivé à la Chambre, avec un petit groupe de soi-dîsanls ouvri(>rs, rédacteurs de V Atelier, à !a lêle desquels se trouvaient MM. Corbuii et Peupin, soutenus par les partis conservateurs et cléricaux en opposition aux candidatures socialistes et aux candidatures ouvrières du Luxembourg (1).

h rodieiix. La Bé forme nous fait coanattre les débuts de MU. Peveire dans la carrière politique. « Nous avons sous les yeux un imprimé « intitulé : Bulletin de vote^ semblable pour la forme et la dînien- « sion k ceux qu^on délivre aux mairies. Vingt-sept compartiments «r sont laissés en blanc -, mais l'ingénieux inventeur de la pièce a « t'porgnô aux électeurs le soin de remplir les sept autres, au « milieu desquels brillent de tout leur éclat les noms dè MM. Pereirc « (Isaac) et Pereîre (Emile). A cela près, ces messieurs nous lais- « sent parfaitement libres, et peu leur importe h qui on les accote lera. Habitués aux affaires, iU se sont dit probablement qu'il se fl rencontrerait peut-être dans tous les partis des citoyens disposés « h profiter de la commodité du bulletin, et que les frais seraient « amplement récupérés par les bénéfices, si la dépotalion s'en sui« « valt. »

(1) Tel était le désarroi des réactionnaires, obligés de se placer sur le terrain des révolutionnaires pour les combattre efficacement, qu'à la faveur d'une confusion inouïe, un certain Schmitt se disant ottvrier parvint k se faire nommer sur cette recommandation : mais on découvrit plus tard que c'éuit un ancien mattre de requête, et il fallut annuler son élection. H. Portalis, procureur général, signala le premier la méprise par une lettre adressée au National : « Citoyen rédacteur, permettez-moi d'user de la voie de votre « journal pour demander qud est ce M. Schmitt qui est annoncé tc le 24* représentant de Paris, et pour lequel je déclare avoir « votéf le supposant un honnête et laborieux ouvrier, unissant la « théorie à la pratique et la morale au travail. On m'assure que « c'est un ancien chef de' division du ministère Barthe, Persil et

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M. JDLËS FAVA£ 2/i5

Les membres du gouvi i ncment provisoire vinrent prononcer successivement leur apologie h la tribune. Puis rAsseniblée vola que le gouvernement provisoire avait bien mérité de ta patrie. Une seule voix, celle de Barbès, s*élevu pour protester au nom du peuple. M. Barbès accusa avec véhémence le gouvernement sorti d'une révolution de n'avoir rien fait pour la Pologne, pour l'Italie, et il lui demanda compte des massacres commis à Bpuen. Il demanda qu'une enquête fût faite, mais « non par les Franck-Carré « et autres individus qui ont été les agents des perîécuuous (( de la monarchie contre les républicains. »

La iulie à Rouen s'était engagée, à la suite des élections, entre la garde nationale et le peuple. L'armée avait prêté main forte à la garde nationale et on n'avait pas craint de diii^ci- le canon contre une population sans armes, mêlée d'enfants et de femmes. Le gouvernement provisoire avait concouru à ces actes, qui répoudaienl aux secrets sentiments de plusieurs de ses membres (1). Il avait doooé la

« Marlin (du Nord), ancien maître des requêtes, ancien officier de « la Légion d'honneur. Est-il possible qu'une telle confusion ait it en lieu?» — A qui la faute? à vous, monsieur, qui dans le dégnisemenl démocratique de votre fureur réactionnaire, votiez pour un candidat que vous ne connaissiez pas. Si vous aviez vraiment voulu TOler pour un ouvrier honnête, laborieux et républicain, eussiez-votts donc été si embarrassé de le faire 2 Allez 1 cette confusion fait votre confusion 1

(1) Voici comment M*« Daniel Stern, dont i'ilisioire est écrite au point de vue des opinions républicaines modérées, raconte les événements de Rouen :

« Le 27 avril, les ouvriers de Rouen, irrités par récit e de h nr •r liste et par des provocations imprudentes de la gank nnùunale « qui, depuis la journée du 16 avril, se montrait animée d'un mau- « vais espiit de réaction, coururent aux armes. Le combat s'en- ^ « gagea ; il dura deu;c jours ; si toutefois on peut appeler combat « la latte inégale d'une masse populaire, à peu près dépourvue • d'armes et de munitions, mêlée de femmes, de vieillards et d'en-

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