L£ 15 MAI
a blir» régallté à réaliser dans ]es instltutionst la République «r à fonder I
a Mais n'est-ce pas en vain que nous voudrions dans ce «c moment arrêter le torrent de rentlioubiasme populaire: les « cris de la Pologne expirante ont retenti dans Io> rues de « Paris, et le peuple qui est toujours prêt à oflVir ses bras, ¥ son travail, son sang à la patrie ou à Thumanîté ; le peuple « généreux qui pendant dix-sept ans a entendu ses reprô- « sentants officiels pleurer sur ranéantissement de la Pologne* u le peuple de Paris enfin ne vent pas mériter le reproche « que ceux qui le gouvernent anjourd^hu! ont adressé Impi- « toyablement pendant dix-sept années au gouvernement do tt Louis-Philippe.
<f Le peuple ne comprend jias les mensonges des partis. Il « a pris au sérieux les accusations qui ont si longtemps servi « de thème à Topposition libérale, et maintenant qu'il est déit barrassé du système de honte .et de lâcheté qui étouffait «I ses généreux Instincts, il veut, la question polonaise étant « de nouveau posée, il veut voler au secours de sa sœur mar- « tyre, il veut faire revivre la France du Nord.
«Eh quoi! nous voulons, prodij^ues que nous sommes, a aller porter la liberté ù tous les peuples, et nous n*avons « pas la liberté ; nous voulons leur donner Pégalité, la fra- .« ternité , et nous n^avons ni Tune ni Fautre ; nous leur « offrons la ilépublique, et nous n^avons pas la République...
tt Et ci^ailleurs, ai\|ourd*hui comme toujours, regardez au- « tour de vous avant de décider; écoutez et jugez. Si vos « ennemis se trouvent d^accord avec vous et pressent la roe- « sure, arrêtez-vous, la mesure est mauvaise.
« En rétat où nous sommes, les bruits de guerre réjouisa sent les républicains que Tenthousiasme aveugle, mais, a avec eux, tous ceux que reutbousiasme républicain u'aveuff glera jamais»
« Faut'il le dire? la guerre servirait encore les vues secrètes « de quelques-uns de ceux qui mènent la France. Oui, il y a « dans la République des gens qui seraient bien aises de
LES HOMMES 1)L lÔ/iB
tt pousser hors des frontières, à la mort» ^ la boucherie, ees Cl patriotes généreux, ardents, imprudents quelquefois, qui « sont toljjours prêts à se lever, au premier appel de la H- « herté menacée I
« Nous ne savons sî la guerre donnerait la liberté aux « peuples qui l'attoadent, mais nous savons bien qu'elle ou- « vrirait les portes de la France à l'arbitraire, à la banque- « route, à tous les désordres, à toutes les tentatives contre* <i républicaines. »
Prottdhon terminait ainsi son article :
< La manifestation sera, dit*on, une occasion pour les amis « vrais de la liberté de se compter. L*occasion est mal choisie tt selon nous, et l'on peut, sans désespérer longtemps, en « attendre une meilleure. »
La manifestation avait été toute spontanée à son origine et organisée, à ce qu il paraît, contre le vœu des chefs de club, de Blauquî, de Barbès, de Raspail (1).
Si la guerre étrangère n'en sortait pas, il allait en sortir ' la guerre civile : le 15 mai fut le prélude du 2U juin, et ainsi cette démarche imprudente allait servir tous Us projets odieux de la réaction*
L'ordre du Jour du 15 mai appelait précisément des inter-* pellations de M. d^Aragon au si|jet de la Pologna .On eût dit que les orateurs de l'Assemblée s'étaient concertés avec ceux des clubs pour autoriser Tescal ado du gouvernement Au moment où M. Wolowski, l'un des pJus chauds partisans de Témancipatîon polonaise, montait k la tr'ibune, la tôte de la colonne pétitionnaire pénétrait dans la cour de l'Assemblée* M. WolOT^ski, l'un des hommes les plus modérés et les plus conservateurs de l'Assemblée, ami de M. Odilon Barrot, beau» pèrd de M. Léon Faucher, s^était fait ce jour- là sans le vouloir et sans s'en douter l'orateur de rinsurrection*
Pendant son discours, on entend h diverses reprises les
(1) ProudhoD, ooiDinenous l'avons vu, blàmail la manifestation; Barbès la désapprouvait; Gabet avait décidé que son club n'y paraitraît pas; Blanqui ei Raspail y furent entraînés, fort hésitapls et iodécis.