‹ Les hommes de 1848Chapitre 27 sur 46 · LE 15 HM · texte numérisé non relu

LE 15 HM

cris du peuple au dehors: Vîveîa Polvyuc! puis tout à coup, dit le Monilnur « une rumeur terrible interrompt Torateur ; « le peuple envahit la salle. »

Bien que la manifestatiOD fût prévue, aucunes mesures n*âvaient été prises pour protéger TAssemblée. Afin d'éviter un eoDflit fâchèux, le général Gourtais avait obtenu Tautorisa* tien du président Bûchez de faire entrer vingt ou trente délé* gués; mais le peuple voulait présenter lui-môme sa pétition, et il envahit le palais avec la violence d'un fleuve qui vient de briser le faible obstacle opposé à sa marche impétueuse. Ces hommes n'avaient d'ailleurs aucune intention de violence (1), et il n'y avait qu'à laisser passer leur flot à travers l'Assemblée, qui eût ga^né une grande force au contraire à ce débordement populaire, fécond comme le débordement du . Nil. Mais l'inertie du gouvernement (2), la résistance et la faiblesse & la fois de l'Assemblée entraînèrent les plus fâcheuses conséquences. Le président, M. Bûches, avait la téte perdue, comme M. Sauzet au 2& février; et au fond, il est certain que de la part du gouvernement il y eut provocation èt inertie qrstématique. M. Bûchez dit lui-même danssadéposition devant la Haute-Cour de Bourges avec une franchise qui fait, dans tous les cas, peu d'honneur à son caractère : « Tout ce que je « désirais à ce moment était d'être chassé de mon fautcnil... « Mon système a été de laisser faire et de ne consentir à « rien (3). »

(1) Lord Normamby qui assistait à la séance fut tiès^frappé de la singulière courtoisie des insurgés. L'un d'eux» averti que la baïonnette dont il était armé effrayait les dames» la mit aussitôt sous une banquette.

(2) On voulut faire contre H* Gaussidière, qui était Préfet de policCt un chef d'accusation de son inertie. Mais il répondit qu'il n'avait aucun ordre, qu'il en avait vainement demandé, qu'on u'avait pas voulu lui en donner. Et la preuve de ce parti pris, c'est le témoignage que nous avons cité de H. Babaud-Laribière : H» Harrast, qui dirigeait la véritable police dû gouvernement, savait que la manifestation serait grave, et il n'avait pris aucune mesure; il aifectait de dire au contraire qu'elle serait toute paci* fique pour écarler les inquiétudes.

(8) M. Bûchez voulut excuser Huber, un des inculpés les plus

M. Bâchez consentit cependant décrire Tordre de cesser de faîre battre le rappel. îl crut se justifier ensuite en disant

qu'il avait craint qu'un lefiis provoquât la colère de la muititude et entraînât des violences funestes contre les membres do la reproscatation nationale; il ajouta qu'il pensait que Ton comprendrait bien que cet ordre lui était arraché par la force et qu'en conséquence on ne lui obéirait pas.

Le sentiment provoqué chez tous les hommes de cœur pair cette conduite fut exprimé par M. de Luynes» qui demanda que le procès-verbal fût ainsi rédigé : « L*Assemblée natio<- 0 nale entend avec une pénible surprise les explications don- 0 nées par le citoyen Bâchez; elle proteste énergiquement « contre la pensée qui aurait dicté au président Tordre de « ne plus battre le rappel, et déclare que les représentants 0 du peuple sauront mourir tk leur poste plutôt que de for- « faire ii leur devoir. »

L'Assemblée laissée ainsi sans direction ue put pas en im> poser au peuple par sa dignité : des dialogues pleins de défis et de menaces avaient lieu entre des représentants et des chefs de clubSi

Raspail monta à la tribune et parvint & lire sa pétition, adoptée parles clubs, demandant Tintervention immédiate en faveur de la Pologne.

M. Bûchez invite alors les pétitionnaires à se retirer et à

compromis dans l'affaire du 15 mai, celui qui avait pris l*mitialivc de la dissolution de rAssemblce, en disant qu'il pensait ([WBuber avait voulu le servir en agissant ainsi : « Car ditril, je considérais V comme une diose henretise mon expulsa du f&uleuU et edie « de l'Assemblée* » Quber protesta vivement contre celle interpré'.alion : a Regarder pour vous comme un bonheur d'être ei- (I puisé, regarder cela comme un bonheur pour l'Assemblée, c*eûi « été une lâcheté* » Une indigne Ifteheié, voilà en elTet la qualification que mérite raliitnde de M. Bûchez. Et M. l'avocat général de Uoyer Ta justement fléirie en disani : u qu'il s'élaii fait donner (( par l'accusé lui-même une leçon de dignité à laquelle il n'y avait « rien à ajouter. » El la mémoire de ces hommes, qui n'ont pas seulement compromis leur caractère, mais qui ont perdu la République, en la déshonorant, ne serait pas vouée à l'infamie!

laisser TAssemblée déli1)érer librement. Mais ils répondent qu'ils ne veulent pas attendre et quMl leur faut une décision immédiate.

M. Barbès monte à la tribune pour engager le peuple à se retirer : « L'Assemblée a entendu vos vœux, dit-il, il faut M qu'elle y fasse droit; mais pour qu'elle ne semble pas vio- « lentée, il faut dans ce moment-ci que vous vous retiriez. »

La multitude no veut rien enteudreet elle appelle. Blauçiui à la tribune.

M. Blanqui, dans un discours mesuré, net et concis, développe les vœux du peuple en faveur de la Pologne. Il aborde ensuite la question sociale* JVlais plusieurs voix le rappellent à la question de la Pologne, ce qui prouve bien que c'était ' là le véritable objet de la manifestation.

M. Ledru-Rollin prend alors la parole, non en qualité do membre du pouvoir exécutif, ni comme représentant, mais ^ comme citoyen; il invite avec autorité le peuple à se retirer.

M. Haspall se joint à M. Ledru*Rollin. Il dit «qu'il ne reeon- «natt plus comme républicains ceux qui persisteraient à rester «dans TAssemblée.!) M« Blanqui invite de son côté les délégués du peuple à donner Pexemple du calme.

Ces voix populaires ébranlaient déjà la moltitudo, quand II. Huber, qui venait de conférer avec M. Bûchez (1), s'écrie tout à coup qu'on lui a promis de laisser défiler le peuple devant la tribune, et que, puisqu'on ne veut pas exécuter cette promesse, « au nom du peuple trompé par ses represeua tauts, il déclare TA'^'^emblée dissoute. »

Le tumulte arrive alors à son comble : malgré les protestations de plusieurs citoyens qui déplorent la tournure que prennent les choses, des exaltés montent à la tribune et proposent des listes d^un nouveau gouvernement provisoire & rac« ceptation de la foule. M. Bûchez est chassé de son fauteuil où le remplace M. I^avlron (2), et c'est alors que M. Barbès,

(1) On peut supposer qjatWe avait pu être celle conférence par les indicaiioDs données plus haut.

(â) Poursuivi pour sa parlicipaiion k Taffaire du ib mai,

égaré par l'effervescence populaire et aussi par son antagonisme, avec M. Blanqui (1), qu'il craignait de voir prendre la directioa de la manifestatioii, fait sa fameuse proposition d*un impôt d'un milliard sur les riches.

Du reste la foule se dissipe au bout de quelques instants. M. Barbés, en proie à une sorte d^hallucination, se rend seul avec M. Albert à l'Hôtel-de-Ville, où il se met à rédiger les

M. Laviron se rendit en Italie, ei A fut lué h Rome, par les troupes françaises, en défendant la République. Deux listes de gouvernement furent lues U la tribune. Sur l'une figurait MM, Barbes, Louis Blanc, Ledru-Rollin, Blanqui, ITnber, Raspail, Caussidière, Etienne Arago, Cl). Lagrange. C'était une fusion de la Montagne avec le parti socialiste. Sur l'autre l'élément sncialieie était seul représenté par MM, Cr^bet, Louis Blanc, Pierre Leroux, ilaspail, Considérant, Barbes, Blanqui, Proudhon, La plupart des citoyens désignés sur ces listes furent appelés h ce périlleux honneur a leur insu.

(1) L'antagonisme de Barbes et de Blanqui furent une des principales causes qui neutralisèrent les elTorts du parti populaire. C'est surtout pour faire échec â Blanqui que Barbes, ou 17 avril, prêta son appui inattendu au gouvernenuuU. Voici coimnent il expliqua lui-uiétiit' son attitude dans cette journée au club delà Révolution : « Le bruit s'était répandu qu'une poignée d'hommes avaient conçu « le coupalile {)i lijet d'exploiter, la grande et pacifique manifesta- « lion des coi i^i iiitioas ouvrières; il n'en a rien été, mais ce que « n'a pas tait une poignée d'anarchistes, la réaction l'a tenté et ne « Ta que trop bien accompli, » iiaibès d'ailleurs n'avait ouvert les yeux que tardivement et il s'était associé à la féte de la I l a - Icrnilé du 20 avril. Son cœur a toujours mieux valu que son iiiidligencc, et il a u m jours eu un vieux levain de chauviuisiij Tuii le monde coiuiaît son enthousiasme manifesté à la suite de i'expédiii 11 de Crimée, a l'occasion duquel l'empereur Napoléon lll lui donna sa grâce, et dans quelle position fausse il se trouva alors. Au io mai c'est encore cet antagonisme contre Blaiii^ni (M le désir de lui enlever la din i li^n de la ni iiiiiestation ((ui perilii lîaibi s. Complètement égaré pai la lialiK, Uarbès n'avait pas ( iaiatde se prêter • nux manœuvres des ennemis d(^ la République, en accueillant les . calomnies de la Revue n'iro^pectire et en leur prêtant l'autorité de son nom et de son caractère. Au procès du 15 mai, il ne sut pasGonienir ses sentiments, malgré la réserve excessive de Blanqui ; et c«la donna lieu à un incident scandaleux, qui combla de joie une fois de plus les ennemis de la Rêpiiblique.

décrets du nouveau gouvernement provisoire, et où il ne tarde pas à être arrêté.

En réalité la maniletiUition du 15 mai fut spontanée, innocente dans son origine, égarée par des provocations insensées ou coupables (l);et dans ses excès mêmes il y eut bleu plutôt intempérance de la fougue populaire qu'attentat. Les cliefs du peuple, Raspail, Blanqui et Barbès lui-même, ces hommes que Ton voudrait présenter comme des conspirateurs farou* cbes, perturbateurs de tout ordre (2), se montrèrent ce qu^ils

(1) Raapail disait au procès de Bourges, que le 15 mai avait été « un mte coup de filet, Jelè dans le bourbier de l'H6tel-de- Ville « pour prendre certains hommes dont la droiture et la probité « étaient aussi craindre que leur dèrouement à la Képu- « bliqne» t Le rôle d'Huber dans cette cîroonslancc est fort suspect* Buber, condamné k cinq ans de prison en 1836, avait obtenu du roi une réduction de peine ; il était entré dans le complot de Steuble et de H^e Grouvelle et fut soupçonné de les avoir trahis ; il fut à peu près convaincu d'avoir depuis cette époque espionné pour le gouvernement de Louis-Philippe le parti républicaio. Cela fut affirmé par M* Monnier secrétaire de la préfecture de police sous Gaussidière, qui vint déposer au procès du 15 mai cl déclara avoir en entre les mains la preuve de ces délations. On prétendit en outre qu'il était depuis 1848 l'agent de M. de Lamartine, et qu'il avait été en rapport suivi avec M. Garlier, le chef de police. Iluber protesta très-vivement contre cesaccusations et, condamné parconlumace parla Ilaule-Courde Bourges, vint se constituer prisonnier pour se réhabiliter. Ce qu'il y a de certain c'est qu'U la veille du 15 mai,

11 venait de recevoir sa nomination au poste de gouverneur du Raincy. Proudhon, qui se trouva avecHuber en prison, a toujours témoigné de sa parfaite honorabilité. Un autre personnage , qui celni-lk appartenait notoirement a la police , joua un rôle au il'y mai : Dormes, l'organisnlear des Vésuviennes , inventa un moyeu a avec (( lequel deux niilie citoyennes pouvaient lutter contre cinquante

mille hommes ennemie. »

(2) Kaspailqui rédij^eaii un journ il, VAmi du Pe}(ple, et dont on a vouhi faire une sorte de Marat était un lioîntue modéré, doux et huiit iiii, qui devait sa grande popularité surtout h sa médecine* htnnanitaire. Voici ce qu'écrivait liaspail dans VAnii 'lu Peuple du

12 mars : tf La terreur de 93, aujourd'hui en 18/|8, elle n'a plus « de sens : elle ne serait plus qu'une atroce folie, un drame à la

avaient été depuis Je 2/i février, modérés, timides plutôt qu'audacieux, aimant mieux sacrifier leur cause même à des scrupules de légalité qu'assumer ia responsabilité redoutable d^une initiative révolutionnaire.

« Néron» un incendie de Rome pour traduire en action Tinccndic « de Troie. Depuis quinze jours je vois des Français partout, et des « ennemis nulle part. An milieu de ce peuple de frères, promenez Il donc la guillotine, si vous l'osez i on vous conduira vous et elle « à Bicètre, le dernier jour . du camavaL » Voici d'autre part la profession de foi socialiste de Raspatl : « Ceux qui rêveraient la a réforme sociale par le boulevmement subit de la propriété se^ « raient plus que des coupables» ce seraient des insensés, ce seraient fi des sauvages qui se vengent de leurs ennemis en dévastant leurs « moissons, et qui couronnent dé leur ^jiopre mort le succès « d'une stupide vengeance. L'égalité des droits est une loi immua- « ble, l'égalité des biens ne durerait pas deux heures» a

Un autre chef de club, compromis dans l'affaire du 45 mai, est Sobrier, rédacteur en chef de la Commune de Paris , qui fut un instant préfet de police avec Caussidière. Sobrier était un homme doux, bien élevé, un cœur d'or* Par une généreuse initiative, il offrit au gouvernement provisoire, £0,000 fr. sur 100,000 qu'il possédait pour organiser le travail. Complètement dévoué à BL de Lamartine qui lui avait fait donner cinq mille fusils et l'bétel de la liste civile pour habitation,, il consacra constamment son influence sur le peuple U contenir ses-manifestations violentes. Il se trouva naturellement mêlé aux événements de la journée du 15 mai. il fut arrêté au café du quai d'Orsay, où il était allé se rafraîchir croyant sans doute que tout était fini. 11 fut reconnu, arrêté et conduit h la caserne du quai d'Orsay occupée par le 2* dragon.

LU il fut confié k la garde du colonel de ce régiment, M. de Goyoa, officier ambitieux et avide de se signaler par un zèle exagérée M. Sobrier fut confiné dans une chambre, sous la garde de deux soldats qui lui tenaient de chaque cété leurs pistolets chargés appuyés sur les tempes. Sous les fenêtres de la chambre deux autres sentinelles furent également placées avec leurs armes charg/îcs. La consigne donnée à ces hoinnu s claient de tirer sur M. Sobrier h la moindre tentative faiic du dehors pour le délivrer. Cétait mettre en pratique la théorie de l'assassinat des prisonniers* 1! est vrai que M. François Arago avait dit h M. de Goyon : a Vous « rôpondez de M. Sobrier sur votre tête. » Pendant tronie-six heures, c*e&i-à-dire jusqu'à sontransfbrement àVincennes, M. Sobrier vécut

La République eût dû couvrir les événements du 15 mai de cettegraDde magnanimité, misedérisoirement à l'ordre du jour le 26 février par M. de Lamartine pour couTrir les conspirateurs de la monarchie : mais il fallait des victimes.

ainsi soiis une menace do mort, s*allendant de minulc en minute a èUe fiiisilié. (( Il était réservé a un colonel de l'arinée, dit M. llobin, « d'inventer un supplice inconnu des geôliers et des bourreaux. u Les plus mauvais jours de notre histoire n'offrent rien de compa- « rable U une conduite que la langue françsrise ne pernjet pas de « qualifier, n M. de Goyon est aujourd'hui général, chargé d'un des grands commandements miliiaires, un des plus fermes soutiens de l'empire et un des fonctionnaires qui émargent les sommes les plus considérables sur le budget,

Dievant la Haute-Cour M. de Goyon osa dire que la preuve que M* Sobrier avait rendu «hommage k son caract^rct c'est t^u'U lui <nmt confié son testament, — «Allez, monsieur, je vous pardonne, » lui dit Sobrier avec beaucoup de dignité.

Parmi les autres conspirateurs du 15 mai, il est curieus d*en signaler un» 11. Joachim Houneauj qui s'est fait depuis une certaine notoriété dans les lettres , sous le pseudonyme de Georges BelL M. J, Houneau avait quitté le lycée MongCt où il remplissait les fonctions de maître d'études pour devenir l'un des rédacteurs de la Commune de Paris, Il avait mérité la confiance de Sobrier par une grande esallation d'opinion et» le matin du 15 mai, il écrivait à un de ses amis : « Nous sommes prêts ^ donner notre • sang ponr faire triompher la ilépublique, le jour où l'Assemblée « voudra nous la ravir» ce qu'elle a déjà commencé à faire par ses « ¥0te8 sur le pouvoir exécoli^ et sur les travailleurs. Aujourd'hui « nous nous levons trois cent mille. Peuple souverain, nous allons (I visiter nos commis... » M. Houneau avait interpellé vivement M. de Lamartine dans la salle des Pas-Perdus et lui avait dit en portant la main sons son habit : « Si vous ne nous faites pas en- « trer, nous vous passerons sur le corps. »

Ce sont toujours ces gascons et ces écervelés qui compromettent les mouvements révolutionnaires. M. Houneau a mis depuis beaucoup (Teau dans son rt?i. Il a fait quelques romans médiocres sous son pseudonyme de Georges Bell et il rédige actuelleincni les faits divers de la Liberté. 11 atteste en toute circonstance 1 in lifférence la plus complMo en mali«>re d'opinions politiques. Va voilà ceux que l'on voulait travestir en conspirateurs redoutables!

BlaDqui te disait dans sa lettre du 12 avril en réponse à fodieuse calomnie de la Rsvw rétrospective :

n Les boarreanx des patriotes, les sicafres du juste-milîeu

« sont maintenant les dévoués, les fidèles de rilôtel-de-Ville. « Les arrhes sont données ; les voilà faisant les fonctions des « qwjrn/tie cinq auprès de messieurs du croiivernement provi- « soire, et ils vont assassiner les républicains pour le compte <i de la RépubU«iue, comme ils les ont assassinés si longtemps «f pour le compte de ia moDarchia. A eux bientôt les places, « les hooneurB, la fortiuiel nous tautoors la prison, Ja ni* s sère, Topproferel Tant d*aadaoe, six semaines apiès tes a barricadesl quireiltdefiné! ■

Mais cela même ne suffisait pas; il ne suffisait pas de faire rentrer Raspail, Blanqui et Barbes dans les prisons d'Etat où la monarchie les avait retenus pendant quinze mois ;'îl ne suffisait pas d'avoir enveloppé dans la trame provocatrice l'un deux, l'ouvrier Albert, que les membres du gouvernement provisoire avaient placé au milieu d'eux comme un paratonnerre contre la foudre populaire» et dont Tlmportance tes gênait maintenant (i); il fallait encore atteindre Louis Bltae

(1) Les poursuites contre les représenlanls Barbes, Albert et Gourtais furent ;uii( risées par l'Assemblée sans que presque aucune oppusiiittu s'olovùL. U iauL cepeiiiiuiiL monlionner la généreuse proteslalioii de M. Greppo, adressée au Ileprêscutant du Peuple : « Je vous prie de porter u la counaissance du public que le 15, M dans la béaiice du soir de l'Assemblée nationale, j'ai piuLeslé, a i»ar iiiuii vole et de toute l'énergie dont je suis capable, contre (i le décret qui mettait en accusation trois de mes collègues : les u citoyens Barbes, Albert et Courlais. J ai protesté et je proteste u encore malgré la menace de la garde Daiionaiew »

Le général Gourtais, chargé de la garde de l'Assemblée, fut la victime de l'ineriie systématique du gouveniemept qui avait laissé TAssemblée lifiée k tous les hasards de ta tempête populaire sans prendre aucune mesure. ML Gourtais, sincèrement animé de l'enthousiasme républicain, ne pouvait se décider ii iraiter le peuple en ennemi ; d'ailleurs la résistance eût compromis inutilement la YÎe de ses hommes. Hais son crime lut de ne pas s'assooier aux violences de la réaction* 11 fut arrêté dans une des salles même du palais de l'Assemblée par les gardes nationaux qui l'alBcablèreat

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