‹ Les hommes de 1848Chapitre 30 sur 46 · HÂftlE · texte numérisé non relu

HÂftlE

ni'Miçaienl à .s'apercevoir qu'ils avaient élé joués, étaient envahis par celle saiiUe. colère qae pressentait M. Victor Hugo.

Les ouvriers des ateliers nationaux étalent les victimes

désignées de celle poiiliL[ue délestabie, qui avait boogé à les armer contre leurs frères.

Après le 15 mai surtout, oû ne garda plus de ménagements.

H* Tréiat^qui avait succédé à M. Marie àu ministère des

Travaux publics, prenait le 25 mai un arrêté par lequel tous les ouvriers célibataires âgés de dix-sept à viugt-ciuq ans étaient invités à s'enrôler sous les drapeaux^ et toos . ceux qui refuseraient de souscrire des engagements seraient

rayés de la liste des ateliers nationaux. On plaçait les travailleurs entre ia famine et resclavage : voilà comment les doctrinaires eulendaient arriver k ia dissolution des ateliers nationaux.

Un décret du 30 mai disait que les ouvriers séjournant

depuisjiioiiis de li ois mois dans le dépai Leinciil de ia Seine el qui n'y justifieraient pas de leurs moyens d'existence* seraient renvoyés dans leurs déparlements.

M. Émile Tiiomas ayant prolesté contre ces mesures^ M.Trélat, par un procédé Inouï, et qui rappelait les lettres de cachet, raltira dans sou cabinet et le fit enlever et transporter à Bordeaux parla police, sans même lui laisser le temps àfi prévenir sa mère.

Cependant M. Trélat était d'avis de garder des ménagements. Dès son entrée en fonctions, il &vnit fait rédiger un rapport contenant des indications prudentes sur la situation el sur les moyens de la résoudre paciftquemenl. Mais la Commission exéculive en avait interdit la distribution : certains principes qui y étaient exprimés, entre autres une reconnaissance indirecte du droit au travail, déplai* saie ni à ses membres*

292 LES H03IHES DE 1848

M. ïl'éial, à raUilude duquel on doit readré hommage» malgré Tacle arbitraire commis vis-à-vis de M.ËmileTbomas,

ii^i découragea pas. Il proposa toute une série de mesules à prendre. Des encouragements aux associalioiis uuvriîM cs, lu coloaisaiion algérienne sur une vaste échelle, une loi sur les prud'hommes, i'orgaoisation d'une caisse de retraite et d'assistance: telle est la part qu'il proposa de faire aux légitimes exigences des travailleurs. Des primes à rcxporlalioii, avances sur les salaires, des coinuiandes directes, une garantie sur les objets manufacturés, sont les mesures qu'il indique en faveur des commerçants et des industriels. Pour exécuter ce pian, il faudrait une somme de2U0 niillions, u répartir entre les divers départements minisléneis; mais il s'agit l^i d'une dépense productive, d'unecharge apparente et non réelle, beaucoup moins lourde pour le pays que les conséquences d'un plus long chômage*

M. Trélat essaya vainement de faire pénétrer ces idées dans le sein de la conjinission de l'Assemblée. On objectait la pénurie du Trésor, el l'on ne voulait pas voir qu'il s'agissait de sauver le Trésor lui-même en aidant la reprise du travail et en évitant la guerre civile. — « 200 millions pour n licencier une armée do 100,000 hommes! • s'écriaiiM. le biiron Charles Dupin. Comme si les 100,000 li ouïmes des ateliers nationaux n'avaient pas été une minane iraction de la classe travailleuse alors sans ouvrage, intéressée toute entière aux mesures proposées.

D'ailleurs il fallait en finir avec les exigences des travailleurs. Telle était l'opinion incessamment émise dans lus bureaux de FAs^^emblée par la majorité réaclionaaire. Tout projet de nature à préparer la transition est repoussé. On commence par faire au ministre une sourde opposition ; [)iiis on s'enhardit Jusqu'à provoquer la lutte de gaîié de rœur.

M. de Falloux fût l'âme de celle intrigue : (\) le ly juin,

(1) M. de Falloux I doai l'inflaence fui si funeste non-seulement

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