M. MARIE
« à fuire encore des sacrifices pour le mainlien de nos lift bertés. Ils viennent vous demander qu'on ne les meito « pas dans l'altcrnaiive d'éire obligés de s'engager onde se a voir déporiés en Sologne ou dans d'autres lieux insalu- « bres : ils demandent avant tout Porganisalion d*aleliers « dans lesquels toutes les professions seraient exercées, et « qui serviraient de refuge aux ouvriers.»
M. Marie répondit avec irritation, que s'ils ne voulaient pas partir, on les contraindrait par la force.
Et comme Pujol« qui iui tenait tète avec fermeté, parlait constamment au nom de ses camarades, M. Marie demanda aux autres délégués, s'ils étaient donc les esclaves de cet liomme.
— « Vous insultez des citoyens investis d'un caractère « sacré en tant que délégués du peuple, reprit Pujot.
« Nous nous relirons avec la conviction profonde que vous - (( ne voulez pas l'organisntinn du travail, ni la prospérité u du peuple travailleur, ei que vous n'avez pas répondu à <( la confiance aveugle que nous vous avions accordée. »
Les délégués retournèrent auprès des ouvriers réunis sur la place Saint Sulpico, et leur rendirent compte de la réceplion hostile de M. Marie, qui avait insulte les travailleurs eu les traitant d'esclaves. Le soulèvement des ateliers nationaux fut décidé. Rendez*vou8 fut pris pour le lendemain sur la place du Panthéon, d'où partirent les premières mai.ifeslatioiis de l'insurrection.
Ainsi ce fut la provocation de M. Marie qui dfUcrmina l'insurrection de juin. C'était lui qui avait créé les ateliers nationaux pour en faire un instrument de réaction : ce fut lui qui les congédia brutalement au risque de donner le si- ^^[1 al de la guerre civile, et qui donna efTectivemcnt ce signal par la raideur odieuse de son altitude vis-à-vis des délégués du peuple travailleur qui faisaient auprès du gouvernement une dernière tentative de conciliation. C'est sur
LES HOVHBS DE
lui que doit retomber toute la responsabilité des funestes événements de juin.
M. Marie resta-l-il du moins fidèle à la cause de lu liberté?
Hélas 1
Ce fut lui qui le premier inaugura cette série des lois répressives, que l'Assemblée consii tuante de la République devait entasser avec plus d'acharnement réactionnaire que n*en manifesta jamais aucune Assemblée monarchique.
11 présenta, îe 7 juin, la loi sur les altroupemeols qui suggérait au Beprésentant du Peuple les réflexions sui* vantes :
« Les républicains qui nous gouvernent, et qui ont proie lesté pendant dix-huit ans contre le^ mesures répressives « et oppressives des ministres de la dynastie, ne trouvent « pas aujourd'hui que ces mêmes mesures soient a.*«s6z « rigoureuses, assez tyranniques, assez cruelles pour les « garantir contre les coups de mains populaires ; il leur « faut de nouvelles lois, il leur faut un code draconien.
« Ce projet de décret contre les attroupements est, dans (( son ^enre, ce que furent dans le leur les lois de sep- (( tembre 1835. Ses dispositions sont aussi perfides, aussi « odieuses, et peuvent devenir cri Ire les maius de geus u habiles aussi fatales à la liberté. )>
« Eh 1 quoi, disait M. Bac à la tribune, nous avons un <( code qui a été formé h travers l'expérience de nos lon- « gues révolutions ; un code qui est composé de toutes les « mesures que la prudence a successivement suscitées à u tous les gouvernements. El cela ne sufiiraii pas I il fuu* i( drait saluer Tavénement. de la République par une loi « nouvelle plus arbitraire , plus exigeante , plus contraire