‹ Les hommes de 1848Chapitre 34 sur 46 · IL MARIE · texte numérisé non relu

IL MARIE

M. ïurck dit non moins judicieusement que la véritable mesure à prendre pour sauvegarder la tranquillité de Paris

serait de la placer sous la sauvegarde d'élections rounici* pales qui lui manquent corapléteaieaU Mais on u'out garde de relever celle observation.

MM, Marie, Jules Favre, Garoier-Pagès, qui étaient alors au pouvoir et qui demandent avec tant d'ardeur aujourd'hui pour Paris un conseil municipal éiu, ne voulurent jamais alors, malgré les vives réclamations (jui s'élevèrent souvent daus l'Assemblée, réorganiser sur les bases de l'élection la municipalité de Paris : et la Constitution de 1848 consacra (e régime exceptionnel auquel devait être soumise la capitale.

M. Marie fut le seul membre de lu Commission exécutive maintenu au pouvoir par le général Gavaignac. Il le méritait bien» Nul, comme nous Tavons vu, n'avait davantage contribué par ses provocations àrinsurrection de juin, qui fut réchelon ïianglant par lequel le général Gavaignac s'éleva au pouvoir.

M. Marie fut le ministre de la justice de Tétat de siège, et ce fut lui, l'ancien avocat du Populaire et des journaux démocratiques sou3 Louis-Philippe, qui se chargea de soutenir la loi contre la presse du 11 août (1). Et, abjurant lui

(1) Cette loi, outre ses dispositions pénales, vivant entr'antres le vague délit d'excitation li la haine et au mépris du gouverne* ment, rétablissait le cautionnement Déjà dans la séance du 16 juin, M. Bethmont, ministre de la Justicci répondant & une interpellation, avait annoncé que rintenlion du gouvernement était de maintenir le cautionnement des journaux. M. Bethmont, qui avait été ministre do Commerce sous le gouvernement provisoire, vota constamment avec la droite, et s'associa à toutes les mesures réactionnaires prises au nom de la République. Il donna sa démission de membre de l'Assemblée constituante le 5 novembre 1848, espérant être nommé premier président de la Cour de Paris. Mais M. Lherbette inierpella a ce sujet II* liarie, ministre de la Juslice, et lui rappela l'article de la Conslitulion, portant qno « peu-

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aussi, comme M. de Montalembert, les iliusioDS libérales de

sa jeunesse, il ût à celte occasion celte déclaration précieuse k retenir :

« Oh I nous aussi, quaud oôus sommes arrivés au gouver-

« nement des affaires, nous y sommes venus avec ces « idées, permellez-iiioi de le dire, plus clievaleresquis que (( soiides et vraies jdonl nos adversaires se parent à cette <i tribune. Oui, nous avons cru, ou du moins j'ai cru pour « pour mon compte, (|ue la civilisation avait fait d'assez <( grands pas dans le monde, pour qu'^i son éclatante lu- « mièreles esprits se lussent élevés, pour quo les cœurs se c( fussent adoucis* Nous avions pensé, je pensais que léser- « reurs de la presse pourraient en effet être corrigées fa* « cilement par les vérités de la presse; que la raison « serait seule souveraine. Devant ces idées, nous avons Il mis h néant toutes les lois de la Restauration, toutes les « lois de la branche cadette. Devant ces idées, nous avons a foulé aux pieds toutes les garanties qui avaient été don- « nées, non pas contre la liberté, mais contre l'excès de la « liberté. Qu'en est-il résulté? G'éta't la force môme du (( gouvernement qui était attaquée ; c'étaient toutes les trait ditions du pays qui étaient mises en question ; c'étaient « les colonnes de granit sur lesquelles repose la société qui <( étaientébranléeschaque jour parles attaques de la presse,»

M danl loule la durée de son mandat un dépulé ne i>ouna pas ob- « tenir d'avancement, ni ôlre proiiui fonctionnaire. » M. Marie essaye de répondre en invoquant la considération qui entourait M. Bciliuiont. tt Je proteste pour Tlionorablc M. Bethmont des « seotîments d'estime et â*alïectioD réelle, iépli(^ua M. Lherbette} 41 mais plus Phomme qui donne un mauvais exemple est haut « placé dans IVstime publique, plus ce maavais exemple est dan* u gereux. Maintenant, monsieur te ministre, faites la nomination, « mais vous pourrez être attaijué pour illégalité le lendemain* j» i.a nomination n*eut pas lieu i H. Bethmoni fut appelé au Conseil d*Etat le U avril ISiO.

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