‹ Les Hommes de guerreChapitre 11 sur 30 · LE MARKCIIAL DE LUXEMBOURG · texte numérisé non relu

LE MARKCIIAL DE LUXEMBOURG

François-Henri de Montmorency^ duc de Luxembourg, naquit le 8 janvier 1628. Il était le lils du comte de Bouteville, décapité pour un duel fameux qui eut lieu à la place Royale.

Il fit ses premières armes dans la campagne de Catalogne (1645), qui se termina tristement par la levée du siège de Lérida . Comme

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j)ar mie sorte de rompensation, il prit part à la vicloirc de Lens (20 août 1048), et il s y distingua tellement, qu'il fut nommé maréchal de camp, malgré son âge de vingt ans.

Dans les guerres de la Fronde, il assista à quantité de combats, particulièrement au siège de Paris, par l'armée royale. Après avoir, ensuite, tâché mais en vain, de délivrer les princes, il alla rejoindre Turenne en Bourgogne, avec le titre de lieutenant général ; mais la défaite de Réthel (15 décembre 1650) lui fut particulièrement fatale ; car, abandonné des siens, blessé à la cuisse et enveloppé par l'ennemi, il fut obligé de se rendre. Jeté à Yincennes par Mazarin, il y resta deux mois. La nouvelle fuite de Mazarin l'ayant délivré, il retourna auprès de Condé, délivré par la même cause, et celui-ci lui donna le gouvernement de Bellegarde, en Bourgogne. Assiégé bientôt par le duc d'Epernon et le duc d'Uxelles, il ne put tenir contre les troupes du roi ; mais il obtint une capitulation acceptable.

Une troisième fois, il alla rejoindre Condé qui commandait une armée espagnole : on sait comment la campagne se termina, grâce à Turenne^ par la prise d'Arras. Quelque temps après, il était à Yalenciennes, toujours avec Condé; cette fois, plus heureux, il fit pri-

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Il venait de se niarieravcc uur In'iilii're do la maison de l.iixeinhoiiru, prlile lille d une Monlnioreney, el de joindre à son nom ri à SCS armes le nom et les armes de Luxembourg, quand, la guerre recommençant entre la France et l'Espagne, il partit comme un sim[)l(î volontaire, sous Turenne, qui le recommanda ensuite au roi, ayant pu Tapprécier. Puis, Condé ayant eu une armée, il devint Tun de ses premiers lieutenants généraux. C'est en cette qualité qu'il prit Salins el ses forts, qu'il investit Dôle, dont il facilita la reddition à Louis XIV en personne, et qu'il entra ensuite avec un corps d'armée dans le duché de Luxembourg, et dans celui de Limbourg, qu'il frappa de contributions.

Cependant, la guerre de Hollande ayant été déclarée (1672), Louis XIV confia le commandement d'une armée à Luxembourg, et la prise

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que celui-ci fiL de quanLilé de places alla porler la terreur daus les étals généraux hollandais. Cependant, il finit par être obligé d'évacuer la Hollande. Sa retraite fut admirable : sorti d'Utrecht avec 10,000 hommes le 15 novembre 1C73, il traversa une arm'^e de 70,000 hommes, et arriva à Cliarleroi le C décembre, sans avoir perdu un seul homme, un seul chariot. Aussi Louis XIV, qui regardait Luxembourg comme perdu, déclara-t-il que, bien que celuici ne fût pas encore maréchal, il ne servirait plus que dans un commandement en chef.

Toutefois, comme le grand Condé venait de prendre celui de Tarmée de Flandre, Luxembourg s'estima heureux de servir encore sous lui, et, à la tête de l'aile droite des troupes que lui avait confiée Condé, il prit part, en 1674, à la victoire de Senef.

C'est Tannée suivante, après la mort de Turenne, que Luxembourg fut un des huit maréchaux qu'une femme d'esprit, M"' Cornuel appelait la monnaie de M. de Turenne.

Il ne parait pas avoir donné de magnifiques étrennes à sa nouvelle et haute dignité : il laissa prendre Philipsbourg, par Tinfidélité des magistrats de Strasbourg, alors ville libre et impériale, qui donnèrent passage au duc de Lorraine.

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Il cul s.i rcN.iihhr (I.Mis la rampa |;ii<î <!«• I(i77. I)'al)(H(l, il |»ril \'alriHiriiii(»ft ol (lainl)rai <'l (Mniliilnia |i(mr Ii(mu(<mi|» a la violoiro (le (lassel, |jar le duc d'Orlcaus. l'jisuilc, le prince (TOrani^c ayaiil assi(*f;(3 (lliarleroi, il l'ohlii^ea h so relirer; juiis, il diiâ^ca la prise (h; (iand, dont Louis XIV s'cnipai'a i'W personne. lOnfin, à Sainl-l)(Miis, pri's de Mous, suipris \):\v h; I)rince (l'()ranL:(\ il eu eul l'aison.

(i*csl à sou reloui', et par riuiniilié de J^uuvois, qn'il fui mis à la IJaslillc, impliqué de complicilc dans les cmj)oisonnements de la \oisin el (l(^ la Vif^ouriMix; mais il fut absout par arr(M du 1 i mai lOSO.

Envoyé, n^ilyré loul, eu exil, il revint Tannée suivante ; toutefois, ce ne fut qu'en 1C90 que Louis XIV lui rendit une armée pour la campagne de Flandre. Il se vengea noblement : il gagna la décisives bataille de Fleurus, puis celle deLeuze, et, eniin, malgré une horrible trahison, celle de Steinkerque, la plus meurtrière qu'on eût vue depuis Rocroi.

Avec ses mêmes troupes surprises et victorieuses, Luxembourg batlit encore, en 1G92, le roi Guillaume, à Nerwinde, où 20,000 morts, parmilesquels 8,000 Français, restèrent sur le champ de bataille.

C'est à celte occasion qu'on dit qu'il fallait

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chanter plus de De profioidis qua de Te Deiun. Cela n'empêcha pas la cathédrale de Paris d'être remplie de drapeaux, ce qui lit que, Luxembourg' s'y étant rendu avec le prince de Conti, pour une cérémonie, celui-ci écarta la foule en disant : « Laissez passer le tapissier de Notre-Dame. »

Le maréchal termina sa glorieuse carrière par la longue marche qu'il fit, malgré les ennemis, depuis Yignomont jusqu'à l'Escaut, près de Tournai. Revenu à Versailles, il y tomba malade, le 31 décembre 1G94, et, le 4 janvier 1G95, à 7 heures du matin, il expirait.

Un mot du maréchal pour finir. II était un peu bossu; ce qui permit un jour au prince d'Orange, furieux, de dire : « Je ne pourrai donc jamais battre ce bossu-hà ! — Bossu 1 répliqua Luxembourg quand on lui rapporta le propos. Qu'en sait-il? il ne m'a jamais vu par derrière ! »

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