‹ Les Hommes de guerreChapitre 12 sur 30 · VAUBAN · texte numérisé non relu

VAUBAN

Sébastien le Preslre, marquis de Vauban, naqiiil à Sainl-Léger-de-Foucheret, près de Saulieu, en Bourgogne, le 15 mai 1C33.

Resté orphelin tout jeune encore et privé de fortune, il fut élevé parmi les paysans, et son premier et presque son seul maître fut le prieur d'un couvent de Semur, qui, l'ayant

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rcMKMjiilré [)iir hasard cl deviiiaiiL ses dispositions, s'iiiléressa à lui, le prit à la cure, lui apprit à lire, à écrire et lui donna mémo une assez bonne teinture des mathématiques, des fortihcations et du dessin.

C'est avec ces connaissances que Vauban s'enrôla, à dix-sept ans, dans Tarmée du prince de Condé, alors révolté contre la cour et allié aux Espagnols. Fait prisonnier par Tarmée royale, après un an do cette guerre aventureuse, le jeune homme eut la chance d'être présenté à Mazarin^ qui devina son mérite et lui prépara son glorieux avenir.

Dos 1G53, c'est-à-dire à vingt ans, il était assez connu, comme ingénieur, pour être chargé de réparer les fortihcations de Sainte- Ménehould. Il servit ensuite, en cette même qualité d'ingénieur, dans les armées de Louis XIV, et il s'acquit assez de réputation pour qu'on le chargeât de préparer les sièges de Landrecies, do Condé, de Valenciennes, de Montmody, elc, qui furent conduits à bonne fin ; après quoi il s'occupa de la réparation des fortifications de ces places.

Arriva la paix des Pyrénées : ce fut pour Vauban une nouvelle occasion de montrer son talent. On lui confia l'établissement de nouvelles forteresses, et il fit faire à l'art de la for-

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Il avait élé nommé brigadier gém'ral des armées en 1C7{, puis eommissaire général des fortilications en 1C87, et s'était ensuite livré de nouveau, pendant la paix, aux travaux de construction de forteresse, quand, envoyé avec Tarmée de Flandre, il ]>ril sous les yeux du roi Mous et Namur, où Ton remarqua, comme une chose extraordinaire, que la perte des assiégés était beaucoup plus forte que celle des assiégeants.

Vauban reprit ses travaux de défense après la paix de Ryswick, puis s'occupa de nouveau des sièges, et avec succès, dans la guerre de succession, et il reçut le bâton de maréchal en 1703.

Eu somme, il a travaillé à trois cents places anciennes, en a construit trente- trois nouvelles^ a dirigé cinquante-trois sièges el s'est trouvé à cent quarante combats. En outre, il

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a exécute une foule de travaux civils, dout qucl(jues-uns de la plus grande importance, comme les canaux de Saint-Omer, de la liruche et de Neuf-lîrisach.

Telle est Tœuvre de Yauban dont les travaux de défense nous ont encore servi dans la guerre de 1870-71.

Nous ne devons pas oublier le consciencieux et magnilique mémoire sur la misère publique en France, concluant à la diminution des impôts, qu'il osa présenter à Louis XIV, ce qui était un double courage.

Il en fut, d'ailleurs, ce qu'il en devait être : Vauban tomba en disgrâce et son mémoire fut condamné.

Enfin, Yauban, « le plus honnête homme de son siècle », suivant la belle expression du duc Saint-Simon, a laissé plusieurs ouvrages sur toutes les parties de Tart militaire, sur la navigation, le clergé, les finances, etc.

Terminons en disant que Vauban mourut en 1707 et que le cœur du grand homme fut porté, en 1708, aux Invalides, en face du tombeau de Turenne.

CATIINAT

Bataille de StclTorde.

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