VILLARS
Louis Hector, duc de Villars, fils de Pierre, marquis de Yillars, qui servit eu Italie et eu Bretague^ avec le titre de lieuteuaut géuéral, et de Marie Gigault de Bellefouds, femme do seus et d'esprit, naquit à Moulius eu I60G.
Après avoir fait ses études au collège de
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Juilly, il entra dans les pages et fit ses premières armes à seize ans, dans la campagne de Hollande, où il se distingua au j)assage du Rhin et à divers sièges, et se fit remarquer par Louis XIV lui-même, qui s'écria en le voyant charger Tennemi : « On ne peut tirer un coup de fusil quelque part, que ce petit garçon ne sorte de terre. »
Il assista ensuite à la prise du Maastricht, sous ïurenne, et à la bataille de Senef, et fut nommé colonel de cavalerie par le roi ; puis, il lit la campagne de Flandre sous le maréchal de Luxembourg, celle d'Alsace sous Créqui^ et se signala de nouveau pas son courage et ses talents militaires.
Arriva la paix de PSimègue, qui le rendit à la vie de cour; mais, envoyé en ambassade à Vienne, il montra qu'aux talents militaires, il savait joindre ceux de la diplomatie en parvenant à détacher Télecteur de Bavière de Talliance autrichienne.
Revenu k Versailles, Villars y reçut Taccueil le plus distingué, et Louvois, qui jusquelà n'avait tenu nul compte de lui, le nomma commissaire général de la cavalerie ; puis, envoyé en Flandre, il prit une part glorieuse au combat de Lens, ce qui lui fit donner le
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grade de ruMilriianl général, ri il alla seconder le maréchal d(^ Joyeuse siir le Hliiii.
De iioiiV(»au ainhassadfMir à N'ienne aprfcs la paix de Ilyswick (10î)7), il lit |H(Mive d'une grande» habileté dans les négociations diflicilcs qui ne purent éviter la guerre de Succession.
Au début de celte guerre, il fut envoyé en Lonibardie , sous Villeroi; mais l'incapacité de celui-ci le détermina à demander à être rapj)elé. 11 no perdit rien pour cela de son droit à ravancoment et so vit bientôt nommé commandant on chef à Tarmée du Uhin (1702). C'est en cette qualité qu'envoyé au secours de Télecteur de Bavière, allié de la France, investi par les Impériaux, il franchit le Hhin à Huningue, à travers mille obstacles, et écrasa le prince de Bade à la sanglante bataille do Friedlingen. Transportés par la valeur qu'il avait montrée, ses soldats le proclamèrent maréchal de France sur le champ de bataille même, et Louis XIV lui en envoya le titre en lui écrivant : « J'unis ma voix à celle de vos braves soldats. »
Continuant dignement la campagne, Villars alla prendre Nancy et Kehl et parvint à opérer sa jonction avec Télecteur de Bavière; mais le caractère irrésolu de ce dernier, la vénalité de ses ministres, qui tous étaient vendus à l'Au-
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triche, et le refus qu'on fit de sou plau hardi de marcher sur Vienne, déterminèrent bientôt Yillars à demander son rappel (1703).
Reprenant la campagne l'année suivante, Villars alla soumettre les Camisards des Cévennes, ce qui lui valut le cordon do Tordre du Saint-Esprit ; puis chargé de courir les frontières de TEst, après le désastre de Hochstœdt, il dut reprendre l'olfensive dans les campagnes de 1705 à 1707, et, forçant les lignes formidables de StoUhofen, sur la rive du Rhin, près de Strasbourg, il pénétra jusqu'en Franconie et en Souabe.
A son retour, Villars, envoyé en Dauphiné pour prévenir les entreprises du duc de Savoie, fit une heureuse campagne en Piémont, passa de là à Tarmée du Nord et livra au prince Eugène et à Marlborough la terrible bataille de Malplaquet (1709), où il fut dangereusement blessé, ce qui permit aux ennemis de reprendre TofTensive et de remporter l'avantage .
Transporté à Versailles, Villars fut comblé de louanges par Louis XIV, qui le fit pair du royaume ; mais l'inaction lui pesait tant, qu'il reprit le commandement de son armée avant d'être guéri et se vit forcé ainsi de le quitter bientôt de nouveau.
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Opoiidanl la h'raïut', riiiiiro (lrj?i h moîlîé \)i\v 1(5 l('rril)l(^ hivor dr 17()î), (îl rnvaliir (J<; loiilcs parLi, allait siiccoinhcr sous h'S coups imilli[)liés (1(5S oniiiMnis. Louis XIV lit appj^hîr Villars à Versailles (»l lui dit : « Je vous confie ma dernière armée. Si la i)ataille est perdue, vous l'écrirez à moi seul. Je monterai à cheval et je passerai par Paris. Je connais les Français : je vous mènerai deux cent mille hommes, et nous vaincrons, ou je m'ensevelirai avec eux sous les ruines de la monarchie. » Villars avait promis de vaincre : il tint sa parole, et la victoire qu'il emporta à Denain sur le prince Eugène sauva la France (1712).
Villars avait complété cette victoire par la prise de Marchienues, de Douai, du Quesnoy, de Bouchain, etc., quand, après le traité d'Utrech, que l'Autriche n'avait pas accepté, il continua la guerre contre le prince Eugène. Il enleva Spire, Landau, Fribourg-, et hâta ainsi la paix de Rastadt (1714).
Arriva la mort de Louis XIV. Villars fut nommé membre du conseil de régence, où il combattit les mesures de Dubois et les opérations de Law ; mais ce fut en vain qu'il demanda le titre de connétable.
Enfin, la guerre de Succession de Pologne survenant, Villars reprit encore une fois les
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armes, avec le titre de maréchal général, et il avait fait de rapides conquêtes dans le Milanais, quand il mourut à Turin, en 1734.