‹ Les Hommes de guerreChapitre 17 sur 30 · I.KS IM)\1 \ll> hl, *.l Kllll I. I · texte numérisé non relu

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pril [»arl, sous rinrr(î IciiiMtnl, ;i la [»ris<» dr Jliga, par l'arinro russe».

A son roloui-, il lit, avcîc sou pi'r(î, la cainpaf^iuî (le Pomeraui(\ et il se (lisliui5ua si hioii à Slralsuiul (pi'il fut fait coininaudaut d'uu regimcMit de cavaleries

C/esl avec ce grade qu'après avoir choisi lui-même ses oflieitîrs et recruté ses soldats, il se signala en nombre de rencontres, nolamment à la bataille de Sadelbuscb, où il se conduisit d'une façon si im[KHueuse, que pres(jue tous ses cavaliers périrent autour de lui.

Rendu au repos par cette bataille, Maurice, qui avait exigé une pension considérable de son père, se jeta dans la vie la plus dissipée. Sa mère crut Ten tirer en le mariant, à dix-huit ans avec Anne-Victoire de Lœben; mais elle n'y réussit pas. Heureusement, les guerres civiles qui déchiraient la Pologne vinrent bientôt le rappeler à Tarmée. Il partit à la tête d'une troupe de partisans pour aller combattre des confédérés qui menaçaient le trône d'Auguste II. De plus en plus aventureux, il faillit se faire prendre à Crachnitz avec les débris de sa petite troupe, et il n'échappa qu'en se faisant une trouée avec une vingtaine de cavaliers.

Il rentra à la cour de son père à la suite de

cette campagne ; mais il ne put y rester. Ayant eu une querelle avec le comte de Flaming, il fut disgracié. Ouelques historiens croient qu'il alla retrouver le prince Eugène devant Belgrade : le fait n'est pas certain.

Ouoi qu'il en soit, c'est à quelques années de là, en 1720, qu'il vint en France, où il était déjà connu, et se fit présenter au régent, qui lui donna le titre de maréchal de camp, puis, bientôt, avec Tassentiment de son père, colonel du régiment d'infanterie allemande de Sparre.

Retombé alors dans la vie de plaisirs, il s'en arracha tout-à-coup pour aller chercher des aventures dans le ?sord. Le duc de Courlande, déposé par ses sujets révoltés et réfugié à Danlzig, était sur le point de mourir ; or, la Pologne, intriguant pour s'annexer le duché, les Courlandais, dont l'indépendance était menacée, avaient appelé Maurice à leur aide. Il y courut et commença, pour mieux assurer son élection, par faire alliance avec Anne Ivanowna, veuve de Frédéric Guillaume de Courlande, oncle du duc Ferdinand et seule héritière du duché. Cela lui réussit: il fut élu à la diète de Mittau (1726). Mais ce n'était pas tout ; car l'impératrice Catherine de Russie le fit assiéger dans Mittau même. Il se défen-

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(lit avec opiniàtrclc ; seuioinenl, comme il elail (levemi en mrine ((Mîips l^Mniemi de la diète de lN)ic)gii(\ (jui l(i IrailaiL (rusiirpalcur, il ihî put tenir. De plus, Auua Ivaiiowna, à (jui il avait promis le mariage, sans tenir sa promesse (et il pouvait la tenir, puiscjue son premier mariaf:;e avait été cassé, s'était vengée de lui on abandonnant son parti; il en résulta qu'il dut bientôt quitter son duché.

Retiré en France, pendant (jue celle qu'il avait dédaignée devenait impératrice de Russie, Maurice de Saxe, au milieu d'une nouvelle vie de plaisirs, trouva le moyen de s'occuper de mécanique, faisant construire, avec le chevalier de Folard, un bateau rcmorqueurque l'on essaya sur la Seine, et de faire relever les fortifications de Dresde.

Arrivèrent la mort de son père, le roi de Pologne, et l'élection de son successeur, Stanislas Lesczinski. L'Autriche et la Russie s'étant liguées contre la France pour faire annuler cette élection, son frère (le fils légitime d'Auguste), le nouvel électeur de Saxe, qui ambitionnait le trône, lui offrit le commandement de son armée ; mais Maurice refusa, pour rester sous le drapeau français. Envoyé alors à l'armée du Rhin, il se signala au siè2:e de Philippsbourg et, nommé Ueutenant général,

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il combattit jusqu'en 173C. Il essaya ensuite de reconquérir la Courhinde : ce fut en vain. Ayant échoué complètement , il revint en France, où il utilisa une partie de ses loisirs à écrire ou à dicter des Rêveries et notes (publiés seulement après sa mort, en 1757), singulière composition où il entassa les observations de tout genre qu'il avait faites en France sur les mœurs, les armées, etc., mais où il dit néanmoins des choses excellentes, par exemple quand il demande que tout Français soit soldat.

Cependant, la mort de l'empereur Charles VI (1740) était venue rallumer la guerre, et, la France ayant envoyé en Bohême une armée sous les ordres du maréchal de Belle-Isle, Maurice de Saxe fut chargé du commandement de l'aile gauche, et prit une part des plus grandes aux opérations. Il emporta d'assaut la ville de Prague, puis Egra et diverses autres places fortes, et il s'honora en empêchant le pillage, chose alors nouvelle et qui parut inouïe. K la fin, quand la nuUité du maréchal de Belle-Isle et du duc de Broglie vint forcer l'armée française d'abandonner la Bohème et à reculer jusqu'au Rhin, Maurice, montrant la même supériorité dans la défensive que dans l'offensive, opéra une retraite

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savaiilc qui lui |irt'inil de raiiii^iirr son corpH (Tarniùo tMi (îiilitT.

Maiirico do Saxr venait d'rlrr char^o do courir l'Alsaco, (|iiaii(l l.oiiis X\ Ir mit à la trtr (le r^xpoditioii (hîstinoo à rcplacrîr lo préteiulanl (Iharh^s-Kdoiiai'd sni* Ir Irûnr d'Aiiglotorro. Ou sait comuKMil un»' ti^nipèto ayant dispersé notre Hotte et une escadre anglaise en ayant bloqué les débris, Toxpédition avorta. Maurice n'en reçut pas moins le bi\ton de maréchal de France (20 mars 1744).

Quelques mois après, une nouvelle cannpagne s'étant ouverte (sous les ordres suprêmes de Louis XV), le maréchal partagea le commandement ctrectif de l'armée avec le maréchal do Noailles, et, en moins de six semaines, il se rendit maître de Menin, d'Ypres , de Furnes, et de Com^tray. Ajoutons que, laissé dans cette dernière ville, à la tête de Tarmée de Flandre, il dut s'y maintenir, pendant que le maréchal de Coigny laissait envahir l'Alsace.

Renvoyé au printemps suivant au comm andement de cette armée, il était dans un tel état de soutTrance que ses amis voulaient le retenir, particulièrement Voltaire. « Il ne s'agit pas de vivre, répondit le maréchal, il s'agit de partir. » Et il partit ; seulement, comme il

ne pouvait monter à cheval, il se fit traîner dans une petite carriole d^osier. C'est dans cet équipage qu'il parut à Fontenoy et qu'il gagna la bataille, un des plus grands faits d'armes et des plus célèbres de la première moitié du xviTi'' siècle ( 1 1 mai 1745 ).

Le maréchal acheva cette brillante compagne en prenant successivement Tournai, Gand, Bruges, Oudenarde, Deudermande, Ostende, Neuport et Ath.

En récompense, il reçut le gouvernement de l'Alsace, qui valait 120,000 livres de rentes ( près d'un million de nos francs) et la propriété du château de Chambord.

L'année suivante (1746), le maréchal, envoyé dans une nouvelle campagne, se rendit maître de Namur, où Ton fit 16^000 prisonniers, battit les Autrichiens à Raucoux, entra à Bruxelles, fit capituler Louvain, Malines et Charleroi, et s'empara de toute la Belgique. Enfin, comme maréchal général, titre que, seuls avant lui, avaient porté Turenne et Villars, il remporta la victoire de Laufeld et prit Berg-op-Zoom, puis Maestricht.

Ayant ainsi glorieusement rempli et couronné sa vie militaire, le maréchal, pour qui Louis XV eut un instant l'idée de ressusciter lo titre de connétable, se retira, avec une garde

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compnsc'îo (ruti répjiinmil dr iililaiis (pnî lui avail acconh'Mî \r roi, à son chAloaii (1(3 (Ihainbord où il passa S(îs dcMiiiùros aniiiies à d(3|)ensor tMi un train j)iincicr ses r(înl(»s colossales, si colossales (jue, (|uan(l il nioiiiiil, il avait consacré une petite somme de trois millions (à i)cu près trente de nos jours) à la visite (jue lui avait promise Louis XV.

Jvst-ce à cause de cette situation de fortune que Messieurs de TAcadémie voulurent donner un fauteuil au maréchal? On ne sait. Heureusement, il eut plus d'esprit qu'eux : il refusa en donnant ses raisons dans un maj^nilique billet où il montra bravement rorthograi)he de son enfance : u Ils veule me fero de la cademie ; sela m'iret corne une bage à un chas. »

^ C'est dans cette splendide retraite de Chambord que la mort vint trouver le maréchal le 30 novembre 1750. Il était jeune encore, relativement, n'ayant que 54 ans. Aussi, ses dernières paroles furent-elles : « La vie n'est qu'un songe ; le mien a été beau^ mais il est court.»

Quant à son genre de mort, Grimm raconte qu'il fut tué dans un duel ; mais le fait est généralement contesté, et l'on croit, d'après le rapport de Senac, son médecin, qu'il fut emporté par une fièvre putride.

Quoi (jiril en soit, sa qualité de protestant empêcha qu'il ne fut inhumé à Saint-Denis; ce qui fit dire à la reine : <( Il m'est bien douloureux de ne pouvoir dire un De profundis pour ce général qui nous a fait chanter tant de Te Deiim ! »

Il eut un hommage encore plus expressif après sa mort. Deux grenadiers, en passant à Strasbourg, où un magnifique tombeau, œuvre de Pigalle, lui avait été érigé dans l'église de Saint-Thomas, tirèrent leurs sabres et les aiguisèrent sur le marbre de ce tombeau en s'écriant : « Voilà maintenant des armes invincibles ! »

LE CIÏEVALIEU D'ASSAS

LK CHi:VALIi:U D'ASSAS

Voici un simple cai)iliiine ; mais son action a été assez glorieuse pour (jue nous lui donnions place ici, parmi les plus grands.

Le chevalier Louis d'Assas naquit au Vigan , dans les Cévcnnes, le 28 août 1733, d'une famille de petite noblesse.

Entré tout jeune dans l'armée, il était parvenu au grade de chasseur du régiment d'Auvergne, quand il prit part, dans les guerres du Hanovre, en 1760, à l'aiïaire de Clostercamp, oii son corps se lit hacher, et où il reçut la mort dans des conditions mémorables.

C'était dans la nuit du 15 au 16 octobre. Entré Jdans un bois pour le fouiller, de peur de surprise, il est tout à coup environné de

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soldais ennemis, qui lui mettent la baïonnette sur la poitrine et le menacent de mort s'il jette un seul cri d'alarme ou d'avertissement. N'écoutant que son dévouement à la patrie, il se sacrifie au salut de l'armée en jetant ce cri fameux pour avertir les Français : a A moi, Aiivcîrpic ! ce sont les ennemis! » Et il tombe percé de coups.

Cette mort sublime était passée inaperçue, lorsque Voltaire, après l'avoir signalée dans une lettre au duc de Choiseul, la mit en lumière, l'année suivante^ dans son P?'écis du règne de Louis XV. Plus tard, en 1777, comme on en parlait devant Marie-Antoinette, elle s'étonna qu'une pareille action fût restée sans récompense et chargea quelqu'un d'écrire au baron d'Assas, frère aîné du chevalier, pour l'engager à lui adresser un Mémoire. Le baron ne manqua pas de suivre ce conseil et même d'en profiter pour demander de l'avancement pour ses fils et l'autorisation de joindre à son nom celui de Closlercamp, Bref, le roi luimême s'occupa de Taffaire, et, après délibération en conseil, on créa pour la famille une pension héréditaire de mille louis (24,000 livres), reversibleàperpétuitéaux aînés du nom. Voici un passage des lettres patentes datées du 8 octobre 1777, créant cette pension, pas-

Le chevalier d'Assas.

LES IIOMMKS DK HVEniKK lAI

sngn qui coiislaln offlrirlloment l'nrtion plori(Mis(î (lu clirvalirr d'Assas.

« Louis, pai' la f^iàri^ dr Dieu, rir...

« Do toutes les faraudes artiouscjiie riiistoire a inuiiorlalisecs, aucuin' uvsl au-dessus de r héroïsme avee leiiucl le sieur f.ouis, chevalier d'Assas, ea[)ilaine de chasseurs au ré;;inient d\\uverf;ue, s'est dévoué à la inorl. La nuil du la au î (i octobre 1700, le prince héréditaire de Hrunswick voulut surj)rendre à Clostercamp, près de Wesel, un corps de l'armée frau(;aise, commandé par le mar(]uis de Castries. Le chevalier d'Assas, en marchant à la découverte pendant l'obscurité, tombe dans une embuscade ennemie. Environné de baïonnettes prêtes à le percer, il peut acheter sa vie par son silence ; mais Tarmée va périr si elle ignore le danger qui la menace. Il crie à haute voix: « A moi, Auvergne! ce sont les ennemis! ^) et, dans l'instant, il tombe percé de coups. Si cette mort glorieuse l'a dérobé à notre reconnaissance, nous pouvons, du moins, en faire éprouver les etîets à son frère, etc. »

LA TOUU I) AUVEHGNE

Mort de L;i Tour ('.'Au vor'^nîo.

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