MASSÉNA
iMASSÉiNA
André Masséna naquit à Nice, en 1758, d'un marchand de vins. 11 n'avait reçu qu'une éducation fort incomplète, et il était encore enfant, lorsqu'un de ses oncles, capitaine dans la marine marchande, l'embarqua comme mousse sur un navire et lui iit faire deux voyages au long cours. Mais la mer n'était pas l'élément du jeune Masséna. Il y renonça à dix-sept ans et s'engagea au service de la France dans le régiment de Royal-Italien. Il parvint assez rapidement au grade d'adjudant-sous-officier; mais, à cette époque, les nobles seuls pouvaient être officiers. Après avoir attendu en vain pendant quatorze ans, il donna sa démission et rentra au pays, où il se maria.
C'est là que vint le trouver la Révolution.
18i NOS GLOIRES NATIONALES
Accueillant avec enthousiasme les idées de justice et de liberté, il reprit du service et entra comme adjudant-major au 3*" bataillon des volontaires du Var ; puis, élu par ceux qu'il commandait (car alors les soldats avaient le droit de désigner leurs chefs), il passa à la tète de son bataillon et fut envoyé à Tarmée du Mjidi, commandée par le général Anselme. Bientôt, cette armée envahissant le comté de Nice, Masséna se fit remarquer par son intrépidité, par son intelligence^ et rendit des services qui lui valurent d'être nommé général de brigade, puis général de division, à trois mois d'intervalle (20 décembre 1793).
En cette dernière qualité, toujours à Tarmée d'Italie^ Masséna , qui avait pour mission d'empêcher les ennemis d'envahir le territoire français, prit Oneille, Ponte di Nave, Garessio, tourna Tarmée piémontaise, massée sur les hauteurs de Saorgia, décida de la victoire, prit à l'ennemi 60 canons, des approvisionnements considérables et fit un grand nombre de prisonniers ; ce qui rendit les Français maîtres de tout le reste des Alpes-Maritimes. Un mois après (septembre 1794), il chassa de leurs positions les Autrichiens, qui s'avançaient et menaçaient Saverne, et les mit dans l'impossibilité de rien tenter de tout Thiver.
Masséna (bataille do Zuricli
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IM«ico raiiiu'c snivanliî sous hîs onln-s do K(îllerinîuni, (jul lui conliu lo roininandcîinciil do l'aile droite, di^ son armée, Masséna eut à soutenir de uouvennx combats rorïtr(î les forces coalisées d(îs Auliicliieiis (;t dcîs Sardes; les battil au col de San (iiacomo, puisa Hor^hetto. iJientot, Schercr, succédant à Ivelierniann et ayant résolu de prendre Toirensivc et de chasser les Autrichiens de la rivière de (iénes, il chargea Masséna d'exécuter son plan, et celuici, à la tète do deux divisions, fondit sur Tennemi, lo culbuta et lui lit éprouver une défaite complète à Loano.
A son tour, en 1796, ce fut Bonaparte qui remplaça Scherer à la tète de l'armée d'Italie. Au premier rang, on vit combattre Masséna, qui; après les victoires de Montenotte et de Millcsimo, mis à la tête de l'avant-garde, força le passage du pont de Lodi, entra le premier à Milan, prit une part importante aux combats de Lonato, Castiglione, etc., et aux batailles d'Arcole, de Rivoli et de la Favorite. Puis, poursuivant les Autrichiens dans les débouchés du Tyrol, il s'avança jusqu'à deux jours de marche de Vienne à travers de nouveaux succès. La signature d'un armistice vint seul l'arrêter. Envoyé alors à Paris pour porter au Directoire les drapeaux conquis sur Tennemi,
il fut accueilli comme Xenfant chéri de la victoire^ surnom que venaient de lui donner ses soldats, et il y eut une fùLe en son honneur.
A son retour à Tarmée dltalicî, où il remplaça Berthier, qui venait de s'emparer de Rome et d'y proclamer la République, Masséna trouva les soldats en proie à la misère et vivement irrités de voir des agents français s'enrichir sous leurs yeux par de honteuses spéculations. D'un autre côté, les officiers, travaillés par des agents contre-révolutionnaires, se réunirent et déclarèrent qu'ils ne voulaient pas reconnaître Masséna pour leur général en chef. Il en résulta que la population de Rome se souleva contre les Français. Dans cette situation critique, Masséna déploya la plus grande énergie, forçant les troupes à marcher et comprimant Finsurrection. Cela fait, il remit le commandement augénéral d'Allemagne etaccourut à Paris pour solliciter lui-même la grâce des officiers qui s'étaient révoltés contre son autorité.
Masséna fut récompensé du Directoire par sa mise en disponibilité ; mais, la guerre ayant recommencé avec l'Autriche, on fut heureux de le retrouver et de lui donner le commandement de l'armée d'Helvétie. Un mois après (mars 1799), il franchit le Rhin et attaqua le
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géiirral II()t/(\ sans narvcnir loiilcfois à I<î (Ii'îloger (l(i Feldkorch. Or, Jourdan, sur le; Hhin, et ScluTcr, (Ml Ilalir, vcnaitMit de se» faire hallre. Placé ainsi enire deux armées ennemies victorieuses, Masséna juijea prudent de concentrer ses Ironises et se replia en Suiss(5 en ordonnant à ses deux lieutenants Lecourhe et Dessoles^ qui o[)éraient dans les vallées de TAdige et du Ilhin, de le rejoindre.
Nommé alors par le Directoire au tri[)l(* commandement des armées de Tllelvétic», du Danube et du Rhin, (jui étaient disséminées depuis Dusseldorf jusqu'au Saint-Gothard, Masséna se vit, avec 30,000 hommes à peu près, en face de plus de 100,000 Autrichiens, divisés en trois armées. La situation était des plus difficiles ; mais il s'agissait de sauver la France, menacée d'une invasion par sa frontière de l'Est, et Masséna fut à la hauteur de la tache. Il s'établit fortement derrière la Limax, après avoir essayé en vain d'cmpecher la jonction de deux armées autrichiennes, fortes ensemble de 70,000 hommes; puis^ attaqué le 4 juin, il résista pendant deux jours et se replia sur la ligne de TAblis, d'où l'ennemi n'osa pas tenter de le déloger. Trois mois plus tard, une des trois armées, celle de l'archiduc Charles, ayant été envoyée sur le Rhin, pendant
que Souvarow était appelé d'Italie avec son armée russe pour le remplacer, Masséna s'empressa de profiter de cette faute et de fondre sur le général russe avant qu'il eut pu opérer sa jonction avec le général llotze. Dans ses marches rapides, il envoya la plus grande partie de son armée à Zurich, fil opérer un mouvement tournant à Oudinot, et, pendant que Soult rejetait Ilotze sur le Rhin, il écrasa devant Zurich Tarmée russe, lui enlevant 100 pièces de canon, 5,000 prisonniers et son trésor. C'était Tachëvement de la tâche qu'on avait confiée à Masséna ; car, par la victoire de Zurich, ilavait rejeté en Allemagne 100,000 ennemis, amené la dissolution de la coalition et sauvé la France.
C'est à ce moment que, de tous côtés, on conviait Masséna à renverser le Directoire et à s'emparer du pouvoir ; mais il n'était pas un Bonaparte : fidèle à la République^il ne voulut en être que le général et non pas l'assassin.
Cependant, arriva bientôt le coup d'Etat de Bonaparte, qui s'empressa d'enlever à Masséna le commandement de son armée victorieuse et renvoya en Italie prendre la direction des troupes qui venaient d'être battues à Novi et s'étaient repliées sur Gênes. Arrivé dans cette ville (18 février 1809). Masséna y fut presque
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aiissilol l)l()(jiir \iAV l'arinn' dr Mrlas, dont Irs forces riaient d'iiiir siip/M'iorilé écrasaiiU* par le iioinhre. Il lit une héroïque résistance, attendant l'arrivée de HonaparUî va\ Italie; mai» son arniéii et les habitants furent décimés par une horrible famine, et, le 5 juin, voyant que le peuple se soulevait, il accepta une capitulation qui lui permettait de se retirer sur le Var avec ses troupes. Masséna n'en avait pas moins, par sa longue résistance, empêché l'armée de Mêlas d'envahir le midi de la France et laissé le temps à iJonaparte de pénétrer dans la péninsule et d'y remporter la victoire de Marengo.
A son retour en France, le premier consul confia à Masséna le commandement de Tarmée d'Italie; mais il le lui relira bientôt pour le donner à Brune : il ne pouvait lui pardonner d'avoir désapprouvé le 18 brumaire.
Quoi qu'il en soit, Masséna, élu membre du Corps législatif en 1803, s'y montra très indépendant, fit fréquemment de l'opposition au premier consul et se prononça en faveur de Marceau. Bonaparte fut très irrité de cette attitude ; mais, devenu empereur, il ne put se dispenser de nommer Masséna maréchal et de le faire ensuite grand aigle de la Légion d'honneur.
11)2 x\OS GLOIRES NATIONALES
Survint la Iroisièmo coalition (1805), Masscna reçut le connmandement de Tarmee d'Italie, forte de iO,000 hommes, pour tenir en échec Tarchiduc Charles, Tempècher d'ahord d'envahir la France par le Lyonnais, puis Tarréter, pendant que lîonaparte porterait la guerre en Autriche. Il remplit sa mission à son honneur : il livra à Tarchiduc la bataille de Coldiero, le harcela lorsqu'il voulut marcher au secours de Vienne menacée et l'empêcha de rejoindre à temps l'armée de François- Joseph.
Plus tard, quand Napoléon voulut donner à son frère le trône de Naples, ce fut Masséna qu'il chargea de s'emparer de ce royaume. Les Napolitains s'enfuirent devant lui: mais Gaëte, réputée imprenable, résista, défendue par une garnison nombreuse et par la marine anglaise. Masséna vint quand même à bout de cette place, et, en peu de temps, l'amena à capituler (18 juin 1806), ce qui mit un terme aux insurrections qui éclataient de toutes parts, fit rembarquer les Anglais et amena la soumission des Calabrais, attaqués avec vigueur.
L^'année suivante, à la campagne de Pologne, Masséna reçut le commandement de Taile droite de la grande armée. Chargé à la fois, en cette qualité, de contenir les Autrichiens,
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l()rs(|ii(î dix liiiil mois apri's (IHIO;, il fui cJiarf;('' par Napoléon d'aller cliassor I(3H Aii;;lai.s du IN)rlui^al. Il n'avait (|u'uihî armiM» mal disciplinr(», |)ourvu(; (rtiu mauvais maléri(îl, mauquaiil do vivr(\s et do munitions, harcolé(î par des g iKM'i lias qui coupai en thîs communications^ et il (levait lutter contre les Anglo-lNjrtuyais, placés sous les ordres de Wellington, un grand général; cependant, il s'empara de Ciudad- Kodrigo et d'Alméida, pénétra en Portugal, par la vallée de Mondoga, avec 38,000 hommes, attaqua lUisaco, où Wellington s'était retranché, et obligea celui-ci à battre en retraite sur Coïmbre, puis sur Lisbonne. Il arriva enfin devant les lignes de Torras-Yidras, défendues par 600 canons, 100 redoutes et 60,000 Anglo- Portugais, pourvus de tout : là, il dut s'arrêter, ne pouvant songer, sans matériel de siège et avec une aussi petite armée, à enlever de pareils retranchements. Il résolut, toutefois, de tenir l'ennemi en échec, en effet, pendant six mois, attendant vainement des renforts et des munitions, il arriva à se maintenir dans sa position. Enfin, se voyant abandonné, ayant de plus à lutter contre la mauvaise volonté et les intrigues de ses lieutenants, surtout de Ney, qui refusa, à plusieurs reprises, de lui obéir, il battit en retraite et retourna en Espagne
après avoir opéré un mouvement rétrograde merveilleux qui excita Tadmiration de Wellington lui-même.
Là, Masséna réorganisa son armée et reprit l'olTcnsivc en marchant contre le général anglais, campé en Fuentès. Il culbuta Taile droite et il eût écrasé complètement Wellington, sans le mauvais vouloir de ses lieutenants, mauvais vouloir qui le fit retourner presque aussitôt en Espagne.
Ce fut la fin de la carrière militaire de Masséna, qui, desservi par Ney et, d'ailleurs, très fatigué par ses nombreuses campagnes, ne reçut aucun commandement dans la guerre contre la Russie en 1812, et fut relégué l'année suivante à Marseille, où il eut sous ses ordres la 8^ division militaire. Louis XVIII le maintint à ce poste et lui donna des lettres de naturalisation (car on se rappelle que Masséna était né à Nice, alors hors de France). Rallié ainsi aux Bourbons, le maréchal, au début des Cent-Jours, prêta son secours au duc d'Angoulême dans son expédition de la Drôme ; puis, il vécut dans la retraite jusqu'après Waterloo, et fut alors nommé commandant de la garde nationale de Paris.
Quand vint le procès du maréchal Ney, Masséna refusa de faire partie du conseil de
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giicrro ; ce (jui le mil (mi Inilln aux dénoiiciatioiis (le toutes sortes (\{\ la juirldes royalistes. Ce fut pour lui 1(î (]«'i*ui(;r coup : sa santé (16clina ra[U(leuuuit, et il s'éteignit bientôt, à Paris, en 1817. 11 fut enterré au lN;re-Lachaise, où Ton voit son niausolér, (;t Nice a élevé un mominient en son honn(nir.
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Bataille (riléliopoli: