‹ Les Hommes de guerreChapitre 24 sur 30 · VI · texte numérisé non relu

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LANNIÎS

Jean Laïuîos na(]iiit à r.ectoiir(3 en 1700, «rnii gaixon dV'Curic 11 avait appris à liiN» (d à écrire, et il était ouvrier teinturier, quand, en 1792, il s'engagea dans un bataillon de volontaires du Gers. Jl devint bientôt sergent-major et montra tant de valeur à l'armée des Pyrénées-Orientales qu'il fut nommé oflicier; puis, il devint chef de brigade en 1795. Compris la même année dans les ofiîciers supérieurs destitués pour incapacité, et se sentant né pour la carrière militaire, il se fit présenter au général Bonaparte et obtint de faire partie de l'armée d'Italie comme simple volontaire. Une tarda par à se faire remarquer, et, après le combat de Millesimo (1796), il rentra dans son grade de chef de brigade. Il se distin-

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gua ensuite à Dego, à Cadaçiio, au pont de Lodi, à la prise de Pavie. Nommé alors général de brigade , il enleva un faubourg de Mantoue, fut blessé à Governalo, à Aréole deux fois. Le lendemain, apprenant que le combat continuait, il monta à cheval, s'élança sur le pontd'Arcole au milieu delà mitraille, entraînant ses soldats après lui, et blessé gravement, il tomba sans connaissance.

^A peine guéri, Lannes prit part à la bataille de Rivoli (1797), marcha sur Rome et enleva les retranchements d'Imola ; puis, il fut envoyé par Bonaparte auprès du pape pour traiter de la paix. Bientôt, le traité de Campo-Formio ayant été conclu avec TAutriche, Lannes reçut le commandement des départements de l'Isère, de la Drome, de FArdèche et du Gard. Appelé^ peu après, à faire partie de Texpédition d'Egypte, il prit part à toutes les affaires importantes, contribua à la prise de Gaza, de Jaffa, fut blessé à Saint-Jean-d'Acre, puis à Aboukir. A son retour en France, avec le grade de général de division, Lannes, qui était revenu en même temps que Bonaparte, s'associa au coup d'Etat du 18 brumaire, et, en récompense, il fut nommé commandant en chef de la garde consulaire et mis à la tête de Tavant-garde de l'armée des Alpes. Fran-

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cliissani alors I«î S.iiiil nmi-nd, il .s'rlaM<;a ni avanl, avec <|iirI(HH;s canons, chassa hîS Anlrichicns irAoslc, dn (lliAlilInn, H'(;nipara (l'Ivrciî par escalade, de Pavic, de Stradrlla, conirihua an sncci's do la l)atailhî de Monhîhello, nii, snivanl son expnîssion, « Iiîs halles cla(|naienl snr les os de ses soldais coninn' la i^rùle snr des vilraL;cs », (îl , enfin sonlint, pondant scpl luMires k Marengo, les rdl'orts de TarnuM» anlrichienne el do 80 pièces (h» canon, ce ([ni lui valut un sahrc d'honnenr. Envoyé en Porlnf;al, en 1801, comme ministre plénipolentiaire, Lannes ne put tenir dans ce poslt^ avec son caractère emporté : on le rappela hientot et on le remplaça par Jnnot. Il était dovenn sncccssivcment maréchal de France, qrand-croix de la Lésion crhonneur ut dnc de Montehello, quand, à la campagne de I8O0 contre rAutriche, il fut mis à la tête de ravant-gardc, puis commanda l'aile gauche à la hataille d'Austerlitz. Après avoir occupé quelque temps la Moravie, il lit, en 180G, la campagne de Prusse et prit part à la bataille triéna ; de là, il marcha contre les Russes, qu'il battit à Pultusk, où il fut blessé (c'était sa cinquième blessure). Il resta ensuite quelque temps à Varsovie et il alla contribuer à la prise de Dantzig, puis à la victoire de Fried-

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land. Enfin, envoyé en Espagne en 1808, il commença par battre, h Tudela, Palafox et Castanos; après qnoi, charj^^é do diriger les opérations du mémorable siège de Saragosse, il réussit, au prix des i)lus grands elForts, à s'emparer de cette ville héroïque.

Lannes se reposait de ses fatigues au sein de sa famille, à sa propriété de Maisons, prêt de Paris, quand une nouvelle guerre avec^ l'Autriche vint le prendre pour le pousser de nouveau sur les champs de bataille. Il combattit à Abensberg, à Eckmiil, à Ratisbonne ; puis, toujours à l'avant-garde, il marcha sur Vienne, et,aprèsavoir vaincu les Autrichiens à Amstctten, il arriva avec Napoléon aux portes de Vienne, qui fut bombardée et qui capitula aussitôt. Continuant la campagne, il avait rompu et culbuté les lignes ennemies à Essling, lorsque la rupture des ponts jetés sur le Danube coupa notre armée en deux. Attaqué alors par Farcliiduc Frédéric- Charles, n'ayant plus de munitions^ exposé à un feu terrible, Lannes se plaça sur le front de sa ligne, où il fut atteint tout à coup par un boulet qui lui brisa les deux jambes (22 mai 1809). Dès qu'il connut la nouvelle , Napoléon courut vers le brancard qui portait le maréchal dans nie de Lobau, pour y subir Tampu-

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licuK's, i'«'|)(MMlil \r hirssé eu roiivraiiL Nîs y(iux, vous aurez [Mudu rinuiimo (piivousa lo j)lns aimé. >^ l)'a|>n'S uur auli»' vfM'sion, Larmes aurait rr|u*()('lu'' à \a|Mj(''(Mi sa j)olili(|ur, en lui (lisaul <|u\'ll(' lui serait l'atah; ainsi (ju a la France ; mais les (luelipies mois (|U(; nous venons (le rapporter son! les plus vi'aisemMaliies, étant (loiuie ce (jue Lann''s avail lait pour Napoléon.

Quoi qu'il en soil, a[)ri's avoir suhi Tampulation, J.anncvs l'ut Iransporle à Vienne, où il mourut, (juehjues jours aprî'S (31 mai 1809). L'année suivante, ses restes furent portés à Paris et déposés an Panthéon, et, après la révolution de Juillet 1830, la ville de Lectoure lui érigea une statue.

Nous avons dit que Larmes était sans instruction et brutal. Devant Napoléon même, il gardait ses manières grossières. C'est ainsi qu'après la bataille d'E} lau. Napoléon ayant attribué toute la gloire de cette journée à Murât, Lannes entra dans une violente colère: « Augereau et moi, nous avons combattu plus que Murât! lui cria-t-il en face. Croyezvous que je sois homme à me laisser prendre

une seule palme ? Non ! par personne ; pas même par votre coq empanaché de beau-frère, qni vient, après la victoire, chanter cocorico 1 »

Lannos montra le môme caractère dans deux autres circonstances que nous rapporterons. Le peintre Robert ayant été chargé par Napoléon de faire le portrait du maréchal, celui-ci le reçut fort mal, et, parlant de l'empereur : « Que veut-il faire de mon portrait, ce b... là? » dit-il. Un jour, aux Tuileries, comme Ton parlait devant lui des défenseurs de Saragosse, qu'on accusait de fanatisme: « Messieurs^ fit-il, ce sera ce que vous voudrez; mais je puis vous assurer que ce sont des b... qui se battent bien! »

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