NEY
iMiolu'l Aey iia<iuil à Sai-rclouis, le 10 janvier 17C9, (riiu ainûen soldat devenu tonnelier. Il fréquenta pendant (juelque temps le collège des Augustins, et, à treize ans, avecune instruction élémentaire, entra comme petit clerc chez un notaire. De là, il passa employé aux écritures au tribunal, puis dans les bureaux de la compagnie des mines d'Apenweiler. Cependant, cette existence monotone n'était pas faite pour sa nature ardente : se sentant une autre vocation, celle des armes, il s'enrôla bientôt à Metz, le 6 décembre 1788, dans un régiment de hussards.
Le jeune Ney se fit aussitôt remarquer et passa rapidement par tous les grades subalternes, et, après avoir fait la campagne de
278 NOS GLOIUES NATIONAL
1792, dans l'armée du Nord, il fut nommé lieutenant. Successivement aide de camp du général Lamarche et du général CoUard, il assista aux conibals de Nerwinde, de Louvain , de Valcnciennes, etc. Nommé capitaine en 1794, il fut chargé par Kléher, frappé de son énergie et de sa froide intrépidité, de harceler les Autrichiens à la tête d'un petit corps de 500 hommes, et il lit, dans cette mission, preuve de qualités qui lui valurent le surnom à'Iiifatigahle et le grade de chef d'escadron. Passé chef de brigade à un mois de là, après sa belle conduite à la bataille d'Aldenhoven, il concourut au siège et à la prise de Maastricht (novembre 1779), puis au siège de Mayence, où il fut grièvement blessé, A sa guérison, en 1795, ayant rejoint Tarmée de Sambre-et-Meuse, il prit part à divers combats, enleva notamment la citadelle de Wurtzbourg, où il fit 2,000 prisonniers, et, après avoir forcé, à la suite de plusieurs rencontres, le passage de la Rednitz, il battit l'ennemi sous les murs de Forzheim et s'empara de la place (8 août 1796); ce que lui valut le jour même le grade de général de brigade.
L'année suivante, mis à la tête d'un corps de hussards, Ney contribua, par des charges brillantes, à la défaite des Autrichiens à Neu-
ij:s ihkmmks dk (îiikiihk m
witnl cl à Dicidoll. <Jurl(|urs jours ajirrs, \r, 27 août 17117, il |KMiisMi\.iil rniin'ini iï (licHsrii, (luaihl, ayaiil «mi son clirN.il Im'; sous lui, il l'iil rntouré [)ar uu ^rus dr cavaliers cl fut l'ail luisounicr , maigre uuo luîr()ï(]uc lYîsislanci^ avec le Ironcou (1(î son sahrc. Hcniis j)rcs(|U(î iiussilol eu lihc'rlé , par suilo d'un échani^o, il fut hieulol envoyé h Tarmée comniandéo par nernadolle (cet amhilieux qui devait se faire roi de Suède ot combattre contre Napoléon) et se siqiiala dès le début de la campagne par un (rail d'une rare audace. Ayant reiju Tordre de s'emparer de Manheim , il s'introduisit furtivement dans la place avec 150 hommes déterminés et s'en rendit maître ! Fait général de division pour cette belle action, il passa à l'armée du Danube, sous les ordres de Masséna et se distingua en diverses rencontres, particulièrement à Wintherthur, où il lutta avec 3,000 hommes contre IC^OOO Autrichiens et reçut deux blessures. Peu de temps après, à peine guéri, il était à Tarmée du Rhin, et, à la tête de l'avaut-garde, s'emparait de Hoilbroon, de Laufcn, battait Tennemi à Wisloch, h Hockeim, et ne se repliait que devant des forces d'une supériorité énorme et en recevant deux nouvelles blessures. Bientôt investi du commandement provi-
iiSO xNOS CiL()IlU:S NATIONAI.IÙS
soire do FarrruV du Rhîn, Ncy fit une attaque sur toiiL(! lit liyiKî pour empocher Tarchiduc Charles d'opérer sa jonction avec Souwarow ; ce qui permit à Masséna de battre complètement Tarmée auslro-russe à Zurich. Il avait remporte divers succès et avait remis le commandement en chef au général Lecourbe pour faire une guerre d'avant-poste, lorsque lîonaparte, revenu d'Egypte, lit le coup d'Etat du 18 brumaire. Ney adhéra au nouveau gouvernement et continua à serv'r dans les armées du Rhin et du Danube, réunies sous les ordres supérieurs de Moreau ; il contribua surtout puissamment à la victoire de Ilohenlinden , 011 il s'empara, par un mouvemont rapide et par une attaque impétueuse, de 10,000 prisonniers et de dix canons, victoire qui, avec la bataille de Marengo, força Tennemi à signer la paix de Lunéville (4 février 1801).
Ney se rendit alors à Paris, où le premier consul , pour se l'attacher, lui fit épouser W^"" Louise Auguié de Lascaus, amie intime d'Hortense de Beauharnais , sa belle-sœur. Quelques mois plus tard, Ney était envoyé comme ministre plénipotiaire en Suisse pour proposer au Sénat de Berne de mettre la république helvétique sous la protection de la France, et il réussissait dans sa mission.
ij:s ii(»mmi;s di: <.i:i:iiki. 2ni
lla|i|irl(' .111 mois «roclobrt* siiivniil (1K03), il recul, Ir liS dccrinhiM*, lo ('oiinii.'UidfMneiil (Ml clirl^lii ()' ('()r|)s (Ir r.iniirc (|iMî llonapîirte rasscnihLiil sur hvs cùIrs dr l.i M.ificlu', pour ()|)<M"('r une dcsceulc eu Au^IrlrriT, rL, aj^rès la proclauialijMi de. l'I^inpiic, il fut uDmmé niaivchal (hvl^^aucc, rrcuL Ir «^rand corduu dcî la Lt\i;i()n (riiouncur (3l hî liLiii do chef de la 7*' cohorli^
(iOpiMidiiiil, la i^'uerro «ivcc rAuliicJi(», alliée do rAui^lelerro cl de la llussic, ayaiiL éclaté (1805), Noy franchit le Uhiu à la tétc du 6"' coi'ps, occupa, apri's uuiî niarc^ho rapide, les défilés du Dauuho, battit Tarchiduc Ferdinand il (luntzbouri; ; puis, chargé d'eidevor les formidables positions d'Elchingeu, défendues par 15,000 honunes et -iO pièces de canon, culbuta Tennemi et le rejeta dans Ulni, qui dut capituler. Alors, pendant (jue Napoléon marchait sur Vienne, Ney pénétra dans le Tyrol avec 30,000 hommes, en chassa Farchiduc Jean, prit Charnit, Inspruck, Hall, où il s'empara des arsenaux et des magasins de Tennemi, et entra dans la Carinthie au moment où la victoire d'Austerlitz forçait TAutriche à signer la paix de Presbourg.
Arriva la campagne de 1806-1807 contre la Prusse et la Russie. Toujours à la tête, Ney
^82 NOS GLOIIIKS NAÏIONALKS
acheva la défaite des Prussiens à léna, s'empara irKrfurt, où il prit 120 pièces de canon et fit 1 i,000 prisonniers, obligea à capituler en vingt-quatre heures Magdebourg, boulevard de la 1^'usse, avec 800 canons et 23,000 prisonniers. De là, après avoir chassé de ïhorn les Prussiens, mis en pleine déroute, il franchit la Vistule, battit l'ennemi à Miawa et près de Lauterbach, rejeta Bcnningsen derrière le Prégel, dégagea lîernadotte, attarpié par toute Tarmée russe à Morhungen, détruisit tout un corps prussien à Dcppen et à la sanglante bataille d'Eylau. Il avait soutenu avec 14,000 combattants, les elforts de 70,000 Russes et de 100 pièces de canon, quand, après avoir battu Tennemi à Spanden, il dut, devant la supériorité du nombre, opérer sa retraite sur Altenbourg ; ce qu'il fit avec habileté et sang-froid. Enfin, quelques jours après, à Friediand, il jetait dans TElbe l'aile gauche de l'ennemi, emportait la ville, défendue par la garde impériale russe, ce qui décida de la victoire; il venait de s'emparer d'Intersbourg, lorsque la paix de ïilsitt mit fin à la guerre.
Ney, qui était rentré en France avec le surnom de brave des Braves et avait reçu de Napoléon le titre de duc d'Elchingen, commençait à peine à se reposer des fatigues de ses
M:s lln.MMKs DK lilKIlUK «KJ
(Icrnirrcs ri lahoritîiiscs caiiipaj^iuîs, lorsqu'il lui (MivoNr ru Mspa«^ur avec son 6" cori»s. Il |»ril li(>L;r(Uh», Soria, i'iu|irclia WrlIiuL^loii ilir taire sa joucliou avec loyéurral de; laH(Muaua; puis, ayauL (Milr(»pris (!(» souuuîltre la (ialicio cl l(\s Asiuries, il si^ vil liaicrirr par les guérillas, uiais hallil la Uouiaua a INuiailor, entra à Oviedo el lit é[)r()uvor à Wilsou uu y rave échec à Hanos. Passant ensuite en I^ortugal (181!)), sous l(\s ordres de Afasséna, il assiéga et prit (liudad-llodrii^o, livra liî coniliat de (îuarda, obtint la reddition d'Ahueida et arriva avec les restes de son armée devant riiu^xpuynable position de Villa-Franca^ sous les murs do Lisbonne. L'armée tint six mois; mais, en proie à la disette,, elle dut enfin battre en retraite. Alors, Ney, dont le G'' corps était réduit à 0^,000 hommes fut chargé de soutenir à Tarrière-garde les elVorts de Tarmée angloportugaise, forte de 4,000 hommes. Il fit en cette circonstance preuve d'une connaissance profonde de Part des retraites et parvint constamment à tenir en échec l'ennemi, qui ne put l'entamer. Malheureusement, à la suite du' désordre arrivé au pont de Poltz de Aronce, un vif dissentiment éclata entre Masséna et Ney au sujet de la marche que devait suivre l'armée. Ney refusa d'obéir à Masséna qui était
â.S'i NOS (iI.()IKi:s N A rioN AI.KS
SOU chef, el fut soiiiciiu par son corps. Bref^ l'ospril. (lo rébellion alla si loin, que Masséna fut obligé de retirer sou coniniaudeineut à Ney, et celui-ci, après une teutative de résistauce, dut céder et rentrer en France.
Ney n'avait pas perdu pour cela la confiance de Napoléon, et, quand vint la guerre de Russie (1812), il se lit mettre à la tète du 3*" corps. Ce fut sa ])lus glorieuse campagne. Après Tavoir inaugurée en battant Tennemi à Lyadi, pris une part brillante à la bataille de Smolensk, où il fut atteint d'une balle au cou et culbuté à Valentia trois corps d'armée russe, il commandait le centre de notre armée à la bataille de la Moskowa et avec tant de valeur, que Napoléon lui donna le titre de prince de la Moskowa.
Arriva la désastreuse retraite^ oi^i Ney se surpassa lui-même. Chargé du commandement de l'arrière-garde, il maintint en échec les Cosaques, fut séparé du gros de Tarmée à Krasnoï, oii, n'ayant que 7,000 hommes, il fut attaqué par des forces énormes et gagna le Dnieper en laissant derrière lui des milliers d'hommes et de chevaux ensevelis sous la neige, mais en relevant sans cesse, par ses paroles et par son exemple, le courage abattu de ses soldats. Arrivé au Dnieper, Ney, trou-