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voyait acilamr [larloiil, Nry rlail tombé dans rirresoliilioii, ([uaiid, la luiit du 13 au li marn, des émissaires de HouaiJarte vinrent \r trouver et lui déclarèrent faussement que le retour de Napoléon s'opérait de concert avec TAngleterre et rAnlriche, ajoulant([ue ses soldais allaient Tabandonner. Ebranlé, Ney consulta les généraux Lecourbe et Hourmont, qui lui conseillèrent d'abandonner la cause royale. (Jubliant alors toutes ses promesses, toutes ses bruyantes protestations, Ney se décida à se prononcer pour le parti trioni[)hant. Aussitôt, il donna l'ordre de réunir les troupes sur la place de Lons-le-Saunier, le matin même, et, à l'heure fixée, au milieu d'une foule énorme, il tira son épéc, et, d'une voix forte, il lut une proclamation en faveur de Bonaparte, qui lui avait été laissée par les émissaires de celui-ci. De toutes parts éclatèrent des acclamations frénétiques. Mais, rentré chez lui, Ney eut des improbateurs. 11 est vrai qu'ayant réuni les généraux dans un dîner de circonstance, tous (un seul n'avait pas accepté) lui donnèrent raison. Ainsi fortifié, il quitta Lons-le-Saulnier dans la nuit du 14, pour se rendre h Autun, puis à Auxerre, suivant l'ordre de Bonaparte. Ce fut dans celte dernière ville qu'il rencontra celui-ci. Ney voulut lui lire une sorte de mani-
feste OÙ il lui expliquait sa conduite et où il faisait ses réserves; mais Bonaparte ne le lui permit pas, et, le lendemain seulement, il put lui faire connaître ses sentiments dans une lettre où il lui disait : <( Je vous somme de ne plus prendre les armes que pour maintenir nos frontières, de ne plus les dépasser pour aller tenler au loin d'inutiles conquêtes : à ces conditions, je me rends à vous pour préserver mon pays des déchirements dont il est menacé ! » Pour se débarrasser d'un pareil raisonneur, Bonaparte Tenvoya inspecter les troupes sur toute la ligne des frontières du nord-est. A quelques semaines de là, le 1" juin, ayant réuni solennellement le corps électoral au champ de Mai, et apercevant Ney, qui n'avait pas reparu aux Tuileries, Bonaparte lui dit : « Je croyais que vous aviez émigré. — J'aurais du le faire plus tôt, répliqua le maréchal ; maintenant, il est trop tard. » Malgré sa défiance, cependant, Bonaparte nomma le lendemain Ney membre de la Chambre des pairs, puis lui donna le commandement du 1" et du 2"" corps de Tarmée.
Ney partit, et, quelques jours après, il se trouvait en face de l'ennemi et combattait héroïquement aux quatre-Bras et à Waterloo, où, voyant tout perdu, il chercha vainement la
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morl à Iravcrs la iiiitrailliî, ayant cifiq c.lH'vaiix lurs sous lui, rrianl. à ses soldais: " Vrnrz \i)\v coinuuMit iiUMirL un inan'clial dr I' raiH'o sur un chanii) do halailh'! » ot à l)rou<îl crMrlon: « Ksl-c(M|uo lu ne te fais pas tucM*, toi? »»
Uoiitrù à Paris, après lo désastre, Ney, au lieu d'essayer de relever les courages ahatlus, osa diie m plein Sénat: << Il ne nous reste plus (\\iii entamer des négociations. Il faut rappeler les llourbons, et, moi, je vais prendre le chemin des Etats-Unis. » Jjilin, le 3 juillet, lo g'ouvernenuMit signait une capitulation dont Tarticle 12 sauvegardait tous les citoyens. Ney jugea néanmoins prudent de quitter l\aris le jour mémo où les alliés y entrèrent, et il se dirigea vers la Suisse. 11 était dans un petit village d'eaux thermales nommé Saint- Alan, quand il apprit par une lettre de sa femme, qu'en vertu do Tordonnance rendue par Louis XVlll, il allait être traduit devant un conseil do guerre avec dix-neuf généraux et officiers supérieurs « pour avoir trahi le roi et s'être emparé du pouvoir par violence ». Ne se croyant pas en sûreté, Ney alla se réfugier chez un des parents de sa femme, au château de Bessonis dans le Lot. C'est là qu'une imprudence inconcevable vint le faire prendre.
Il avait laissé dans le salon du château le
li'Ji NOS GLOIRES NATIONALES
sabre turc que lui avait donné lîonaparte. Ce sabre fut vu par un visiteur, un habitant d'Aurillac, (jui, au retour à la ville, en parla, et la chose alla jusqu'au préfet. (]elui-ci prévint son collègue (car lîessonis n'est pas dans le même département), et le 5 août, au matin, on annonça à iXcy la présence des gendarmes aux portes du château. 11 pouvait fuir^ il ne le voulut pas; au contraire, ouvrant la fenêtre, il cria: « Que voulez- vous? — Nous cherchons le maréchal Ney, répondit le chef des gendarmes. — Que lui voulez-vous? — Nous venons l'arrêter. — Alors, montez : je vais vous le faire voir. » Et les gendarmes étant montés, le maréchal ouvrit sa porte et dit: « Je suis le maréchal Ney. »
Il fut conduit à Aurillac, et le 10 août, sur des ordres reçus du gouvernement, transféré à Paris. Une ordonnance institua un conseil de guerre pour le juger; mais, conformément aux conclusions de Berryer père, son avocat, le tribunal se déclara incompétent, vu la qualité de pair qu'avait Ney. Le lendemain, Louis XVIII déférait à la Chambre des pairs le jugement du maréchal Ney, et le 4 décembre^ les débats s'ouvraient. Après six heures de délibération, la Chambre rendit un arrêt qui condamnait Ney à la peine de mort.
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C/rlail m son ahsiîucc. (jiiand lo secrétaire se préseiila à la ])ris()n du Luxeinhour^^ pour lui lire rarrri, Ney donnail. Hrveillé, il écoula gravement, et, comme ou énuiuérait tous ses titres: « Pass(v., iiit('rroinpil-il ; dites iMichrl Ney et hienlol uu |hmi dr poussière. »
Le l(Muleuiaiu malin, 7 dé(*cml)nî , après avoir reçu les adieux dcî sa fiunmo et de ses enfants, il fut coiuluit eu voituie au lieu de Texéculion, avenue d(î l'Observatoire. Le chef du peloton d'exécution lui ollVil de lui hander les yeux. « Ignorez-vous, dit-il, que depuis vingl-cin(j ans, j'ai riiabilude de regarder en face les balles et les boulets? » Il ola son chapeau de la main gauche, et, posaut sa main droite sur sa poitrine, il s'écria: « Soldats, droit au cœur! » 11 tomba frappé de dix balles à la poitrine, trois à la tête et au cou et une dans le bras : il était mort.
Après la révolution de Juillet, Louis-Philippe fit mettre la statue du maréchal Ney au musée de Versailles, et, d'après un décret de la République de 1848, on lui en éleva une au lieu même où il avait été fusillé.
DAVOUÏ
Auersiadt.