DAVOUT
Louis-Nicolas Davout, qu'i! ne faut pas confondre avec le général de cavalerie Davoust, mort dans !a campagne d'Egypte, naquit à Annoux (Yonne), le 10 mai 1770. Issu d'une famille noble mais pauvre, le futur prince d'Eckmiihl entra, en 1785, à TKcole militaire de Paris, et il en sortit, trois ans après, avec le
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i^rade de soiis-liculeiianUui réj^iinent de Champagne (cavalerie), où il consacra ses loisirs à l'élude; ce qui iit dire à son oncle, major dans le même régiment : « Mon neveu Davout ne fera jamais rien ; il ne sera jamais un militaire. Au lieu de travailler sa théorie, il s'occupe de Montaigne, de Rousseau et d'autres farceurs ».
Quoi qu il en soit^ quand éclata la Révolution , Davout alors en garnison à llesdin en embrassa les principes avec ardeur, et il eut l'occasion de montrer ses opinions. Le régiment dont il faisait partie ayant offert un banquet à un régiment de passage, un oflicier noble porta ce toast : (( Je propose une santé que nous avons tous dans le cœur, bien que, dans ces temps de liberté, on ne nous permette pas de la porter, et je me flatte qu il n'y pas parmi nous de j...-f... qui en propose une autre : à la santé du roi ! » Davout, sur qui tous les regards s'étaient portés, se leva et dit froidement : a C'est moi, messieurs, qui suis le j...-f... dont monsieur a voulu parler. A la santé de la nation ! »
L'affaire n'eut pas de suites ; mais, peu après, une révolte ayant éclaté dans le régiment, Davout en fut considéré comme l'auteur et envoyé en disponibilité. Heureusement, ce ne fut
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pas pour louf^liMnps : ou le nipprla l)it;iitol dans l'N'oniio pour oi'f^aiiiscîr les halailluns do voloritain^s. lAw lirulrnaiit-coloiw'l dans l(» y balailloil, il servit dans rai'mrr, du Nord, Sf)iis l(îs ordrc.s siuMM'Ssils dr, l.a h'ayrllr, d<î Kilinaiu, do (lusliiuî oL do Duinouricz , rpiil jioursiiiviL iiiuliloinout lors de la trahison do 00 gonôral.
Exclu diî l'armoo (mi 17î)ii, à causo <!<» son orit^ino nohio, il fui i^'intof^ré dans los cadros en 1794 et nomme général do brigade pendant lo siège de Luxembourg. Passant alors à l'armée du Ilhin, sous Picliegru, il piit part à l'affaire do Manheim, oii il fut fait prisonnier. Ayant été mis en liberté sur parole , il se retira quelque temps dans sa[familb3, et profita de son inaction forcée pour étudier Tart militaire.
Au bout de quelques mois, Davout rejoignit Tarméo du Rhin, commandée par Marceau ; puis, il prit part à l'expédition d'Egypte, où il se signala par son intrépidité et fut le seul général qui refusât de signer, après le départ de Bonaparte, la capitulation du Caire.
Revenu ensuite en France, avec Desaix^ Davout fut^ en 1800, envoyé en Italie avec le grade de général de division ; puis, rappelé de Paris par Bonaparte, il reçut, avec la direction
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(lu camp de IJruges, le commandement du troisième corps de Tarmée d'Angleterre. Il avait été nommé maréchal en 1804, quand, Tannée suivante, il ouvrit la campagne du Rhin à la tête de son corps, qui formait Taile gauche de la grande armée, et enleva aux prussiens, en quelques jours, cent-quatrevingt-onze'piéccs de canon; ce qui lui valut le grand cordon delà Légion d'honneur et le titre de général des grenadiers à pied de la garde.
Davout fut ensuite de la nouvelle campagne contre la Prusse (1806)^ où il gagna la sanglante bataille d'Auerstadt. Alors, profitant de la proximité delà Pologne, il encouragea, parmi les libéraux de cette nation, un mouvement indépendant ; mais un soulèvement de la Prusse le fit manquer. Abandonnant malgré lui ce malheureux peuple polonais, il reprit la campagne et se couvrit de gloire à Eylau, à Friedland, à Tilsitt.
Davout avait été investi depuis un an du gouvernement de la ville et du duché de Varsovie, quand, en 1808, il fut accusé d'avoir voulu reconstituer à son profit la royauté polonaise, et Napoléon eut la faiblesse de prêter Toreille à ces calomnies. Justement froissé, Davout remit au roi de Saxe le gouvernement de Varsovie et alla reprendre son service dans