FORTUNÉ
10* arrondissement. — 11,354 voix.
Fortuné (Henri) est un méridional né à Touloase, plein de jactance, qui, quoique âgé d'une quarantaine d'années, a les cheveux tout blancs, ce qui donne h sa physionomie encore jeune et d'une vivacité rcmanjuable un aspect d'une bizarrerie et d'une originalité vraiment curieuses.
Fortuné est né à la vie politique avec le Comité central dont il a été un des agents les plus actifs. Elu h la Commune, il y est resté presque inconnu, quoiqu'il semblât très désireux de faire parler de lui et qu'il se montrât partout, comme Babick, revêtu de tous ses insignes de membre du Comité central et delà Commune.
Fortuné fut nommé membre de la Commission des subsistances. Il vota pour la formation d'un Comité de salut pubhc, et se rallia en général à toutes les mesures violentes prises par la Commune.
C'était un incapable qui cherchait, comme beaucoup d'autres, h cacher son ineptie sous des motions violentes et même souvent cruelles. Ces gens qui deviennent révolutionnaires par la seule crainte de devenir suspects à leurs électeurs ou à leurs collègues, sont les plus terribles ; ils sont d'autant plus implacables et plus prompts à adopter les mesures les plus violentes que la discussion de leurs actes montrerait avec quelle légèreté et quelle ignorance ils ont pris les décisions si graves dont ils n'hésitent pas à encourir la responsabilité.
A voir le pas délibéré et la démarche toute juvénile de ce brillant officier de la garde nationale à la
igure intelligente et ouverte, on aurait pu croire u'on était en présence d'un homme intelligent et ensé; mais on s'apercevait bien vite que Fortuné l'était qu'un incapable, plein de vanité, qui ne reniait devant aucun acte qu'il croyait pouvoir pro- 3nger la durée du mandat que plus de onze mille lecteurs avaient, nous ne savons pourquoi ni comlent, confié à un homme aussi inconnu et qui tait si digne de ne sortir jamais de l'obscurité dans iQuelle il était resté jusqu'alors.
H. Fortuné est un de ceux dont on a annoncé arrestation et qui, vérification faite, n'est point Dire les mains de la justice.
FRANKEL.
13' arrondissement.— 4,526 voix.
Léo Frankel, né à Bude le 28 février 1844 était n ouvrier bijoutier. Fils d'un médecin, il avait îQu une instruction qui le plaça bien vite à la tête e l'Internationale. Mais quoique imprégné de phi- )$ophie et de métaphysique comme tous les AUelands, Frankel était cependant un des esprits les loins sensés de la Commune.
Il était petit, maigre, et avait le physique d'un lif, le nez crochu, le visage osseux, un vrai fT)e de Gobseck, Comme tous ses compatriotes, il vait la conception lente et laborieuse; sa parole, lus lente encore, rappelait par l'accent l'origine trangère de l'orateur.
Il servit sous Garibaldi et combattit à Asprolonte, mais son intervention dans les troubles de t péninsule le força bientôt à quitter l'Italie.
Ainsi que plusieurs de ses collègues, Frankel dut sa notoriété au dernier procès de rinternalionale, où il prononça un discours dans lequel il fit preuve d'une certaine connaissance de l'économie poUtique.
Membre du conseil fédéral de Tlnternationale comme délégué de la section allemande, Frankel fut par sa propre volonté compris dans les poursuites intentées aux membres français de l'Association. Il défendit l'Internationale du reproche de fomenter les grèves et de travailler à une révolution politique. « L'Internationale considère que tout mouvement politique doit ôlre subordonné à son but, lequel est un but social! » dit Frankel. L'Internationale n'est pas solidaire, comme on veut le faire croire, « d'une associafion qui, d'après les correspondances saisies, voulait rétablir la Constitution de 1793. » Nous nous permettrons de constater que les représentants de l'Internationale semblèrent sous la Commune avoir oublié complètement leurs déclarations passées et ne s'occupèrent que d'imiter ou plutôt de parodier 93.
Après une discussion économique sur les grèves, Frankel termina ainsi : « L'Association internationale est un arbre qui a pris racine dans tous les pays, et ce serait une entreprise naïve que de prétendre tarir la sève qui coule sous son écorce en coupant Tune ou l'autre de ses branches.
» A ceux qui ne savent pas interpréter les signes des temps, qui s'imaginent que le mouvement social va s'arrêter devant ce procès, à ceux-là je crie la parole de Galilée : E pur simuove.
)) L'union des prolétaires de tous les pays est un fait accompli ; aucune force ne peut plus désormais les diviser. »
Léo Frankel fut condamné à deux mois de prison et ti25 francs d'amende.
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>articipation aux actes de l'Internationale le fit ï la Commune, où son élection fut validée u'il fût étranger.
nbre de la Commission du travail et de Tée, Frankel fut ensuite élu délégué unique à îommission, dont les autres membres ne fort plus qu'un comité d'études et de contrôle. Si el connaissait à fond les questions sociales vait discutées dans de nombreux journaux mds, ce n'en était pas moins un politique à vue, à idées fausses et étroites.
îkel vota p3ur la validation des élections à jorité absolue des votants et pour le Comité it public. A ce propos, nous allons montrer sme de sa conduite politique en reproduisant •te qu'il a ainsi formulé : « Quoique je ne voie iilité de ce Comité, mais ne voulant pas prêles insinuations contraires à mes opinions rémnaires socialistes, et tout en reservant le 'insurrection contre ce Comité, je vote pour. » émisses ne faisaient point présumer une semconclusion, et la logique du raisonnement nkel, quoiqu'il soit né dans le pays de la loa paru tellement discutable que Jourde l'a ellement relevée, et en a montré tout le ridans son vote sur la môme question, ikel a dû à sa qualité d'étranger et d'Allemand ivoir traverser sans encombre les lignes prus- 5 et de gagner ainsi son pays natal où il est înant à l'abri de toute arrestation.