‹ Les hommes de la Commune: biographie complète de tous ses membresChapitre 31 sur 58 · GAMBON · texte numérisé non relu

GAMBON

10' arrondissement. — 10,734 voix.

Gambon (Charles-Ferdinand) était un ancien représentant du peuple, né à Bourges le 19 mars 1820. Fils d'un négociant d'origine suisse, il vint faire ses études à Paris et fut reçu avocat à dixneuf ans, en 1839. Il se mêla au mouvement républicain et fonda, au quartier latin, le Journal des ÈcoieSy organe de la jeunesse républicaine. En 1846, Gambon fut nommé juge suppléant à Cosne (Nièvre), mais ayant refusé dans un banquet démocratique de porter un toast au roi Louis-Pnilippe, il fut suspendu pour cinq ans. A ce banquet, Gambon proclama la souveraineté du peuple et se rallia officiellement par cet acte aux républicains réclamant le sutlrage universel qu'ils allaient bientôt établir sur les ruines de la royauté.

En 1848, aux élections pour l'Assemblée constituante, Gambon fut élu dans le département de la Nièvre par 29,514 voix; il fut réélu à la Législative.

F. Gambon vota toujours avec la Montagne et signa l'acte d'accusation dressé contre le président et ses ministres, à propos de l'expédition romaine. Au 13 juin on le trouve parmi les membres de l'Assemblée qui accompagnèrent Ledru-Rollin au Conservatoire des Arts-et-Métiers.La haute Cour de Versailles condamna Gambon à la déportation, et lui fit subir son emprisonnement à Belle-Isle.

Proscrit au 2 décembre, Gambon rentra avec l'amnistie dans son département où il s'occupa de travaux agricoles. Ne pouvant rester inactif dans les luttes politiques contre l'empire, il eut l'idée cri-

nale, dont on s'est tant moqué de refuser Timpôt, la saisie de sa ferme, la ventede sa vache sont issées à l'état de légende.

Aux élections de février, Paris élut Gambon à assemblée nationale avec 136,249 voix, et après 18 mars, le 10° arrondissement l'envoya siéger à Commune. Dans le courant du mois d'avril, ambon notifia officiellement par lettre sa démison au président de l'Assemblée nationale.

Gambon a d'abord été nommé membre de la Dmmission de la justice, puis du Comité de salut iblic, dont il avait approuvé la formation ainsi le la validation des élections à la majorité absoe des votants.

Gambon, qu'on aurait pu croire d'après son âge

son pa^sé l'un des moins révolutionnaires d'entre

s républicains, s'est associé aux mesures les plus

uellement répressives et les plus arbitraires de

Commune.

On croit qu'il a été tué sur les barricades où l'on •étend l'avoir vu combattre dans les rangs de la irde nationale.

CSI. GÉRARDIN.

17* arrondissement. — 6^142 voix.

Charles Gérardin était un homme de vingt-cinq à ngt-six ans, ancien comptable, qui était commis- )yageur pour une maison d'Allemagne avant d'ôtre embre de la Commune.

Sa parenté avec A. Dupont, le condamné du proîs de Blois, dont il est le beau-frère, explique

comment il s'est trouvé mêlé au mouvement politique du 18 mars.

Gérardin, qui était presque toujours en voyage pour son commerce, dont il retirait du reste d'assez beaux revenus, Gérardin se produisit dans les clubs après le 4 septembre.

Nommé chef du 257® bataillon, il ne parut jamais à son poste, et ce ne fut qu'après le triomphe de la révolution du 18 mars qu'il joua un rôle actif dans les événements politiques.

Elu à la Commune par le iV arrondissement, où il habitait ainsi que Dupont, il fut nommé délégué militaire auprès de la 17*^ légion. On le vit se promener fréquemment aux avant-postes sur un magnifique cheval bai, qui caracolait avec grâce; mais il se bornait à inspecter et à visiter les troupes sans jamais prendre part à leurs combats, autrement qu'en spectateur.

Ce fut lui qui fit nommer Rossel chef de la 17® légion, et qui l'accompagna dans la reconnaissance que le futur délégué à la guerre poussa jusqu'à Puteaux le 2 avril, et qui fut la cause de sa première arrestation.

Gérardin recommanda Rossel, son protégé, à Cluscret, qui le fit sortir de prison et le prit comme chef d'état-major. Gérardin continua à suivre la fortune de Uossel, jusques et y compris sa fuite.

Ce fut également lui qui découvrit les Dombrowski, les Okolowitch et les Wrobleski et tous les noms en ski que la Commune mit à la tête de ses corps d'armée.

Charles Gérardin avait été nommé membre de la Commission de sûreté générale, puis il avait été attaché à la Commission des relalix)ns extérieures. Sa violence et ses bravades lui valurent la confiance de la majorité de la Commune qui le choisit pour faire partie du Comité de salut public; il avait,

du reste, voté l'institution de ce Comité « parce

2u'il est urgent, disait-il, que la Commune reste ans le sens le plus large du mouvement révolutionnaire. ))

Gérardin se fit le défenseur du Comité central et de Rossel dont il favorisa Tévasion et qu'il suivit, eomme nous l'avons dit, dans sa fuite. Depuis cette époque, on n'a plus entendu parler de lui ; il a dû se dérober prudemment au sort qui attendait les membres de la Commune, sort qu'il eut l'intelligence de prévoir et d'éviter.

Voilà encore un des membres les plus violents de la Commune, qui a prouvé sa lâcheté et la fausseté des convictions qu'il affichait, en se dérobant d'avance aux dangers qu'il avait contribué à accumuler sur la tête de la Commune et de ses partisans.

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