JOHANNARD
2' arrondissement. — 2^804 voix.
Jules Johannard, né à Baune en 1843^ étnit un ouvrier feuillagiste devenu employé de commerce et placier qui a été impliqué dans le dernier procès de l'Internationale où il a été condamné à un an prison comme ayant fait partie d'une société secrète.
C'était un beau parleur, plein de lui-même et ^ui portait avec suffisance son uniforme de capitame d'armement du 100^ bataillon de la garde nationale. Membre du conseil général de Tlnternationale à Londres, où il fut un des plus actifs asents de la société, Johannard revint à Paris fonder le 8 février 1870 la section du faubourg Saint-Denis.
C'est à ce moment qu'on l'arrêta; sa propagande ■ocialiste dans les réunions publiques et son titre de membre du conseil général de l'Internationale avaient altiré sur lui l'attention du parquet.
Enfermé quarante-deux jours à Mazas, Johannard apprit après cetle longue détention préventive qu'il était accusé de société secrète.
Sa défense devant le tribunal fut simple ; il re- Tendiqua hautement l'honneur d'appartenir à l'Internationale et déclara que s'il n'avait pas fait assez
pour Tassociation, ses amis pouvaient compter sur lui, sachant bien qu'il était homme à se rattraper. Mais il nia formellement avoir fait partie d'une société secrète, et ajouta qu'il pensait avoir été arrêté pour ses opinions politiques, « qui sont peutôtre avancées, dit il, mais ce n'est pas ma faute, ajouta-t-il, cest plutôt la faute de mon tempérament! »
Malgré cette déclaration d'une candeur vraiment a'iorablc , et qui ne serait pas déplacée dans la l)ouchc de beaucoup de membres de la Commune, malgré celte naïveté, Johannard fut condamné à un an de prison, 100 francs d'amende et à la privation pendant un an de ses droits civiques.
Johannard qui, pendant le siège, fut un des orateurs célèbres du club de la cour des Miracles, échoua aux premières élections communales.
Il fut élu membre de la Commune aux élections complémentaires du 2® arrondissement ; son rôle à la Commune fut peu important. Membre de la Commission des relations extérieures, Johannard vota la proposition Miot, relative à la formation d'un Comité de salut public.
Nommé membre de la Commission de la guerre, il y fut remplace, ainsi que tous ses collègues de la Commission, par arrêté du Comité de salut public, qui l'attacha comme délégué civil au général La Cécilia.
Johannard était grand, il portait toute sa barbe et aurait pu passer pour un bel homme s'il n'avait eu dans le regard un peu d'incertitude.
Johannard faisait trop parade de sa bravoure pour que nous la croyions bien réelle, et tout son courage se borna à prononcer des discours insensés dans les réunions publiques et à approuver la Commune dans ses actes les plus arbitraires et les plus cruels.
Il quitta rapidement le 23 mai en compagnie du général La Cécilia le Trocadero qu'il occupait et se réfugia au fort de Vincennes, où Ton croit qu'il a été fusillé.