MORTIER
!!• arrondiaseiqeDt.— 19,397 voix.
H. Mortier était un jeune homme de vingt-ûx ans, dont le passé était complètement inconnu. C'était un ancien commis d'architecte» plein d'activité, qui
n'avait vu dans le mouvement du 18 mars qu'une occasion de satisfaire ses rêves ambitieux.
C'est à son titre de membre du Comité central qu'il a dû son élection à la Commune, où il a fait partie de la Commission des services publics.
Ses études ne l'avaient jpoint préparé au rôle qu'il fut subitement appelé à remplir, et quoique doué d'une intelligence vive et primesautière, il ne fit môme pas preuve de bon sens pendant son séjour à la Commune.
D'une violence toute juvénile, il se montra Tiui des membres les plus passionnés et les plus autoritaires de la Commune.
C'est lui qui demanda qu'il n'y eut point d'autre journal que l'Officiel^ et que celui-ci se bornât à rendre compte des opérations militaires.
11 approuva l'expulsion des prêtres de leurs églises, mais il déclara s'opposer à leur fermeture, « Car, dit il, je désire les voir ouvertes pour y traiter de l'athéisme et anéantir par la science les vieux préjugés et les germes que la séquelle jésuitique a su infiltrer dans la cervelle des pauvres esprits. »
On voit, par ces étranges propositions et par la forme dans laquelle il les émit, jusqu'à c^uel point ce jeune membre de la Commune était ndicule et absolu dans ses prétentions insensées et despotiques.
Il eut cependant un jour un beau mouvement d'indignation contre la lâcheté de son collègue Pyat, qui venait de donner sa démission de membre delà Commune. « On ne doit pas quitter un poste quand c'est un poste de péril et d'honneur. » Que ce fut un poste de péril, nous l'admet* tons très-volontiers, mais un poste d'honneur, nous nous permettrons de différer d'avis sur ce point avec M. Mortier.
Mortier était un jeune fou qui s'est trouvé jeté dans
un mouvement dont il ne comprenait ni le sens, ni la portée, et qui a cru pouvoir suppléer à son ignorance et à son incapacité politiques par des motions aussi violentes que ridicules, nous voulons surtout parler de son projet d'établir des cours d'athéisme dans les églises.
C'était un de ces partisans de la liberté qui ferment la bouche à leurs adversaires pour avoir seuls la parole et qui, tout en s'intituiant démocrates, pratiquent la liberté des cultes en remplaçant l'exercice de la religion catholique par l'enseignement de l'athéisme.
OSTYN.
19« arroodissement. — 5,065 voix.
Ostyn est un homme d'une quarantaine d'années, dont la mise et les manières annonçaient un employé aisé. Il fut un de ceux qui ont prolesté contre les violences et les inepties de la Commune.
Orateur des réunions publiques, Ostyn y acquit une popularité qui ne dépassar pas le cercle é'roit des habitués des clubs, mais qui suffit à le faire élire membre de la Commune par le dix-neuvième arrondissement.
Le rôle d'Ostyn à la Commune fut assez effacé. Nommé membre de laCommission des subsistances, puis des services publics, il prit rarement la parole dans cette assemblée, si ce n'est dans quelques discussions spéciales, comme celle des chemins de fer, ou, pour protester contre la dictature du Comité de salut public, qu'il avait repoussé dans une protestation qu'il signa avec plusieurs de ses collègues.
Ge fut lui que la Commune délégua, avec Martelet, pour la représenter aux funérailles de Pierre Leroux.
On ne peut mettre à la charge d'Ostyn, en dehors de la solidarité qui rend tous les membres de la Commune responsables des actes adoptés et ordonnés par cette assemblée, aucune proposition ni aucun vole déshonorants. 11 est, du reste, un des signataires de la déclaration de la minorité de la Commune.