‹ Les hommes de la Commune: biographie complète de tous ses membresChapitre 40 sur 58 · OUDET · texte numérisé non relu

OUDET

19* arrondissement. — 10^065 voix.

Emile Oudet, peintre sur porcelaine, âgé maintenant de plus de cinquante ans, est un des républicains les plus éprouvés par la réaction de l&l. Il fut ensuite emprisonné plusieurs années à Fontevrault pour une des conspirations qui ont eu lieu sous l'Empire.

Oudet habita longtemps Bruxelles, la ville des exilés et des proscrits, avec sa femme et sa mère, dont il était Tunique soutien.

Revenu en France, il reprit son ancien état et vécut assez misérablement à Belleville, où il habitait un grenier rue Ferrand. Son dénûment était tel qu'il inventa pour vivre de fabriquer des pancartes avec lettres découpées et collées sur du carton pour indiquer dans les magasins le prix des denrées.

Les persécutions qu'il avait supportées en 1851 et sous l'Empire, ses attaques contre le gouvernement du 4 septembre l'avaient rendu populaire dans les

faubourgs. Aussi fut-il élu membre de la Commune par plus de dix mille suffrages dans le 19* arrondissement, dont il avait été adjoint pendant le siège. La Commune le plaça dans la Commission de sûreté générale, où ses nombreux démêlés *'«vec la police rendaient ses services très appréciés. Il fut ensuite dél<^gué par la Commune auprès du sixième secteur, où on le vit souvent pointer lui-même les pièces.

Emile Oudet, aigri par ses souffrances et par la misère qu'il a toujours subie, n'apporta dans les discussions de la Commune qu'un esprit de haine et de rancune qu'il chercha toujours à satisfaire en frappant, par des mesures violentes et cruelles, ses ennemis politiques.

D'une incapacité absolue, Oudet n'était qu'un fanatique, un sectaire de la révolution des plus dangereux.

So!i vote pour le Comité de salut public montra, par la manière dont il Ta formulé, son inintelligence politique et son fanatisme révolutionnaire. « Je vote, a-t-il dit, pour le Comité de salut public, attendu que notre situation est plus terrible encore que celle où nos pères de 93 se sont trouvés et que ceux qui l'attaquent ne voient pas clair, » Après les criminelles actions ordonnées ou exécutées par les membres du Comité de salut public, nous croyons pouvoir déclarer que c'est Oudet qui n'y voyait pas clair.

Oudet, un des fous de la Commune, nous préférons l'appeler ainsi que de lui donner un nom qu'il mériterait cependant mieux, n'avait de remarquable que sa ressemblance avec Proudhon, qu'il s'étudie, du reste, à imiter dans la mise et jusque dans les gestes.

Plus d'un photographe de banlieue l'a, nous dit- ,on, fait poser pour vendre ensuite son portrait

comme celui du fameux écrivain. Il n'y avait du reste, entre eux, qu'une ressemblance physique, car rincapacité d'Oudet n'avait d'égale que sa violence.

PARISEL.

?• arrondissement.—- 3,367 voix.

Le docteur Parisel était un homme d'une trentaine d'années, grand, blond, portant une longue barbe, qui chercha longtemps, sans pouvoir la trouver, une clientèle parmi les habitants les plus connus du faubourg Saint-Germain. 11 avait conservé sous la Commune son costume de chirurgien de la garde nationale.

Parisel fut dès son élection placé dans la Commission des subsistances, dont il fut le délégué principal pondant deux mois.

Parisel vota pour le Comité de salut public, dont il ne redoutait pas la dictature , « puisqu'il est, disait-il, sous le contrôle de la Commune. »

Il prit une part active à la discussion de la loi sur les échéances et à tous les décrets relatifs aux affaires financièf es. Il fut un de ceux qui blâmèrent le plus vivement la tendance de la Commune à se constituer si souvent en comité secret et à cacher ainsi, disail-il, les plus belles pages de son histoire.

Nous ne doutons pas que Parisel ne fût de bonne foi dans ses réclamations et dans ses louanges en rhonneur de la Commune, mais nous trouvons son enthousiasme un peu naïf et son appréciation des séances de la Commune bien partiale. Pour ceux qui les ont suivies, il est évident que la Commune

avait souvent recours aux séances secrètes pour essayer de cacher au public les déchirements qui avaient lieu dans son sein, et les appréhensions que manifestaient plusieurs de ses membres sur l'issue de cette affreuse guerre civile.

Page 1