‹ Les hommes de la Commune: biographie complète de tous ses membresChapitre 41 sur 58 · PHILIPPE · texte numérisé non relu

PHILIPPE

12« arroDdiiisement. — 3,483 voix.

Philippe était Valter ego de Lonclas, il avait été nommé comme lui aux élections complémentaires du i2* arrondissement, et sa nomination est aussi inexplicable que celle de son ami et collègue.

Avant ces événements, Philippe s'occupait de la vente des fonds de marchands de vins ; depuis, il avait été élu chef du 56° bataillon de la garde nationale, et quoiqu'il eut quitté ces fonctions depuis le 23 avril, il portait cependant encore les insignes de son ancien grade.

Des bruits détestables courent, dans le 42* arrondissement, sur Philippe comme sur Lonclas, et nous n'osons nous en faire l'écho, tant ils sont graves pour la moralité de ces deux personnages. Tous deux s'abstenaient presque constamment de paraître ou de parler à la Commune, et consacraient leur temps à l'administration du i2< arrondissement, dont ils étaient les élus.

Depuis qu'il remplissait les fonctions de maire, Philippe faisait, parait-il. assez bonne chère, et étalait un certain luxe qu'on n'était pas habitué à lui voir auparavant. Il vota pour le Comité de salut public, mais il n'a pas cru devoir expliquer son vote, pas plus qu'il ne pensait nécessaire de se mê-

1er aux discussions qui ayaient lieu dans les séances quotidiennes de la Commune.

Ce fut encore un de ces choix déplorables qu'on ne peut s'expliquer que par l'esprit intrigant du candidat et la bùtise des électeurs qui nommèrent Philippe, comme tant d'autres, les yeux fermés, sur la foi de quelques déclarations pompeuses qui ne durent que l'espace d'une soirée ou de quelques minutes, et auxquelles les élus ne craignent pas, pour la plupart, de donner par leur conduite de formels démentis.

Voici une des rares paroles qu'il a prononcées à la Commune, elle suffit pour nous permettre de formuler notre jugement sur son auteur:

« Nous sommes en butte à une réaction terrible. Il faut prendre des mesures énergiques ; que l'on sache bien que nous sommes décidés à briser tous les obstacles que Ton oppose à la marche triomphante de la Révolution. »

Ce sont, en effet, les hommes comme Philippe qui n'ont reculé devant aucun moyen, non pas pour faire triompher la Révolution, mais pour se venger de sa défaite sur leurs concitoyens, suf des monuments privés ou publics.

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