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PILLOT

1" arrondissement. — 1,748 voix.

Le docteur Pillot, âgé de cinquante-deux ans, était un vieillard à la tôte presque chauve, au regard vague, à la voix chevrotante, que l'on n'aurait pas pris à sa mine pour un révolutionnaire bien dange-

veux, et qtii eepêndant est un des plus violents des membres de la Commune.

Le docteur Pillot, connu aussi sous le nom de Tabbé Pillot, reçut autrefois la prêtrise et employa ses connaissances canoniques à défendre Tathéisme le plus pur, ce qui lui valut les éloges de Proudhon, qui lui consacra une page remarquable d'un de ses derniers ouvrages.

Pillot était, en 1848, le chef d'une secte, les Pillotistes, qui reposait sur Tathéisme et le communisme. Le conclave se tenait à rétablissement connu par cette enseigne : Aux Vendanges de Bourgogne, où le prophète put réunir un jour jusqu'à 4,000 adhérents.

Sa propagande anti-religieuse devenant difficile, Pillot se retira dans le 1" arrondissement, où il vint exercer la médecine, après son retour de la déportation à laquelle il avait été condamné au coup d'État de 1851.

Ce ne fut qu'après la Révolution du 4 septembre que Pillot reparut sur la scène politique. Il devint un des orateurs, puis un des présidents habituels du club de TEcole-de-Médecine, où il attaqua avec autant d'ardeur que le lui permettait son âge les hommes du 4 septembre.

Dans la nuit du 31 octobre, Pillot partit sur un ordre de Blanqui prendre possession de la mairie du 1*' arrondissement. C'est ce qui le fit comprendre dans le procès du 31 octobre, où il présenta luiniènie sa défense et fut acquitté par le 4° conseil de guerre.

Pillot était un des plus ardents révolutionnaires de la Commune. Elu aux élections complémentaires du i*^ arrondissement, il vota pour le Comité de salut public et se fit le défenseur des propositions les plus violentes et les plus cruelles.

Quand Urbain demanda l'exécution de la loi sur

— idoles otages, Pillot se rallia à cette proposition par les paroles suivantes : « La grande question en ce moment est d'anéantir nos ennemis. Nous sommes en révolution et il faut agir en révolutionnaires; il faut instituer un tribunal qui juge et qui fasse exécuter ses arrêts. »

Le docteur Pillot était délégué par la Commune comme administrateur du 1*' arrondissement, où ses affiches, grotesques comme sa personne, laisseront de gais souvenirs dans l'esprit des habitants.

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