FÉLIX PYAT
10" arrondissement. — 11,813 voix.
Félix Pyat est un curieux exemple des dangers que peut offrir la popularité littéraire. Si jamais homme fut dénué de convictions et d'un caractère révolutionnaires, c'est, à coup sur, celui dont nous nous occupons. Félix Pyat est certainement un phraséologue heureux, un habile arrangeur de mots, mais jamais il n'a été un homme politique. Celui qui prendrait au sérieux ses proclamations ampoulées, ses solennelles adjurations et ses malédictions romantiques, et qui, partant de l'axiome émis par Bufl'on : « Le style c'est l'homme, » se figurerait un Pyat taillé sur le patron des hommes de 93, se tromperait singulièrement. Félix Pyat est entré dans la vie littéraire d'abord, dans la vie politique ensuite, avec la résolution bien arrêtée de faire le plus de bruit possible, sans qu'il lui en coûte la
fierté d'un cheveu ou le plus petit froissement de 'épiderme. Et il s'est tenu parole, car jusqu'ici on l'a vu se tirer habilement de situations tellement périlleuses que tout autre à sa place y fût resté.
Bien décidé à fuir le péril, sous quelque forme qu'il se présente, notre héros s'est trouvé souvent en face d'alternatives fort inquiétantes pour son amour-propre, et dont il n'est sorti qu'en laissant de ci de là quelques lambeaux de sa dignité.
Avant tout et surtout, il ne faut voir en Félix Pyat qu'un dramaturge; il est né pour faire des
drames, nulloment pour faire de la politique. Ce matamore cassant et farouche n'est en réalité qu'un fantoche gonflé de vent. 11 a trouvé, dans le grand drame révolutionnaire de 1793, un canevas à sa convenance ; il se l'est pour ainsi dire approprié, trouvant hahile de ressusciter cette grande époque, de l'ajuster à sa taille et de se créer un rôle dans sa parodie sinistre.
Car, tout n'est que parodie et pastiche dans la vie de Pyat. Un trait peint l'homme tout entier. Il a coutume de porter toujours sur lui une édition diamant de YAbj'égé de la Révolution, par Mig^et; ce livre est pour lui une sorte de bréviaire qu'il annote, commente, lit et relit sans cesse; il senu)le se mirer dans l'histoire de la Terreur comme un comédien qui se grime, se regarde à chaque instant dans le miroir pour constater l'effet d'un coup de pinceau ou d'une plaque rouge.
Cette manie date de loin ; il faut bien constater pourtant que les opinions de l'auteur du Chiffonnier n'ont pas toujours été d'un rouge aussi éclatant qu'elles semblent l'être aujourd'hui. D'ailleurs, ce n'est pas dans les souvenirs de son enfance, qu'il a pu trouver les principes dont il fait profession actuellement. En effet, Félix Pyat, né le 4 octobre 1810, à Vierzon (Cher), est le flls d'un avocat ultraroyaliste. A seize ans, il arrivait à Paris poursuivre les cours de l'Ecole de droit; et dès 1829, il se signalait dans un banquet par un toast à la Convention nationale ; au reste, comme on le verra, Pyat a conservé l'amour du toast. Il serait curieux de rapprocher le toast de 1829 du toast à la balle de 1870; il est également curieux de voir l'étudiant de la Restauration remplacer, pendant ce même banquet dont nous parlons, le buste du roi Gha^ les X par le buste de.... Lafayette, l'auteur des mitraillades du Champ-de-Mars. Que pense aujou^
d'hui le terrible membre de la Commune de Paris de cette équipée de jeunesse ?
A peine reçu avocat en 1831, Félix Pyat s'empressa de quitter le barreau pour s'adonner complètement à la littérature. Il débutait dans le Figaro et le C^anî;an lorsqu'il écrivit pour le Bamave de Jules Janin, le fameux épisode des Filles de Sejan. Il serait impossible d'énumérer tous les écrits sortis de sa plume, très-féconde du reste : mentionnons pourtant sa collaboration à la Revue de Parts, au Salmigondis, à Paris révolutionnaire, à la Beviœ britannique, dont il fut un instant directeur, à l'Europe littéraire, où il publia son drame d'Arabella (brûlante allusion au mystérieux suicide du prince de Condé), enfin au National, à la Revue du Progrès et au Siècle, où il fut chargé de rédiger le feuilleton.
En môme temps, Félix Pyat donnait à l'Odéon une Révolution d! autrefois (1®' mars 1832), interdite à la seconde représentation ; il insérait dans la Revue des Deux-Mondes une peinture ardente de la décadence romaine, sous le titre : Une Conjuration d'autrefois^ en collaboration avec Théodore Burette (1833); puis il faisait représenter Arabella, déjà publiée ; le Brigand et le Philosophe (1834), à la Porte- Saint-Martin, en collaboration avec M. Luchet; et Ango (29 juin 1835), qui fut l'un de ses plus brillants succès au théâtre. Enfin, le 25 mai 1841, il donnait à la Porte-Saint-Martin, son drame des Deux Serruriers dont la vogue fut immense et qui commença sa réputation de socialiste. Habitué dès lors aux applaudissements du parterre, Félix Pyat se crut, de très-bonne foi, adoré du peuple ; ses opinions prirent, à partir de cette époque, la couleur révolutionnaire qu'on leur connaît; le théâtre devint pour lui une seconde presse, au moyen de laquelle il voulait répandre et propager les doc-
trines dont il était devenu Tapôtre. Il plaça dans la bouche des personnages qu'il mettait en scène des tirades aux allures amèrement philosophiques qu'il fut généralement convenu de considérer comme des tirades socialistes. D'un autre côté, il se constitua le défenseur-lige de tous les hommes qui ont paru sur la grande scène de 1793. C'est ainsi que M. J. Janin ayant violemment attaqué M. J. Ghénier, dans un feuilleton des Débats, Félix Pyat écrivît dans la Béfoi^me (à laquelle il collaborait), un virulent pamphlet, intitulé : Marie-Joseph Chénier et le prince des critiqms, qu'il publia ensuite sous forme de brochure. La cause que défendait Técrivain républicain était bonne, certainement, mais il eut le tort de se laisser emporter à de grossières injures contre le feuilletoniste des Débats, et ces tristes personnalités lui valurent six mois de prison.
Le succès des Deux Serruriers l'engageait à pou^ suivre sa carrière théâtrale, aussi le voyons-nous écrire successivement : Cedric le Norwégien (1842), Mathilde (en collaboration avec Eugène Siicr), Diogène (1846), et enfin ce fameux Chiffonnier de Paris (1847), son plus retentissant triomphe. La Révolution de février fit de Pyit un commissaire général dans le Cher et, deux mois plus tard, le même département l'envoyait à l'Assemblée constituante par 43,000 sufl*ràges. Secrétaire de l'Assemblée pendant quelque temps, Félix Pyat vota constamment avec la gauche. Nous avons dit que l'auteur du Chiffonnier a la manie des toasts; son existence, en efi'et, peut se résumer en trois toasts : celui de 1820 à la Convention, celui de 1848 aux paysans, et celui de 1870, à la balle.
Réélu en 1849 par la Seine et le Cher, il signa, le 10 juin, rappel aux armes de Ledru-RoUin, et accompagna môme ce dernier aux Arts-et-Métiers; il réussit à se dérober aux poursuites et à gagner la
Suisse. Expulsé de ce pays en 1851, il se réfugia en Belgique ; c'est de là qu'il adressa plusieurs lettres : à Barbes, au comte de Chambord, au prince de Joinville, à Louis Bonaparte, aux ouvriers,... etc. Après l'affaire de la rue Lepelletier, le 14 janvier J858, il publia à Londres une apologie de l'entreprise d'Orsini, apologie qui causa une vive agitation et qui fut déférée, sans résultat, aux tribunaux anglais par le gouvernement impérial. Félix Pyat, excepté de la première amnistie, ne rentra en France qu'après l'amnistie de 1869 ; mais, quelques mois étaient à peine écoulés que, poursuivi pour divers articles publiés dans le Rappel, et condamné à dixsept mois de prison, il était de nouveau réduit à fuir les recherches de la police, qui, si elle l'eût voulu, n'eût certes pas éprouvé de grandes difficultés à le découvrir. Caché dans un appartement de la rue Neuve-des-Petits-Champs, Félix Pyat se rendait chaque jour rue dc> Martyrs, chez un marchand de fourrures du nom de Brunereau ; c'est là que se réunissaient les têtes les plus exaltées du parti républicain. Ces réunions, la police n'était pas sans les connaître ; mais le préfet de police Piétri se serait bien gardé d'arrêter les membres de ce semblant de conspiration, qui n'était nullement à craindre, puisqu'elle pouvait au besoin servir la politique impériale et qu'elle comptait parmi ses alfiliés des membres de la confrérie de la rue de Jérusalem. 11 ne paraît pas, en eflet, qu'aucune résolution sérieuse soit sortie de la réunion Brunereau ; c'est là que furent résolus les mouvements avortés du 7 février et du 9 mai.
Le 21 janvier 1870, Pyat, toujours traqué, faisait lire par un ami, au bmquet régicide de Saint- Mandé, le toast suivant, que la justice devait incriminer plus tard :
tt petite balle! tu peux être la vie comme la
mort. Tout dépend de toi, de toi seule. Chacun t'invoque, tout le monde t'attend ; car, si la France marche, le monde marche ; si elle penche, il tombe. Petite balle de bon secours, relève tout! petite balle de l'humanité, délivre nous! délivre-nous tous. »
Après l'arrestation de Rochefort et les troubles de Belleville, un grand nombre de républicains furent incarcérés ; Félix Pyat réussit à se dérober à toutes les poui^uites, en se cachant sous les déguisements les plus invraisemblables et dans les endroits les plus impossibles.
Tout à coup, la France étonnée apprend au'un complot ayant pour but de changer l'ordre de cnoses établi se tramait dans l'ombre; cette révélation, destinée à faire revivre aux yeux des électeurs ruraux le specire rouge de 1851, éclata quelques Jours avant le plébiscite ; on connaît le résultat de cette manœuvre qui procura à l'Empire 7,500,000 oui. Félix Pyat sentant sa liberté sérieusement menacée, s'empressa de passer en Angleterre. Le dénoûment du complot eut lieu à Blois, et coïncida avec les premières défaites de nos aimées. 1^ Haute Cour condamna, le 9 août, l'auteur du toast à la balle à cinq ans de prison et 6,000 fr. d'amende. Quelques jours après, l'Empire était renversé et Pyat rentrait eu France.
Pendant le siège, Pyat publia le journal fe Combat, auquel succéda le Vengeur. Le 29 octobre, le Combat annonçait le premier, dans un cadre noir, la nouvelle de la capitulation de Bazaine à Metz ; cette nouvelle, livrée par Rochefort à Flourens, qui l'avait dite à Pyat, excita une agitation extrême dans la ville assiégée: le club de la Port^î-Saint-Martin lança les plus effroyables malédictions contre le rédacteur en chef du Combat; on voulut saccager les bureaux du journal, elle secrétaire de la rédaction, M. Odilon Delimal, fut mené à l'Hôtel-de-Ville par
une foule furieuse. Sommé par M. Delimal de confirmer la nouvelle qu'il avait donnée à Flourens, Rochefort faiblit et donna un démenti au Combat ; mieux encore, bien qu'averti officiellement de la capitulation de Metz par un parlementaire prussien, le gouvernement publia une note confirmant le démenti de Rochefort et signalant le Combat à l'indignation des honnêtes gens. Le lendemain, il est vrai, le Journal officiel était forcé d'enregistrer la triste vérité. On sait que cette conduite, sans dignité et sans habileté, coïncidant avec le désastre du Bourget, favorisa le mouvement du 31 octobre. Bien que Pyat eût, dans cette dernière journée, paru à l'Hôtel-de-Ville, le gouvernement ne l'inquiéta pas.
Aux élections pour l'Assemblée nationale, Paris envoya le rédacteur en chef du Vengeur siéger à Bordeaux; mais, dès les premières séances, Pyat déclara qu'il ne reparaîtrait plus à la Chambre, sans pour cela donner sa dcmi-sion.
Le mouvement insurrectionnel du 18 mars amena le représentant semi-démissionnaire sur les bancs de la€ommune, où l'envoya le dixième arrondissement par 11,813 suffrages. Le rôle de Félix Pyat dans la Commune, a été des plus déplorables. C'est à lui, quoiqu'il continuât à signer le Vengeur, que l'on dut la suspension de presque tous les journaux (le sien excepté, bien entendu), l'arrestation de Rossel, les mesures de terreur, et notamment la création de ce Comité de salut public, dont l'ineptie égalait l'exaltation. Pyat s'était créé un véritable parti au sein de la Commune, il comptait môme des amis fanatiques, les citoyens Régôre et Urbain, par exemple; c'est grâce à ce parti qu'il fut appelé d'abord à la Commission executive, ensuite au premier Comité de salut publib.
Voici un incident qui peint l'homme et qui, certes n'est pas à son honneur: au commencement d'avril,
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quelques jours après cette grande sortie des trois jours où Fiourens troura la mort, une discussion s'étant élevée entre le Mot dOrdre et le Vengeur, Félix Pyat crut devoir rappeler la conduite dénuée d'énergie tenue par Henri Rochefort le 29 octobre; mais le rédacteur du Mot d Ordre montra les dents; aussitôt le rédacteur du Vengeur de se confondre en excuses et de rejeter sur Fiourens mort la faiblesse commise par Rochefort vivant.
Fiourens, en effet, couché dans son linceul sanglant, ne pouvait soulever la pierre de son tombeau pour venir confondre son impudent et lâche calomniateur.
Au physique, Pyat est de haute taille, droit et cambré, bien qu'il ait dépassé la soixantaine. Il a la barbe grise et frisée, la chevelure encore opulente ; les yeux, grands, largement ouverts, étmcellenl sous l'arceau de leurs orbites. Ils ODt quelque chose de mélancolique, de rêveur et de farouche à la fois. Le rédacteur du Vengeur a conservé des prétentioDS à l'élégance; il affecte certaines attitudes du eorps, certains mouvements gra^îieux qui le font ressembler à l'acteur Laferrière.
Félix Pyat a été un des mauvais ginies de la Commune; il a été un de ceux qui l'ont poussée dans la voie révolutionnaire la plus détestable et s'est empressé de donner sa démission quand il a prévu la défaite de la Commune. Forcé par l'indignation publique de venir reprendre sa place dans cette assemblée, il fut un de ceux qui ont disparu dès l'entrée des troupes dans Pans. Il eut le triste courage de survivre à la défaite de cette Commune dont il a été certainement l'un des plus détestables inspirateurs.
Depuis deox mois on a annoncé bien des fois^a^ restation de Félix Pyat, mais l'habile conspirateur, quoique pourchassé de près, a toujours réussi à dé-
pister la police et à se dérober à toutes les recherches. On annonce son arrivée à Londres, où il vivrait assez retiré et presque caché de ses amis et anciens collègues eux-mêmes.
RANVIER.
20« arrondissement. — 14,127 voix,
Gabriel Ranvier est grand, maigre, osseux, âgé d'une cinquantaine d'années; c'est un ancien peintre en laque très habile, dont la vie commença sous les plus heureux auspices.
Marié à une femme d'une distinction charmante, Ranvier alors ouvrier laborieux no tarda pas à se créer un intérieur confortable, presque luxueux, et à s'établir pour son propre compte.
Il habitait déjà Belleville à cette époque, mais il y vivait tranquille et heureux, au milieu de sa femme et de ses enfants, quand un malheur qui lui fit perdre sa petite aisance vint bouleverser et changer toute son existence.
Un de ses ouvriers reproduisit sur un meuble un dessin qui était la propriété de l'édileur Goupil; celui-ci fit un procès à Ranvier qui fut condamné à une forte amende qu'il ne put payer, ce qui le détermina à se mettre en faillite.
Ranvier perdit alors tout courage, abandonna le travail et fréquenta le café et les clubs. On l'a vu dans les premières réunions publiques venir lire à la tribune des discours vides de toute idée, mais déjà pleins d'exagérations et de violences. Il se déclarait dès cette époque communiste et prê-
chait la liquidation sociale et d'autres théories révolutionnai ros si goûtées dans les clubs.
La violence de son langage, son absence même d'instruction et de talent en firent l'un des orateurs les plus populaires des clujjs, surtout à Belleville,où Ton se méfie des capacités. Condamné pour un délit de réunion commis dans les derniers jours de Tempire, il sortit de prison après le 4 septembre, rcvôtu de Tauréole du martyr aux yeux de ses fanatiques admirateurs.
Nommé chef du i^l** bataillon de la garde nationale, llanvicr devint Valfei' ego de Flourens, cette autre idole de lielleville qu'il avait connu dans les réunions publiques et dont il resta jusqu'au dernier jour le fidèle lieutenant.
Ilanvier et Flourens furent les principaux organisateurs du mouvement insurrectionnel du 31 octobre qui réussit quelques heures, et se trouvèrent ce jou^ là portés sur la liste du gouvernement provisoire élaborée dans cette journée.
Révoqué comme chef de bataillon et enaprisonné pour sa participation à cette échauffourée, Ranvier fut élu maire de Belleville (20^ arrondissement) pendant son incarcération; et le gouvernement augmenta sa popularité en faisant annuler son élection, se fondant sur ce qu'un failli ne peut exercer de fonctions publiques.
Ilanvier s'échappa de prison avant son jugement et fit défaut au procès qui se déroula devant le 4" Conseil de guerre.
Il fut déclaré innocent ainsi que la plupart de ses coaccusés.
Il continua alors ouvertement à Belleville sa propagande révolutionnaire et fut, comme membre du Comité central, un des auteurs du mouvement insurrectionnel qui réussit au 18 mars.
Elu membre de la Commune dans le 20" arron-
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dissement, il fut placé dans la Commission militaire et accompagna Flourens lors de cette fameuse sortie du mois d'avril, dont il revint sain et sauf, mais où Flourens trouva la mort.
Ranvier ne prit aucune part aux discussions de la Commune et s'adonna tout entier à la défense de la rive gauche. Il ne revint siéger à la Commune qu'après les échecs nombreux des fédérés chaseés d'Issy et de Vanves et fut alors nommé membre du Comité de salut public, dont il exerça les fonctions jusqu'à la dernière heure.
D'un esprit faible, d'une intelligence médiocre, Ranvier a voté les propositions les plus violentes de la Commune.
Il approuva la création du Comité de salut public, parce que, disait il, «l'indécision depuis un mois nous a compromis et parce qu'une plus longue hésitation à prendre des mesures énergiques perdrait la Commune et la République. »
On a vu ce que Ranvier entendait par mesures énergiques et si les crimes du Comité de salut public ont réussi à sauver la Commune. Il a poussé si loin le fanatisme révolutionnaire qu'il n'a pas hésité à ordonner les actes les plus violents et les plus horribles. H est du reste à remarquer qu'il n'y a pas plus cruels et plus impitoyables que les caractères faibles, quand ils sont dominés par cet esprit de parti qui fait taire chez eux tout sentiment, et étouffe dans leur cœur jusqu'aux impressions les plus irrésistibles et les plus naturelles auxquelles cèdentcependantquelquefois les hommes les plus endurcis dans le crime.
Ilanvicr, qui dirigea jusqu'à la dernière heure'la tlélVnse de Rellevillo, sVsL échappé de Paris après la défaite el a pu arriver sans encombre à Londres, où il a retrouve plusieurs membres de la Commune.