‹ Les hommes de la Commune: biographie complète de tous ses membresChapitre 54 sur 58 · IVO · texte numérisé non relu

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noms, difTérentes formes, sans bureau ofQciellemenl conslilué, recourant à des stratagèmes et à des biais pour déjouer la vigilance de Tautorité. C'est Varlin qui, avec le concours de Malonet de quelques autres internationaux dévoués parvint, nonseulemetit à conserver inlacte l'organisation de rinternalionale, mais encore à étendre ses relations et à augmenter le nombre de ses adhérents. Il substitua simplement, pour atteindre ce but, son action individuelle à l'action collective du bureau qui venait d'être dissous par un jugement. Ce fut aussi l'un de ceux qui eurent l'idée de créer, à côté de l'Internationale, une institution distincte destinée à être un jour fondue dans rinternatiooale; nous voulons parler de la Fédération ouvrière, dont les projets de statuts furent adoptés dans une réunion tenue le 18 mars 1869. Cette Fédération des sociétés ouvrières metlait dans les mains des chefs de rinlernationale une force puissante et toute organisée. Ils s'en servirent pour accomplir la révolution du i 8 mars 1871, qui est bien l'œuvre de l'Internationale, puisque la Fédération de la garde nationale, composée en partie de membres de la Fédération ouvrière, siégeait dans le même local, place de la Corderie-du-Temple,où furent préparés le coup de main des canons et le plan de résistance exécuté le 18 mars.

Il y aurait de curieuses citations à faire des lettres de Varlin saisies lors du troisième procès de l'Internationale (juin 187(»), elles ont servi à l'avocat impérial pour prouver l'existence de l'Internationale et le rôle actif que Yarlin a joué dans sa réorganisation. Le cadre de cette biographie ne permet malheureusement pas d'entrer dans des développements qui achèveraient de faire connaître le rôle important que Varlin a joué dans le mouvement ouvrier. On l'y voit blâmant celui-ci, encourageant

celui-là; entrant dans les détails de l'organisation des associcitions ou s'élevant aux plus hautes considérations politiques et sociales.

Il fut l'un des auteurs de toutes les protestations que rintf'rnationale rendit publiques à propos des massacres d'Aubin, du plébiscite, etc., etc., et fut signalé par le parquet comme la cheville ouvrière de Tassociation internationale en France.

Yarlin fît défaut lors du troisième procès de Tlnternationale, dont sa personne et ses actes défrayèrent tout le réquisitoire du procureur impérial. Il était îl Londres et fut condamné à un an de prison comme faisant partie d'une société secrète.

Après le 4 septembre on suit plus difficilement la vie de Varlin, qui agit sans bruit et presque sournoisement, comme il l'avait fait pour la réorganisation de l'Internationale. Membre des plus influents de la réunion de la Gorderie-du-Temple, où il siégeait comme membre de la Fédération ouvrière, et comiTic membre du Comité central de la garde nationale, Varlin , fédéraliste convaincu, peut revendiquer une large part de responsabilité dans la Révolution du 18 mars, qui est en grande partie son œuvre.

Les partisans de la Commune le comprirent si bien, qu'ils l'en récompensèrent en l'honorant d'une triple élection et de plus de 22,000 suffrages obtenus dans les sixième, douzième et dix-septième arrondissements.

Nommé membre de la Commission des finances, h la lOte (lesquelles il avait oie auparavant placé par la Comité central, Yarlin fut ensuite nommé membre de la Commission des subsistances et délégué à îi l'intendance. Il conserva cette dernière fonction jusqu'à la victoire de la majorité de la Commune sur l'élément modéré, qui y était si peu nombreux

et qu'elle trouva moyen de rejeter de son sein par ses violences et ses cruautés.

Varlin, qui avait approuvé la validation des élections complémentaires vota cependant contre la création du Comité de salut public, s'associa à la déclaration signée par les membres de la minorité de la Commune. De ce jour, il cessa, comme la plupart des signataires, de paraître aux séances.

L'avocat impérial Lepelletier avait porté ce jugement sur Varlin, dans le procès de l'Internationale : « Ce n'est pas une intelligence ordinaire. » Nous dirons à notre tour : C'est une intelligence remarquable à qui il n'a manqué qu'une éducation et une situation différentes pour en faire un esprit des plus élevés et des plus modérés. Il s'est jeté dans le collectivisme, ou communisme non autoritaire, et l'a fait triompher dans l'Internationale, autrefois mutuelliste. Sous des dehors modestes et presque timides, Varlin cachait une excessive ambition, mais il ne crut pas probablement encore le moment opportun pour jeter le masque et pour se poser ouvertement en chef de la révolution. Il semblait douter de la réussite du mouvement du 18 mars et vouloir se réserver pour l'avenir.

Varlin fut un de ceux qui acceptèrent la lutte le jour de l'entrée des troupes, on le vit parcourir les barricades, blâmant les uns, louant les autres, encourageant tous les combattants. Après la mort de Dclescluze, il prit le poste de délégué à la guerre qu'il conserva trois jours.

On croit encore que Varlin a été pris et ftisillé rue (les Rosiers <\ l'endroit môme où avaient été assassinés les infortunés généraux Lecomte et Clément Thomas. Mais rien n'est venu confirmer cette nouvelle, et nous pensons plutôt qu'il a réussi comme beaucoup d'autres à s'enfuir hors de France.

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