VERDURE
Il® arrondissement. — 15,657 voix.
Auguste-Joseph Verdure, né en i82o à Remilly (Pas-de-Calais), est un ancien professeur d'école primaire, devenu ensuite comptable dans une maison de commerce. Il s'est beaucoup occupé pendant les dernières années de l'Empire de la fondation de sociétés coopératives, sans du reste se mêler d'abord au mouvement de l'Internationale, à laquelle il ne fut affilié quVn septembre 1870. C'est un des piliers du (.'rrklit au travail, fondé par Beluze, qui l'envoya comme associé en province avec mandat d'activer la propagation du principe d'association, d'éclairer et d'aider les travailleurs dans l'organisation de leurs sociétés. On sait la fin misérable de cette institution créée dans un but généreux, mais gérée par des gens trop enthousiastes et trop confiants dans les résultats de la coopération.
Aux élections législatives de 1869, Verdure soutint énergiquement la candidature de J. Favre contre celle de Rochefort, ce qui ne l'empêcha pas d'entrer quelques mois après comme caissier à la Marseillaise, où il rédigea le bulletin du mouvement social.
Pendant le siège, il fut élu adjudant par un bataillon de la garde nationale. Sa fréquentation des ouvriers et des sociétés, dont il s'était longtemps occupé et dont il insérait les communications dans ses articles de la Marseillaise, lui avaient donné une certaine popularité qui le lit élire aux élections de la Commune dans un quartier ouvrier, le onzième arrondissement.
Verdure fit partie de la Commission de l'enseignement, qui a toujours été une de srs préoccupa-
lions et auquel il semble avoir voué toute son activité et tous ses efforts.
En effet, son nom ne figura que rarement dans les discussions de la Commune. Il vota contre la validation des élections complémentaires, mais il approuva la création d'un Comité de salut public. Verdure n'a joué à la Commune aucun rôle actif; il s'est occupé seulement de l'enseignement, ainsi que sa fille Maria Verdure, qui était membre de la Commission d enseignement pour les femmes.
Verdure porte une longue barbe noire, un peu blanche depuis tous ces événements. C'est, comme Andrieu, un homme d'étude, et l'on se demande ce qu'il est venu faire dans cette Commune, où l'on ne pouvait organiser un service public aussi important que l'enseignement, tant les esprits étaient occupés uniquement de la lutte et de ses résultats. Verdure, que son passé aurait fait ranger parmi les modérés de l'assemblée, s'est montré eepenoant dans les derniers temps l'un des membres violents de la Commune.