‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 105 sur 186 · I. Bachaumont, février · texte numérisé non relu

I. Bachaumont, février

a. Correspondance littéraire de La Harpe, II, 28.

:gues^ ». Quelquefois, par une supercherie plus coupable, ils mettaient leurs rapsodies sous le nom d'un écrivain •célèbre : « On a publié en Hollande un volume grand in- 8, intitulé Lettres Chérakésiennes , mises en français de la traduction italienne, par J.-J. Rufus, sauvage européen. Ces Lettres Chérakésiennes sont une mauvaise •copie des Lettres persanes, qui a paru, il y a une quinzaine d'années, sous le titre de Lettres Iroquoises. Elles n'eurent point de succès alors ; on a espéré leur donner cm peu de vogue en mettant sur le titre le nom de J.-J. Rousseau latinisé, comme on les attribua, il y a quinze ans, au philosophe Denis Diderot ^ » D'accord Avec ses libraires, Dulaurens donnait comme de Voltaire les poèmes, romans et pamphlets qu'il dépêchait à la journée.

Grâce à cette tourbe d'écrivailleurs à tout faire, aussi •dénués de scrupules que de ressources, on vit alors naître et se développer une industrie encore inconnue et qui, rarement, fut honorable : celle des courtiers, des manufacturiers de littérature. Desfontaines, à ce qu'il semble, a été des premiers à s'en mêler : « La traduction de M. de Thou, faite par Prévost... doit paraître incessamment. L'abbé Desfontaines va aussi en donner une, pour laquelle il est payé par la cour, et qu'il a sous-fermée, en habile homme, à des auteurs faméliques dont le nombre n'est que trop grande » L'abbé de La Porte qui, à ses débuts, avait collaboré avec Desfontaines, fit un commerce du même genre : « Il avait coutume de dire

Page 1