Mémoires, p
2. De la Littérature et des Littérateurs, Yverdun, 1778, p. 43.
Pellisson. la
lyS LES HOMMES DE LETTRES AU XVIII* SIECLE
SOU, qui se portait mal, qui n'avait ni habit, ni pain, ni souliers ;
Sa culotte, attachée avec une ficelle,
Laissait voir par cent trous un cul plus noir qu'icelle,
Eh bien ! le soir, sur les onze heures, lorsque tout le inonde dormait, il contrefaisait, avec une pipe à fumer, les cris d'un enfant exposé ; et, le matin, sur le point du jour, il mettait en train de chanter tous les coqs du voisinage*. » Mais, quand Diderot écTi\ii\e Neveu de Rameau [entre 1765 et 1770] : « Je n'estime pas ces originaux-là », dit-il d'un ton sec qui fait assez entendre qu'il les méprise. Au témoignage deGrimm, Saurin, Marmontel, ainsi que plusieurs gens de lettres « sur le retour», regrettaient parfois le laisser-aller et les joyeuses bamboches de leur jeunesse. Grimm, lui, juge ces regrets ridicules et déplacés : « Ils parlent de ces temps avec un regret tout à fait comique et s'attendrissent sur notre sort parce que nous n'allons plus à la taverne et que nous rentrons le soir sans chanceler. . . Je ne regretterai jamais les ivrognes Panard et compagnie, et je croirai effrontément que, sous quelque point de vue qu'on envisage les choses, notre siècle, nos talents, nos amusements, notre société, valent bien les leurs*. » — Et, en effet, les cafés, qui avaient été le quartier général de la bohème, commencent à être désertés par les écrivains en vue. Naguère La Faye, Saurin, Terrasson, Fréret, Melon, Marivaux, La Motte, fréquentaient assidûment Gradot ou Procope. « On ne voyait M. de Maupertuis