‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 117 sur 186 · Dans V Essai sur les gens de lettres · texte numérisé non relu

Dans V Essai sur les gens de lettres

3. Œuvres complètes de Ghamfort, Paris, i8a5, V, a66 et suiv.

192 LES HOMMES DE LETTRES AU XVin" SIÈCLE

Ainsi, par désir de réagir contre ce préjugé qui leur semblait oJBFensant, par besoin de s'élever dans l'ordre social, les écrivains furent amenés peu à peu à se montrer moins incurieux des biens de fortune ; ils ne se contentèrent pas de chercher à s'assurer l'indépendance I matérielle ; ils tâchèrent d'arriver à l'aisance et même à \ la richesse. Quelques-uns y parvinrent. Sans citer Voltaire, on peut rappeler Fontenelle qui, à sa mort, laissa une fortune « qui montait à 21 000 livres de rente, 80 000 d'argent comptant, une assez grande maison meublée et des livres^ ». D'Olivet, mort en 1768, légua à son neveu, président à mortier au Parlement de Franche-Comté, 80 actions des fermes, 5oooo écus de terres, plus de 3o 000 francs d'arrérages, 260 louis en argent comptant, 35o marcs de vaisselle d'argent, sans parler de ses meubles, qui avaient peu de valeur, et d'une très belle bibliothèque^. L'abbé Alary, au dire de Collé, jouissait de 35 000 livres de revenu, y compris ses bénéfices ^ ; Moncrif, suivant le même, avait joui de 4o 000 livres de rentes et laissa i5 000 ou 18 000 livres de rentes foncières à sa mort*. On en pourrait citer d'autres encore qui, moins opulents, possédèrent pourtant une fortune assez ronde. Au reste, un mot de Grimm suffit à indiquer que ses confrères avaient cessé de négliger d'acquérir du bien et de le conserver. En annonçant qu'à la mort de La Bletterie on a trouvé chez lui plus de 20000 livres argent comptant, — aujourd'hui.

1. Biographie de Fontenelle, par Le Gat, cité dans le livre de M, Maigron, sur Fontenelle, Paris, 1906, p. 89.

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