‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 126 sur 186 · Falconet est mort très âgé, en · texte numérisé non relu

Falconet est mort très âgé, en

tant du roi. Falconet, membre de l'Académie des Inscriptions, avait, paraît-il, infiniment d'aménité et conserva jusqu'à un âge très avancé, tout le feu et tout l'agrément de la jeunesse : « Ce vieillard, dit la Correspondance de Grimm, unique dans son genre, joint à une érudition fort vaste les vertus et les qualités les plus respectables. Il est regardé par les gens de lettres comme leur père. Depuis longtemps les gens de lettres qui le connaissent s'assemblent dans son cabinet, les dimanches. On a appelé ces assemblées, par plaisanterie, la messe des gens de lettres \ » Il avait une bibliothèque très riche, très bien composée, dont une partie, grâce à sa libéralité, devait un jour enrichir la Bibliothèque du roi ; en attendant, il la mettait au service, non pas seulement de ses familiers, mais de tous les écrivains qui lui en faisaient la demande*.

Nous ne dirons rien ici du Club de l'Entresol, dont l'histoire, au reste, est bien connue ; ce « café d'honnêtes gens », comme dit d'Argenson^, fut fréquenté par des hommes de qualité, des diplomates, des administrateurs honoraires ou stagiaires, plutôt que par des lettrés. Nous ne parlerons pas non plus du Caveau : les habitués du cabaretier Landel oubliaient à sa porte leur qualité d'auteurs et n'étaient plus chez lui que de bons vivants. De même, les bureaux d'esprit, les salons fameux de MM™'* de Lambert, de Tencin, Geoffrin, de M"*' de Lespinasse, les dîners d'Helvétius et du baron d'Holbach ne nous arrêteront pas : si les hommes de lettres s'y trouvaient rapprochés, ils ne s'y étaient pas

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